2 min de lecture Empoisonnement

Affaire Navalny : l'opposant politique serait mort si la Russie l'avait voulu, lance Poutine

"Si on l'avait voulu, l'affaire aurait été menée à son terme", a déclaré Vladimir Poutine en évoquant la tentative d'assassinat du dissident politique Alexeï Navalny.

L'opposant politique Alexeï Navalny et le président russe Vladimir Poutine.
L'opposant politique Alexeï Navalny et le président russe Vladimir Poutine. Crédit : Tiziana FABI, Mladen ANTONOV / AFP
Florise Vaubien
Florise Vaubien et AFP

Le chef du Kremlin n'y est pas allé par quatre chemins : il a ainsi déclaré que si la Russie avait voulu empoisonner l'opposant politique Alexeï Navalny, "l'affaire aurait été menée à son terme". "Le patient de la clinique berlinoise a le soutien des services spéciaux américains. (...) Et comme c'est le cas, il doit être surveillé par les services spéciaux. Mais ça ne veut pas dire qu'il fallait l'empoisonner", a déclaré Vladimir Poutine, jeudi 17 décembre. 

Le président russe, qui refuse de prononcer le nom du dissident, a par ailleurs nié les conclusions d'une récente enquête réalisée par plusieurs médias, dont Bellingcat, CNN et Der Spiegel. Celle-ci s'interroge sur une implication du FSB - les services secrets héritiers du KGB dont Poutine a été un temps le chef - dans la tentative d'assassinat ayant visé Navalny.

"Ce n'est pas une enquête, mais la légitimation de contenus (préparés) par les services spéciaux américains", a estimé le chef de l'État lors de sa conférence de presse annuelle.

Le Kremlin dément toute implication

Que peut-on lire dans cette enquête ? Les journalistes rapportent notamment la fuite d'analyses de données téléphoniques et de voyages, alors que des agents du FSB spécialistes des armes chimiques assuraient une filature de l'opposant depuis 2017. Ces officiers étaient sur place le 20 août à Tomsk (Sibérie) lorsque l'empoisonnement a eu lieu, d'après cette longue investigation.

À lire aussi
international
Les États-Unis et la République tchèque, pays "inamicaux" pour la Russie

Le Kremlin a depuis démenti toute implication dans la tentative d’assassinat d'Alexeï Navalny : d'après le gouvernement russe, le dissident n'a pas été empoisonné à Tomsk. Il affirme par ailleurs que la substance toxique Novitchok décelée par des laboratoires occidentaux l’hospitalisation du patient en Allemagne n'était pas présente dans son organisme lorsqu'il était traité en Russie. 

Aucune enquête ouverte en Russie

Les responsables ont émis plusieurs hypothèses : une mise en scène, un empoisonnement volontaire, une opération des services spéciaux étrangers, ou encore des problèmes de santé dus à son régime alimentaire ou à la consommation d'alcool.

En conséquence, la Russie n'a pas ouvert d'enquête faute de preuves, selon elle. Les autorités accusent l'Allemagne de ne pas partager ses informations avec la justice russe. 

Sur Twitter, Alexeï Navalny a indiqué que la justice allemande l’a interrogé "toute la journée" à la demande "des autorités russes" et qu’il n’a pas pu suivre l’allocution de Vladimir Poutine à son sujet. D'après l’opposant, le chef de l'État a ordonné son assassinat les exécutants sont les noms cités dans l'enquête de Bellingcat. 

La rédaction vous recommande
Lire la suite
Empoisonnement Europe Allemagne
Commentaires

Afin d'assurer la sécurité et la qualité de ce site, nous vous demandons de vous identifier pour laisser vos commentaires. Cette inscription sera valable sur le site RTL.fr.

Connectez-vous Inscrivez-vous

500 caractères restants

fermer
Signaler un abus
Signaler le commentaire suivant comme abusif
500 caractères restants