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Les services d'urgence interviennent sur le lieu d'une collision ferroviaire entre un TGV Renfe AVE et un train Iryo, à environ 150 km au sud de Madrid, entre Urda et Los Yebenes, dans la province de Tolède, le 28 octobre 2026.
Crédit : Javier SORIANO / AFP
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Nouveau drame ferroviaire en Espagne. Deux trains à grande vitesse sont entrés en collision ce mercredi 28 octobre aux abords de la station d'Urda, près de Tolède, à environ 150 km au sud de Madrid. Selon un dernier bilan à la mi-journée établi par la protection civile, au moins 50 personnes sont mortes et près de 200 sont blessées. Un bilan qui risque de s'alourdir alors que plus de 500 passagers se trouvaient à bord des rames.
Cet accident s'ajoute aux catastrophes ferroviaires espagnoles alors que le pays a déjà été fortement endeuillé en 2026. Le 18 janvier, deux trains sont entrés en collision à plus de 200 km/h à Adamuz, en Andalousie. 46 personnes avaient perdu la vie et plus d'une centaine avaient été blessées.
Après Adamuz, la collision d'Urda risque de raviver les débats en Espagne sur l'entretien du réseau ferroviaire et sur la sécurité pour les passagers, dans le deuxième pays le plus visité au monde chaque année. "Ça interpelle ces deux accidents successifs qui surviennent, réagit Arnaud Aymé, spécialiste du secteur des transports du cabinet SIA, invité de RTL ce mercredi midi. En revanche, il pointe des "causes probablement très différentes".
Pour Arnaud Aymé, si ce deuxième accident ferroviaire majeur "rappelle dans les conséquences" le drame de janvier, les deux catastrophes ne sont pas comparables. Selon l'expert, les deux incidents ont des "configurations très différentes". "À l'époque, l'accident avait été causé par le déraillement d'un train, vraisemblablement à cause d'un défaut de l'infrastructure, d'une rupture de rail et un problème de qualité d'une soudure", précise-t-il.
"Le train avait envahi la voie d'à côté où un train à grande vitesse circulait justement à ce moment-là", ajoute-t-il. C'est un train de l'entreprise privée Iryo qui avait déraillé avant de heurter un train de la Renfe venant en sens inverse.
La tragédie d'Adamuz était la plus grande catastrophe ferroviaire en Espagne depuis un déraillement meurtrier ayant fait 80 morts près de Saint-Jacques-de-Compostelle (nord-ouest) en 2013. L'exécutif s'était alors engagé dans la foulée à investir 1,8 milliard d'euros pour améliorer la maintenance du réseau.
La configuration de l'accident d'Urda est différente, selon Arnaud Aymé, car il s'agit d'un "cas de rattrapage" : "Deux trains sont sur la même voie et le train de l'arrière rattrape le train de l'avant, donc avec une collision par l'arrière." Là aussi, ce sont deux rames, l'un de l'opérateur privé Iryo et l'autre de la compagnie nationale Renfe, qui se sont heurtées.
"C'est normal que deux trains soient sur la même voie, puisqu'il y a toute une succession de trains qui empruntent une voie ferrée. Seulement, il y a une multitude de systèmes et de procédures qui existent pour s'assurer d'une bonne distance entre deux trains successifs", indique Arnaud Aymé.
Selon l'expert, un outil "découpe virtuellement la voie ferrée en portions", appelées "des cantons". "Sur chaque canton, il y a un système qui s'appelle le circuit de voie qui détecte automatiquement la présence d'un train. Et quand il y a un train présent sur une portion de voie, ça envoie le signal plus en amont sur la voie", explique-t-il.
Et d'ajouter : "Il va falloir s'interroger sur le bon respect des procédures d'entretien, de maintenance des différents matériels qui contribuent à la sécurité sur la voie ferrée."
L'Espagne possède le plus vaste réseau ferroviaire à grande vitesse d'Europe, avec 3.993 kilomètres de lignes. Depuis l'ouverture à la concurrence fin 2020, trois opérateurs se partagent le marché : la compagnie nationale Renfe, l'italien Iryo et Ouigo España, filiale de la SNCF française.
Cette ouverture a fait bondir la fréquentation à près de 40 millions de voyageurs en 2024, entraînant une utilisation plus intensive des voies et une usure accélérée des équipements, selon certains experts. La gestion et l'entretien du réseau relèvent de l'entreprise publique ADIF, distincte de Renfe depuis 2005.
Plusieurs spécialistes interrogés anonymement par l'AFP s'orientent davantage vers une défaillance des systèmes de sécurité que vers un défaut structurel des voies pour expliquer la collision d'Urda. L'un d'eux évoque un possible défaut de contrôle du trafic ou une panne informatique. "Est-ce qu'une boucle de sécurité n'aurait pas fonctionné ? C'est peut-être possible", s'interroge-t-il.
Un autre expert rappelle que des mesures de surveillance des rails et des limitations de vitesse ont été mises en place après l'accident de janvier. Ces hypothèses devront être confrontées aux résultats de l'enquête, qui devra également déterminer si une erreur humaine a joué un rôle, comme s'interrogent plusieurs médias espagnols.
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