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Attentats de Bruxelles : dans les coulisses d'un procès historique, plus de 6 ans après le drame

La première étape du procès des attentats de 2016 à Bruxelles commence ce mercredi 30 novembre avec le tirage au sort des jurés. Le procès s'ouvrira officiellement lundi.

Les attentats de 2016 à Bruxelles ont fait 32 victimes.
Les attentats de 2016 à Bruxelles ont fait 32 victimes.
Crédit : EMMANUEL DUNAND / AFP
Attentats de Bruxelles : dans les coulisses d'un procès historique, plus de 6 ans après le drame
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Cindy Hubert - édité par Nicolas Barreiro

32 morts, au moins 340 blessés… Le 22 mars 2016, la cellule terroriste de l'État islamique achève à Bruxelles un carnage commencé à Paris le 13 novembre 2015. Deux hommes se font exploser à l'aéroport de Bruxelles Zaventem et un autre dans une station de métro de la capitale. Près de sept ans plus tard, le plus grand procès de l'histoire belge s'ouvre ce mercredi 30 novembre : il doit durer 10 mois. Neuf hommes sont attendus dans le box, dont Salah Abdeslam.

Ce procès commence officiellement lundi, mais, dès ce mercredi, une première étape cruciale commence : le tirage au sort des jurés. Contrairement à la France, dans les affaires de terrorisme, des citoyens choisis au hasard vont siéger aux côtés de magistrats. Des hommes et des femmes qui vont devoir tout abandonner pendant dix mois. 
 
On se doute que la perspective ne réjouit pas tout le monde, surtout quand il va falloir s'asseoir en face d'accusés terroristes, dont certains anciens hauts gradés de l'État islamique. Les audiences s'annoncent très lourdes sur le plan émotionnel.

1.000 personnes convoquées

Beaucoup ont donc déjà écrit pour tenter d'être exemptés. Mais Luc Hennart, le président honoraire du tribunal de Bruxelles, tente de rassurer comme il peut. Le procès ne sera pas menacé faute de jurés. "Je suis personnellement très confiant", assure-t-il.

Confiants, mais prudents. Les Belges ont décidé de recruter large : 1.000 personnes sont convoquées ce mercredi à la Cour d'assises. Principe de précaution quand près de 300 dispenses ont déjà été accordées. Seront tirés au sort : 12 jurés titulaires et 24 supplémentaires

Ce procès pourrait être une blague belge si les faits n'étaient pas si graves

Un avocat
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Ce tirage au sort va marquer enfin le début de ce procès historique, qui a connu de nombreuses péripéties. La justice avait fait construire des box individuels ultrasécurisés pour les accusés, pour 250.000 euros. Mais ces box ont été jugés non-conformes au droit européen. Ils n'ont été utilisés qu'un seul jour. Il a fallu les démonter : 235.000 euros de travaux. 

Puis comme le procès a dû être reporté. Il a fallu reconvoquer tout le monde par huissier : 45.000 euros. "Ce procès pourrait être une blague belge si les faits jugés n'étaient pas si graves", dit un avocat.

1.000 parties civiles pour retracer l'horreur

Ce procès sera l'occasion d'approcher l'horreur des faits à travers le témoignage des parties civiles, qui sont déjà plus de 1.000. On le sait depuis le 13 novembre, c'est une chose de lire le dossier judiciaire, c'en est une autre d'entendre la terreur, seconde par seconde. 

Christian Manzanza était dans le wagon du métro où s'est fait exploser le terroriste, à trois mètres du kamikaze. "En sachant que des personnes qui étaient beaucoup plus loin que moi n'ont pas survécu, théoriquement je ne dois pas être en vie. Moi, je n'ai pas entendu l'explosion, j'ai eu directement des acouphènes. Je pensais avoir été inconscient 10 minutes, mais on parle plutôt de 20 à 40 minutes, se souvient-il. J'ai été brûlé au visage et aux mains. J'avais le tympan gauche perforé et des projections métalliques dans la poitrine, dans la tête et dans la main".

Christian, comme d'autres, se prépare à faire le chemin jusqu'à la barre. Mais il n'est pas encore sûr de pouvoir regarder les accusés dans les yeux. 

Qui sont les accusés ?

Neuf accusés sont jugés. Parmi eux, on retrouve des soutiens logistiques et Salah Abdeslam, bien sûr. Son arrestation a fait changer les plans de la cellule. Les terroristes planifiaient de s'en prendre de nouveau à la France, pendant l'Euro 2016, ce sera finalement Bruxelles.

Mais les regards ne seront pas forcément braqués sur Abdeslam cette fois, mais sur deux autres accusés. Mohamed Abrini, l'homme au chapeau, qui pousse un chariot d'explosifs dans l'aéroport avant de s'enfuir. Ainsi qu'Osama Krayem, haut gradé de Daesh, une veste explosive sur le dos, qui s'engouffre dans la station de métro avant de rebrousser chemin.  

Que s'est-il passé dans leur esprit pour qu'ils renoncent ? Ce sera l'une des questions centrales de ce procès fleuve. 

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