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Afghanistan : pourquoi les Talibans se rapprochent de Moscou, Pékin et Téhéran

L'Afghanistan est confronté à la double menace d'une grave crise humanitaire et sécuritaire en raison de l'activité de groupes jihadistes, en particulier aux attentats sanglants de l'Etat islamique - Khorasan (EI-K).

Le porte-parole des talibans annonçant le nouveau gouvernement, le 7 septembre 2021
Le porte-parole des talibans annonçant le nouveau gouvernement, le 7 septembre 2021
Crédit : Aamir QURESHI / AFP
Thomas Pierre & AFP

Talibans, Russes, Chinois et Iraniens se sont accordés mercredi pour renforcer leur collaboration sécuritaire en Afghanistan. Une délégation des talibans s'est rendue à Moscou pour les premiers pourparlers internationaux en Russie depuis leur arrivée au pouvoir en août. Une réunion qui témoigne de leur intégration accrue dans le jeu diplomatique. 

Outre l'Afghanistan, ces négociations ont impliqué dix pays, à savoir la Russie, la Chine, l'Iran, le Pakistan, l'Inde et les pays d'Asie centrale, mais pas les Etats-Unis. Les participants ont souligné leur volonté de coopérer en matière de sécurité pour "contribuer à la stabilité régionale", le régime de Kaboul étant confronté à "l'activité d'organisations terroristes".

D'après leur déclaration commune, le "fardeau" de la reconstruction économique et du développement de l'Afghanistan doit être porté par "les acteurs (du conflit) qui étaient dans le pays ces 20 dernières années", une allusion claire aux forces occidentales, en particulier américaines. 

Une économie exsangue

L'Afghanistan, exsangue après des décennies de guerre, est actuellement confronté à la double menace d'une grave crise humanitaire et sécuritaire en raison de l'activité de groupes jihadistes, en particulier aux attentats de l'Etat islamique - Khorasan (EI-K). Les talibans, soumis à des sanctions internationales, n'ont pas les fonds pour faire tourner les banques et verser les salaires. Washington a notamment gelé les réserves de la banque centrale afghane.

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Le chef de la délégation afghane, le vice-Premier ministre Abdul Salam Hanafi, a ainsi appelé la communauté internationale à reconnaître le pouvoir taliban, arguant que "l'isolement de l'Afghanistan n'est dans l'intérêt d'aucune partie".  Le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, a relevé que "de nombreux groupes terroristes, en premier lieu l'Etat islamique et Al-Qaïda, cherchaient à profiter" de l'instabilité dans ce pays. 

Un risque de "débordement"

Selon lui, il existe un "risque réel" que des "activités terroristes" et le trafic de drogue "débordent" sur les pays voisins, notamment les ex-républiques soviétiques d'Asie centrale, où Moscou conserve une forte influence. Si la Russie a raillé le retrait humiliant d'Afghanistan des Etats-Unis, elle craint de voir le chaos s'étendre sur son flanc sud, une région stratégique riche en matières premières.

Moscou a d'ailleurs multiplié les manœuvres militaires à la frontière afghane avec ses alliés régionaux, renforçant aussi sa base au Tadjikistan. La Chine a aussi organisé des exercices dans la région. Russes, Turcs, Iraniens, Européens, pays d'Asie centrale ont aussi à cœur d'éviter une crise des réfugiés. 

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