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Afghanistan : les femmes, premières menacées par le retour des Talibans ?

D'António Guterres, secrétaire générale de l'ONU, à Emmanuel Macron, la communauté internationale appelle au respect des droits des femmes en Afghanistan après le retour des talibans. De 1996 à 2001, l'accès à l'éducation, le travail et la santé étaient interdits ou fortement entravés pour les femmes.

Une famille afghane s'apprêtant à quitter le pays, le 17 juillet 2021.
Une famille afghane s'apprêtant à quitter le pays, le 17 juillet 2021.
Crédit : SAJJAD HUSSAIN / AFP
Victor Goury-Laffont

La prise de contrôle de Kaboul, capitale de l'Afghanistan, par les talibans a fait souffler un vent de panique sur la scène internationale, avec un sujet fréquemment évoqué : quel avenir pour les femmes afghanes ?

L'historique des talibans en la matière donne, en effet, de quoi être particulièrement inquiet. En 1996, lorsque l'organisation arrive au pouvoir et met en place l'Émirat islamique d'Afghanistan, les femmes sont interdites de travailler ou d'étudier après l'âge de huit ans. L'éducation des fillettes était par ailleurs réduit strictement à l'apprentissage du Coran.

Le port de la Burqa, voile recouvrant l'intégralité du visage, était obligatoire en public. Les femmes ne pouvaient pas consulter un médecin s'il s'agissait d'un homme, ce qui, du fait du faible nombre de médecins femmes dans le pays, rendait l'accès à la santé difficile. Dans une étude américaine publiée en 1998, 71% des Afghanes déclaraient que leur santé physique avait décliné depuis l'arrivée des talibans, 81% assuraient que leur santé mentale s'était aussi dégradée.

Les promesses des talibans

Dans un soucis diplomatique, les talibans ont offert quelques garanties quant à l'avenir du droit des femmes en Afghanistan s'ils venaient à administrer le pays de nouveau. "Nous respecterons les droits des femmes, assure un porte-parole de l'organisation interrogé par la BBC. Notre politique autorisera les femmes à travailler, s'éduquer, et porter le hijab (voile qui recouvre les cheveux mais laisse apparaître le visage, ndlr)".

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Les témoignages recueillis dans les villes déjà sous contrôle taliban contredisent cet engagement. Al-Jazeera rapporte que, début juillet, neuf employées d'une banque de Kandahar, deuxième ville la plus peuplée du pays, ont été sorties de leur lieu de travail par des hommes armés et invitées à ne plus s'y représenter. Une scène identique aurait eu lieu dans la ville d'Herat, où, au mois d'avril, une femme a été condamnée par la justice talibane à 40 coups de fouets après avoir parlé à un homme au téléphone, rapporte France24

Des images publiées sur Twitter montrent que des publicités avec des femmes à l'affiche ont déjà commencé à être recouvertes à Kaboul.

Depuis l'invasion américaine de 2001 et la mise en place d'un nouveau régime, les organisations internationales avaient souligné des progrès notables en matière de droit des femmes. Alors que les femmes n'avaient pas accès à l'éducation supérieure 15 ans plus tôt, en 2016 elles représenteraient près d'un quart des effectifs des universités afghanes, selon les chiffres de la Banque Mondiale. En 2019, elles occupaient 22,75% des postes, contre 15,35% en 2000.

"Si ces réalisations sont compromises maintenant, une génération de filles afghanes après nous sera confrontée à des difficultés et des inégalités, alerte le média féministe afghan Rukshana. Si les réalisations actuelles des femmes ne sont pas correctement protégées, la prochaine génération de femmes afghanes devra suivre les chemins sinueux qu'a empruntés la génération actuelle de femmes afghanes."

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