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"À quoi ça sert de faire des longs procès ?" : Mohamed Bakkali, logisticien des attentats du 13-Novembre, pourrait être libéré

Condamné pour son rôle dans les attentats du 13-Novembre et l’attaque du Thalys, Mohamed Bakkali pourrait bénéficier d’une libération conditionnelle en Belgique. La décision de la justice belge, rendue possible par des règles d’application des peines différentes de celles en vigueur en France, provoque l’indignation des victimes.

Commémoration des attentats du 13-Novembre 2015, dix ans plus tard en 2025

Crédit : Louise Canguilhem / Hans Lucas / Hans Lucas via AFP

Mohamed Bakkali, logisticien des attentats du 13-Novembre, pourrait être placé en liberté conditionnelle

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Athénaïs Cornette de Saint Cyr & Sophie Neumayer

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Il représente l'horreur qui a marqué la France en 2015. Mohamed Bakkali, un djihadiste condamné pour son implication dans deux attentats différents, dont celui du 13 novembre 2015 ayant fait 132 morts, se prépare à la liberté conditionnelle en Belgique. Le tribunal de l'application des peines (TAP) de Bruxelles a décidé le 11 mai 2026 de lui octroyer six congés pénitentiaires, indique le média belge Sudinfo

Ces congés de trente-six heures chacun, durant lesquels le détenu peut passer la nuit en dehors de l'établissement pénitentiaire, représentent une phase préparatoire avant l'instauration d'un bracelet électronique en vue d'une libération conditionnelle. Selon Le Monde, une audience prévue en septembre officialisera, ou non, cette décision judiciaire, le détenu étant jugé apte à être libéré. 

Une demande de libération au tiers de sa peine

Le criminel de 39 ans a été condamné par la justice française à deux peines de vingt-cinq et trente ans de réclusion, assorties d’une période de sûreté des deux tiers, pour son implication dans les attentats de Thalys et du 13-Novembre. En France, elles ont été réduites au maximum légal de trente ans de réclusion. 

Mais le 20 janvier 2023, il a été transféré dans une prison belge, où les périodes de sûreté ont été introduites en 2017, après sa condamnation. La justice belge considère donc qu'elles ne sont pas applicables dans ce cas de figure et permet au terroriste de formuler une demande de libération au tiers de sa peine. S'il était incarcéré dans l'hexagone, Mohamed Bakkali, détenu depuis le 26 novembre 2015, n'aurait pas pu être placé sous bracelet électronique avant 2035.

On se demande un peu quel est le message qui est envoyé, sachant qu'en plus, on connaît la responsabilité de l'appareil sécuritaire belge dans les attentats qu'a subis la France

Arthur Dénouveaux, président de l'association des victimes du 13-Novembre Life for Paris

Sans surprise, cette décision de la justice belge suscite l'émoi des victimes. Arthur Dénouveaux, président de l'association des victimes du 13-Novembre Life for Paris, explique au micro de RTL se sentir "floué". "À quoi ça sert de faire des longs procès ? À quoi ça sert de s'en tenir à des verdicts extrêmement bien argumentés ?", s'est-il indigné. "Si c'est pour qu'à la fin, par des mesures administratives, tout puisse être rayé d'un trait de plume. On se demande un peu quel est le message qui est envoyé, sachant qu'en plus, on connaît la responsabilité de l'appareil sécuritaire belge dans les attentats qu'a subis la France", a déclaré ce dernier.

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Sollicité par RTL, le Parquet national antiterroriste (PNAT), qui avait requis la perpétuité contre Bakkali, a assuré partager "les maux des victimes". Avant de rappeler que le TAP belge est "souverain" et "indépendant" et que cette décision ne "remet pas en cause la qualité de la coopération judiciaire antiterroriste avec la Belgique".

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