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Les images de la Guardia Civil après la collision de deux trains près de Tolède en Espagne, le 28 octobre 2026.
Crédit : Handout / Guardia Civil / AFP
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L'Espagne endeuillée d'un nouveau drame ferroviaire. Deux trains sont entrés en collision mercredi 28 octobre au matin près de Tolède, à environ 150 km au sud de Madrid. Un grave accident survenu entre deux rames reliant la capitale ibère à Séville, l'un de l'opérateur privé Iryo et l'autre de la compagnie nationale Renfe, qui a fait au moins 50 morts et 179 blessés selon la Protection civile locale. Un bilan qui pourrait encore s'alourdir, car plus de 500 passagers étaient à bord.
D'après un porte-parole des services d'urgence espagnols sollicité par l'AFP, la collision a eu lieu "à 8h54", aux abords de la station d'Urda, dans la région de Castille-La-Manche.
"La circulation est interrompue sur la ligne à grande vitesse Madrid-Andalousie", a de son côté indiqué sur X l'entreprise publique chargée de gérer l'infrastructure ferroviaire, ADIF. Des perturbations sont donc à prévoir sur l'ensemble du réseau de chemin de fer espagnol, y compris en provenance de Barcelone, les passagers ayant été appelés à ne pas se rendre en gare.
Interrogé par la radio Onda Cero, un passager raconte les événements, parlant d'un "impact incroyable, extrêmement violent", cinq minutes après que son train se soit arrêté. "J'étais dans l'allée et j'ai été projeté de quatre ou cinq sièges. Il y avait des morts dans notre wagon. Nous avons finalement réussi à ouvrir une porte et à sortir… Je ne comprends pas comment de telles choses arrivent", explique-t-il, se remémorant une personne entravée par un gros objet métallique après le choc.
"Il y a eu plusieurs arrêts avant un freinage très brutal, et ensuite je me souviens seulement d'avoir été projetée au sol", décrit une autre passagère à Canal Sur Radio, faisant état d'un "embouteillage" de trains nécessitant une régulation du trafic en amont de l'accident.
Les images diffusées par la télévision espagnole en direct témoignent de trains accidentés, dont visiblement deux wagons ont déraillé avant de finir en contrebas du talus. À quelques dizaines de mètres, des voyageurs, encore sous le choc, tiraient leurs valises le long de la route. Et ce, tandis que les secours sont mobilisés dans l'herbe. Plusieurs brigades de pompiers, trois hélicoptères et deux unités de soins intensifs mobiles (UVI) sont déjà sur place, d'après les autorités.
Le ministère de l'Intérieur espagnol a activé le déploiement de l'Unité militaire d'intervention d'urgence (UME), rapporte El Pais. Dans le même temps, le Centre communautaire de transfusion sanguine de Madrid a lancé un "appel urgent aux dons de sang face à une possible augmentation imprévue des besoins de soins de santé", pour tous les groupes sanguins.
De l'autre côté des Pyrénées, les médias avancent d'ores et déjà la thèse d'une erreur humaine après ce drame. "L'explication privilégiée est une erreur humaine, car à la suite d'une défaillance du système de sécurité, environ huit trains se sont immobilisés dans la zone. Ils ont ensuite reçu l'ordre de redémarrer, mais le train Iryo n'a pas pu s'exécuter et est resté à l'arrêt", raconte ainsi El Pais, citant des sources au sein du gouvernement.
"Selon les premières analyses, un opérateur du centre de contrôle d'Atocha [la gare de Madrid] a donné par erreur l'ordre de repartir au train Renfe, alors que l'Iryo bloquait la voie. Le train est alors entré en collision avec l'Iryo par l'arrière à une vitesse encore indéterminée, provoquant l'accident", ajoute encore le quotidien de référence
Une enquête devra faire la lumière sur les circonstances exactes de l'accident.
C'est le deuxième accident ferroviaire majeur de l'année en Espagne, après la catastrophe d'Adamuz, qui avait déjà vu deux trains entrer en collision à plus de 200 km/h à Adamuz, à environ 250 km au sud des lieux du crash de ce mercredi, sur la ligne Madrid-Andalousie. Au total, 46 personnes avaient perdu la vie.
Avec 4.000 kilomètres de voies ferrées, le réseau ferroviaire à grande vitesse espagnol est le deuxième plus important au monde, après celui de la Chine, et l'une des fiertés du pays.
Le drame d'Adamuz, survenu le 18 janvier, avait ravivé les débats en Espagne sur l'entretien du réseau ferroviaire et sur la sécurité pour les passagers, dans le deuxième pays le plus visité au monde chaque année.
Cet accident, quand un train de l'entreprise privée Iryo avait déraillé avant de heurter un train de la Renfe venant en sens inverse, avait également suscité de vives critiques de l'opposition de droite et d'extrême droite contre le gouvernement du socialiste Pedro Sánchez. L'exécutif s'était engagé dans la foulée à investir 1,8 milliard d'euros pour améliorer la maintenance du réseau, créer 3.650 emplois et renforcer la sécurité ferroviaire.
Le Premier ministre espagnol Pedro Sánchez a annulé sa participation à un sommet sur l'obésité prévu mercredi matin à Madrid, selon ses services, tandis que le Parti socialiste (PSOE), qu'il dirige, a annoncé la suspension de toutes les activités de campagne pour la journée.
"Consterné par le grave accident de trains à Tolède. Je reste en contact permanent avec le ministre des Transports, Oscar Puente, et avec le président de Castille-La Manche, Emiliano García-Page. Les services d’urgence travaillent sur le terrain pour prendre en charge les personnes affectées et garantir leur sécurité, en coordination avec toutes les administrations concernées. Ma compassion, ma solidarité et mon soutien à toutes les victimes et à leurs familles", a écrit le chef du gouvernement sur X.
Cet accident intervient en pleine campagne électorale avant les législatives du 29 novembre. À droite, le chef du Parti populaire (PP), Alberto Núñez Feijóo, n'a d'ailleurs pas manqué de se dire "très préoccupé" face à ce nouvel accident de trains, sur X.
Emiliano García-Page, président de la Communauté autonome où a eu lieu le drame, a lui annoncé suspendre son agenda et se rendre sur les lieux de l'accident, disant suivre la situation "avec préoccupation". "Nous sommes profondément touchés et inquiets", a également fait savoir la Maison royale.
De son côté, Emmanuel Macron a apporté son soutien à l'Espagne via un message posté sur X : "Terrible drame ferroviaire en Espagne. Nos pensées vont aux victimes, à leurs familles, aux nombreux blessés ainsi qu’à l’ensemble des équipes mobilisées dans les opérations de secours. Au peuple espagnol, j’exprime la solidarité de la France", a écrit le président de la République. À Bruxelles, la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a déploré une "terrible nouvelle", affirmant que "l'Europe est aujourd'hui en deuil aux côtés" de l'Espagne.
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