1. Accueil
  2. Actu
  3. International
  4. Afghanistan : 2 mois après le retour des talibans, des femmes absentes et une famine qui guette
2 min de lecture

Afghanistan : 2 mois après le retour des talibans, des femmes absentes et une famine qui guette

DOCUMENT RTL - C'était il y a 2 mois. Les talibans prenaient le pouvoir à Kaboul en Afghanistan, 20 ans après avoir été chassés par les Américains.

Des combattants talibans devant le bureau des passeports après l'annonce de la réouverture des demandes de passeport, à Kaboul le 6 octobre 2021.
Des combattants talibans devant le bureau des passeports après l'annonce de la réouverture des demandes de passeport, à Kaboul le 6 octobre 2021.
Crédit : WAKIL KOHSAR / AFP
Afghanistan : 2 mois après le retour des talibans, des femmes absentes et une famine qui guette
01:46
Afghanistan : 2 mois après le retour des talibans, des femmes absentes et une famine qui guette
01:46
Afghanistan : 2 mois après le retour des talibans, des femmes absentes et une famine qui guette
03:29
Emilie Baujard - édité par Thomas Pierre

En Afghanistan tout a changé en quelques semaines seulement, deux mois après la prise de pouvoir des talibans. Le changement le plus notable c'est que les femmes ont disparu de l'espace public, quasiment du jour au lendemain. Désormais, les filles ne peuvent aller à l'école que jusqu'en primaire et les femmes ont seulement le droit de travailler dans la fonction publique. Toutes les autres sont à la maison. 

C'est le cas d'Arifa, 35 ans. Elle habite à Kaboul et travaillait pour une association de défense des droits humains. "Les talibans nous disent qu'on n'a rien à craindre mais dans la pratique on ne se sent pas du tout en sécurité. La nuit, ils font du porte-à-porte, réveillent les gens, demandent des papiers. Ils cherchent les anciens membres du gouvernement et les femmes juges. Nous sommes des millions de femmes comme moi, à rester chez nous comme des prisonnières. Les Talibans nous ont pris nos droits, nous ne pouvons plus travailler. J'ai le sentiment d'avoir tout perdu, de ne plus avoir ma vie, de n'être plus en vie".

 
Arifa continue : "j'ai du mal à l'arrêter de parler. Les médias sont muselés", dit-elle, "ils sont contrôlés, les journalistes ont peur. Il n'y a plus de liberté de la presse ou de liberté d'expression". "Parfois avec un petit groupe de femmes on manifeste mais sans protection, comment faire entendre nos voix ? Il faut que la communauté internationale ouvre les yeux et fasse pression sur les talibans pour les obliger à respecter les droits basiques des femmes comme aller à l'école, avoir accès aux soins et surtout le droit de travailler."

La famine menace en Afghanistan

Économiquement aussi, les talibans ont du mal à gérer. La crise économique fait rage et la famine menace. Les caisses de l'État sont vides, les denrées alimentaires ont du mal à passer les frontières. Résultat, les prix s'envolent : cinq à dix fois plus cher pour certains aliments. L'ONU estime que 14 millions de personnes sont en insécurité alimentaire. 

À lire aussi

Rezai a fui l'Afghanistan il y a un mois. Originaire du centre du pays, il s'inquiète pour sa famille restée sur place. Lui-même dirigeait une bibliothèque et une salle informatique qui ont été saccagés à l'arrivée des talibans. 

"Les hôpitaux manquent de médicaments et de matériel. Certains ne peuvent plus fonctionner normalement car il n'y a plus assez de personnel. Beaucoup de docteurs et d'infirmières ont fui la province. C'est un cauchemar, je ne peux pas croire que tout ait changé en si peu de temps". Selon la Croix-Rouge, 2.000 structures de santé ont déjà fermé.

Je ne veux pas vivre dans un pays dirigé par des idiots qui ne sont même pas allés à l'école

Un Afghan de 19 ans

Comme Rezai, de nombreux afghans tentent de fuir le pays. C'est le cas de Morteza, il a 19 ans et est au lycée à Kaboul. Il fait partie de l'ethnie des Hazara. Une population menacée et harcelée par les talibans. Il a décidé de partir avec toute sa famille. 

"Je ne veux pas vivre dans un pays dirigé par des idiots qui ne sont même pas allés à l'école", explique-t-il. "Ici, ce n'est plus fait pour quelqu'un comme moi, qui veux étudier les sciences informatiques et devenir ingénieur. Donc je dois vraiment quitter mon pays si je veux poursuivre et réaliser mes rêves". Morteza multiplie les demandes de visa et partira dans le premier pays qui lui en délivre un. 

La rédaction vous recommande
À lire aussi

Commentaires

Afin d'assurer la sécurité et la qualité de ce site, nous vous demandons de vous identifier pour laisser vos commentaires.
Cette inscription sera valable sur le site RTL.fr.

Signaler un commentaire

En Direct
/