4 min de lecture Terrorisme

Attentats de Paris et Bruxelles : que révèle le dernier numéro du magazine de propagande de Daesh ?

Le dernier numéro du magazine de propagande de l'État islamique glorifie les auteurs des attentats de Bruxelles et confirme les liens entre le 13 novembre et le 22 mars.

La photo des trois auteurs présumés de l'attentat contre l'aéroport de Bruxelles-Zaventem, le mardi 22 mars 2016
La photo des trois auteurs présumés de l'attentat contre l'aéroport de Bruxelles-Zaventem, le mardi 22 mars 2016 Crédit : BELGIAN FEDERAL POLICE / AFP
Benjamin Hue
Benjamin Hue
Journaliste RTL

L'organisation État islamique rend un hommage appuyé aux terroristes des attentats de Bruxelles dans le nouveau numéro de son magazine de propagande Dabiq, publié mercredi 13 avril. Plusieurs pages sont consacrées à la célébrations des attaques qui ont frappé la capitale belge le 22 mars et à l'éloge des commandos qui les ont conduites. 

Le groupe jihadiste glorifie la mémoire de Najim Laachraoui et des frères Ibrahim et Khalid El Bakraoui, morts à l'aéroport international de Bruxelles Zaventem et à la station de métro Maelbeek, et celle de Mohamed Belkaïd, tué en protégeant la fuite de Salah Abdeslam lors d'une perquisition de la police belge dans un appartement de Forest une semaine plus tôt.

"Paris était un avertissement. Bruxelles était un rappel. Ce qui va arriver ensuite sera encore plus dévastateur", prévient l'organisation jihadiste dans les premières pages de la revue. Alors que les enquêteurs continuent de mettre au jour les ramifications de la cellule franco-belge qui a endeuillé Paris, Saint-Denis et Bruxelles, l'État islamique apporte plusieurs détails relatifs à l'organisation des attaques. 

Le rôle primordial des frères El Bakraoui

Une courte biographie est consacrée aux frères Ibrahim et Khalid El Bakraoui, présentés sous leur kunya (nom de combattant). L'État islamique insiste sur leur rôle prédominant dans la préparation des attentats de Paris et confirme le lien entre le 13 novembre et le 22 mars. "Les préparations pour les raids de Paris et Bruxelles ont commencé avec lui et son frère aîné Ibrahim", peut-on lire sous la biographie de Khalid El-Bakraoui. 

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Selon l'État islamique, les deux frères ont activement contribué à la logistique des opérations. "Ces deux frères ont rassemblé les armes et les explosifs", explique Daesh, précisant qu'ils ont "cherché des logements et fomenté des plans". Les enquêteurs ont depuis démontré que plusieurs appartements conspiratifs ont effectivement été loués sous leurs fausses identités.

Connu des services de police pour des faits de délinquance, Khalid El Bakraoui serait devenu jihadiste lors de son séjour en prison. Il avait écopé en 2011 de cinq ans d'emprisonnement pour des braquages et des car-jackings. Selon le groupe terroriste, il aurait été sujet à des "rêveries" et "visions" qui l'auraient incité à rallier le Califat puis à commettre des massacres.

Najim Laachraoui était l'artificier du 13 novembre et du 22 mars

Le magazine propagandiste retrace aussi le parcours de Najim Laachraoui, un des kamikazes de l'aéroport Zaventem dont des traces ADN avaient été retrouvées sur des explosifs ayant servi à Paris, et confirme que le Belge de 24 ans était bien l'artificier du 13 novembre et du 22 mars. "C'était Abou Idriss qui a préparé les explosifs pour les deux raids de Paris et Bruxelles", écrit l'État islamique. 

La revue livre des détails sur le parcours du jeune Schaerbeekois et confirme qu'il s'est rendu en Syrie dès 2013. Il aurait d'abord rejoint les rangs du Front al-Nosra avant d'être l'un des premiers combattants à rallier Daesh. Blessé à la jambe pendant son entraînement, il serait rentré en Europe en empruntant la route des migrants. 

Disparu des radars depuis février 2013, Najam Laachraoui avait été contrôlé le 9 septembre 2015 à la frontière austro-hongroise sous la fausse identité de Soufiane Kayal aux côtés de Salah Abdeslam et de Mohamed Belkaïd. Il a été identifié comme l'un des kamikazes de l'aéroport de Zaventem.

Le rôle de Mohamed Belkaïd

Le 14e numéro de Dabiq mentionne également Mohamed Belkaïd, l'homme tué le 15 mars par la police belge lors de la perquisition d'un appartement dans la commune bruxelloise de Forest, au cours de laquelle Salah Abdeslam était parvenu à s'enfuir. 

L'État islamique le présente comme un combattant émérite et affirme qu'il s'est sacrifié pour permettre la fuite de "ses frères", qui ne sont pas nommés mais sont vraisemblablement Salah Abdeslam et Amine Choukri, arrêtés trois jours plus tard à Bruxelles.

Passé par la Syrie, ce jihadiste algérien de 35 ans était connu sous la fausse identité de Samir Bouzid. Il est suspecté d'avoir coordonné depuis Bruxelles les attentats de Paris et Saint-Denis. Dabiq affirme qu'il a décidé de rallier l'Europe lorsqu'il a appris que Najim Laachraoui rentrait y mener des attentats. 

Une vidéo probablement à venir

Selon le journaliste de RFI et spécialiste des questions jihadistes David Thomson, la photo retouchée et mise en scène des deux hommes qui apparaît dans la revue laisse présager qu'une vidéo posthume célébrant les attentats de Bruxelles et leurs auteurs est sur le point d'être dévoilée par l'État islamique. 

Deux mois après les attentats de Paris, le groupe terroriste avait déjà mis en scène les commandos parisiens dans sa revue de propagande quelques jours avant de publier une vidéo justifiant les attaques.

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