Attentats à Bruxelles : le récit d'une journée de chaos et d'horreur

La capitale belge a été la cible de deux attaques terroristes coordonnées tôt dans la matinée mardi 22 mars.

Les secours prennent en charge un blessé après l'attentat dans le métro à la station Maelbeek
Crédit : AFP
Les secours prennent en charge un blessé après l'attentat dans le métro à la station Maelbeek

Il est à peine 8 heures, ce mardi 22 mars. Quatre jours après l'arrestation spectaculaire de Salah Abdeslam, suspect-clé du commando des attentats de novembre à Paris, à Molenbeek, la vie reprend peu à peu son cours dans la région bruxelloise. À douze kilomètres au nord-est de la capitale de la Belgique, l'aéroport international Zaventem est parcouru par son flot habituel de passagers à destination de l'Europe et du reste du monde. Les salariés des compagnies aériennes s'affairent déjà depuis plusieurs heures quand deux déflagrations retentissent à quelques secondes d'intervalles.

8h : chaos et désolation à l'aéroport international Zaventem

"J'ai d'abord entendu une première déflagration à l'entrée de l'aéroport. Puis quelques secondes après, une espèce de bombe qui devait être à 20 mètres de moi, vers le quai d'enregistrement. Tout le monde a commencé à courir, on nous a évacué dans un sous-sol", confie une employée de l'aéroport à RTL BelgiqueDes documents amateurs filmés par des voyageurs témoignent de l'ampleur des dégâts à l'intérieur de l'aéroport. D'autres montrent les passagers paniqués s'enfuir en empruntant les voies réservées aux voitures à l'extérieur du bâtiment.

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Vidéo amateur filmée à l'intérieur de l'aéroport Zaventem, Bruxelles le 22 mars 2016

Au premier étage du hub aéroportuaire, c'est la désolation. Les vitres sont soufflées par l'explosion et une partie du plafond gît sur le sol. Le terminal est envahi par une épaisse fumée. Les passagers sains et saufs tentent de s'échapper par tous les moyens. "On a entendu une énorme déflagration à environ 20 mètres de nous. À ce moment-là, on ne s'est pas posé de question, on a couru vers l'extérieur. Au moment de sortir de l'aéroport, au niveau de l'étage des départs, il y a eu une deuxième déflagration, plus grosse que la première. On a juste vu le plafond qui s'écroulait", confie un témoin hagard.

Très vite, des témoignages rapportent des tirs entendus dans le hall des départs avant les explosions, suivis de cris en arabe. "J'ai entendu un tir et après quelqu'un qui parlait en arabe", confirme Alphonse, un employé arrivé à l'aéroport à 4 heures du matin. "Puis j'ai entendu une forte détonation. C'était la panique générale. J'ai couru, je me suis caché. J'ai attendu cinq à six minutes comme ça. Un policier avait sa jambe complètement broyée. J'ai vu des gens couchés à terre avec beaucoup de sang qui ne bougeaient plus. C'était l'horreur". Rapidement bouclé, le plus grand aéroport de Belgique n'est plus desservi, ni par train, ni par bus.

9h10 : scènes de guerre au coeur du métro bruxellois

La nouvelle gagne très vite le cœur de la capitale. Une réunion est organisée au Centre de crise du ministère de l'Intérieur belge. Les responsables politiques du Plat Pays prennent alors connaissance d'une nouvelle explosion qui retentit à une dizaine de kilomètres de là, dans une rame de métro de la station Maelbeek, au centre du quartier européen, où se dressent la Commission européenne, le Conseil européen et plusieurs institutions européennes majeures. Il est un peu plus de 9 heures, c'est l'heure de pointe. Les rames sont bondées. Très vite, la rumeur parle d'au moins une quinzaine de blessés.

"On a entendu des cris, des gens en crise nerveuse, des hurlements de femmes", raconte Mercedes, qui se trouvait dans un hôtel à proximité de la station Maelbeek. "Il y avait des gens assis avec des couvertures métalliques. On entendait aussi des gens respirer comme en état de choc. Il y avait entre trente et quarante personnes et des brancards, avec un gars emballé de la tête aux pieds, ou presque, assis avec des ambulanciers". Les usagers du métro bruxellois sont évacués dans les tunnels et s'enfoncent peu à peu dans le noir avant que des agents ne viennent les délivrer.

Crédit : AFP
Les rescapés de l'attentat de la station Maelbeek ont évacué le métro par le tunnel

Choqués et abasourdis, ils témoignent de la violence de la déflagration. "Il y a eu un gros flash de lumière et tout le métro a explosé. Les fenêtres nous sont tombées dessus et les portes se sont ouvertes. Tout le monde s'est jeté au sol puis il y a eu une deuxième explosion", confie une habitante à la Libre Belgique. Arrivés sur place, les secours découvrent une scène de chaos digne des pires théâtres de guerre. "C'est indescriptible. Tout est en morceaux. Tout est détruit. En une quarantaine d'années de métier, c'est la chose la plus grave que j'ai vue", raconte un porte-parole des pompiers bruxellois au quotidien belge. 

Panique générale à Bruxelles

Le scénario noir tant redouté par les services de sécurité européens se déroule sous leurs yeux. Des opérations coordonnées ciblent plusieurs sites de Bruxelles. L'alerte antiterroriste est relevée à son niveau maximum et le plan catastrophe déclenché dans l'ensemble du pays. Un vent de panique souffle sur la capitale de l'Europe. Les bâtiments publics sont évacués, les élèves sont confinés dans les écoles, les transports publics sont fermés, les centres commerciaux et les rues sont désertés, laissant place à l'incessant ballet des véhicules de police et de secours qui s'affairent rue de Loi, où les blessés les plus graves du métro Maelbeek sont pris en charge. 

Le réseau téléphonique est rapidement saturé. Les autorités recommandent aux habitants de privilégier les mails et les réseaux sociaux pour désengorger les standards d'urgence. Sur Twitter justement, l'intox bat son plein. De fausses vidéos sont diffusées et les rumeurs d'explosion et de fusillades alimentent la psychose. Des images authentiques et tout autant effrayantes des explosions de la matinée font également le tour des timelines, à l'instar de celle de la rame dévastée de la station Maelbeek. Il est 9h30 et Bruxelles est bouclée à double tour. 

Crédit : Capture d'écran RTL BE
L'intérieur de la rame de métro après l'explosion à Maelbeek à Bruxelles mardi 22 mars 2016

De Washington à Paris, les appels à l'unité contre le terrorisme se succèdent au fil de la journée pour dénoncer les attentats. La chef de la diplomatie européenne Federica Mogherini déplore "un jour très triste pour l'Europe" avant de s'effondrer en larmes. François Hollande estime que "c'est toute l'Europe qui était visée". David Cameron assure qu'il ne laissera "jamais ces terroristes gagner". Le gouvernement belge décrète un deuil national de trois jours. L'attaque est finalement revendiquée par l'État islamique en fin d'après-midi. Le dernier bilan fait état d'au moins 34 morts et plus de 200 blessés. Un appel à témoin officiel est lancé par la police belge, montrant un homme au bob noir poussant un chariot dans le hall de l'aéroport Zaventem.

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BenjaminHuepro
par Journaliste RTL
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2016-03-22 20:09:58
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