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Afghanistan : nombre de soldats, doctrine, financement… Qui sont les talibans ?

Qui sont les Talibans, visage d'un mouvement majeur dans l'histoire de l'Afghanistan ? RTL fait le point sur cette organisation, sa doctrine et son financement.

Les Talibans
Les Talibans
Crédit : Nasim Seyamak / NurPhoto / NurPhoto via AFP
Romain Giraud & AFP

Ce dimanche 15 août fera date dans l'histoire de l'Afghanistan. 20 ans après avoir été chassés par l'OTAN, les Talibans sont parvenus à récupérer le contrôle du pays après plusieurs offensives armées durant des mois, ponctuées ainsi par la prise de la capitale Kaboul ce dimanche.

Qui sont donc ces hommes appelés "Talibans"? , Littéralement "étudiants" en français, les Talibans sont la figure d'un mouvement fondamentaliste islamiste armé œuvrant en Afghanistan mais aussi au Pakistan depuis 1994. Leur chef suprêmeHaibatullah Akhundzada depuis 2016, est de fait l'homme le plus influent d'Afghanistan depuis dimanche. 

Dans un rapport publié en juin 2021 par l’ONU, les Talibans seraient aujourd'hui au nombre de 80.000 environ. Les recrutements se font parmi la population locale et les soldats possèdent des bases de repli du côté du Pakistan, ce qui permet un entraînement pour les recrues et le soin des soldats blessés dans des hôpitaux pakistanais.

Une doctrine basée sur le respect strict de l'Islam

Profitant de leur émergence dans les années 1980, les Talibans arrivent au pouvoir en Afghanistan à la fin des années 1990 mais ne sont reconnus officiellement que par trois pays : le Pakistan, l'Arabie saoudite et les Émirats arabes unis. Il faut dire que leur mode de vie imposé aux Afghans suit les règles de la charia (charte qui codifie à la fois les aspects publics et privés de la vie d'un musulman et qui émane de la "seule volonté de Dieu") qui fait office de base du droit. 
Ce mouvement est constitué de "religieux très radicaux qui croient en la capacité supérieure de ceux qui possèdent une éducation religieuse", explique Adam Baczko au journal La Croix, chercheur à Sciences-Po Paris et auteur d’un ouvrage à paraître sur les tribunaux talibans. La vie quotidienne n'est faite que de restrictions : le théâtre, le cinéma, la télévision, ou encore les ordinateurs sont interdits

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Dans les écoles, la religion a une place centrale, les établissements étaient ainsi nommées "les écoles de l'Islam" en occident. Les Talibans prônent aussi la supériorité du sexe masculin sur la femme  Ainsi, les systèmes médicaux et scolaires furent établis en fonction du genre, en donnant une forte priorité aux hommes. Une femme n'a aucun droit d'accès à l'enseignement après l'âge de 12 ans et ses déplacements sont très limités.  

En 20 ans, les Talibans ont un peu fait évoluer leurs moeurs. L'utilisation de la technologie est davantage acceptée puisque les réseaux sociaux sont pleinement exploités pour communiquer. Les rapports avec l'étranger sont soignés : depuis leur retour, ils soignent scrupuleusement leurs relations diplomatiques notamment avec leurs voisins comme la Chine où des traités de non agressions ont été signés. Leur vision de l’islam reste cependant très peu changée, jugée particulièrement extrémiste.

Un financement fait de taxes et de trafics

Pour se financer, les Talibans ne laissent pas de place à la clémence et imposent partout dans les territoires conquis des taxes aux frontières sur l'essence ou encore la nourriture. Ainsi, tous les produits qui entrent dans un territoire contrôlé sont taxés, et cela peut parfois aller jusqu'à 30%. Cela leur génèrerait environ 3 milliards de dollars par an selon Europe 1,  précisant qu'un système d'impôt islamique était aussi instauré sur les revenus de chaque foyer ainsi que sur leurs récoltes. 

Les Talibans reçoivent également beaucoup des dons de mouvements islamistes amis venant du Pakistan ou de certains pays du Golfe qui avoisineraient, selon l'Otan, environ un milliard et demi de dollars chaque année

À cela s'ajoute toutes sortes de trafics : l'exploitation minière et surtout la drogue. Sur ce point là, les Talibans y accordent une importance extrême : comme l'indique Le Monde, si la majorité des insurrections islamistes avait un but politique, celle menée par les Talibans à Lashkar Gah, une ville afghane du sud du pays, entre cependant dans une logique économique. Le contrôle de la principale zone de production d’opium en Afghanistan est source à elle seule de près de la moitié de l’héroïne mondiale. 

Reste désormais à savoir si tout cela sera suffisant pour contrôler un pays. L'Afghanistan est un pays sous tutelle depuis 20 ans, financé en grande partie par les aides internationales qui vont désormais être en majorité coupées. Les États-Unis ont également gelé les réserves en dollars de la Banque centrale afghane estimées à près de 10 milliards de dollars. L'afghani (monnaie afghane) a par ailleurs chuté de 6% ce mardi 17 août, consécutivement à l'arrêt des livraisons de dollars à la Banque centrale.

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