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Françoise Bernard, égérie publicitaire devenue reine des fourneaux

Françoise Bernard, l'auteure de best-sellers de cuisine simple et efficace pour des femmes "moyennement délurées" côté fourneaux, s'est éteinte dimanche à l'âge de 100 ans, a annoncé lundi la maison d'édition Hachette.

L'auteure française de livres de cuisine Françoise Bernard pose le 9 octobre 2008 à Paris
L'auteure française de livres de cuisine Françoise Bernard pose le 9 octobre 2008 à Paris
Crédit : STEPHANE DE SAKUTIN / AFP
Disparition de Françoise Bernard, égérie publicitaire devenue reine des fourneaux
03:19
Isabelle Choquet - édité par Thomas Pierre

Et ce mardi hommage à Françoise Bernard, devenue reine des fourneaux un peu par hasard. Françoise Bernard qui vient de nous quitter à l'âge de 100 ans en nous laissant un best-seller de la cuisine: Les recettes faciles.

Un livre qu'on a tous croisé chez notre maman, notre mamie, parfois bien abîmé. "Avant elle, la plupart des livres de cuisine étaient imprimés en petits caractères, les recettes serrées les unes aux autres", dit le pâtissier Sébastien Gaudard dans le Monde. "Elle a réécrit la cuisine familiale, et elle a introduit la notion de marketing dans les ouvrages culinaires."

C'est que Françoise Bernard était elle-même une invention publicitaire. Son vrai nom, c'était Andrée Jonquoy, fille de teinturiers du Nord montée à Paris où elle travaillait comme assistante de direction chez Unilever. 

De potiche à patronne

En 1952, la marque lance une campagne de pub pour la margarine Astra, et elle diffuse les recettes d'une certaine Françoise Bernard. Une trouvaille du service communication, ce sont tout simplement les prénoms féminin et masculins les plus courants de l'époque. Comme la campagne marche bien, l'année suivante Unilever cherche un visage pour sa cuisinière imaginaire.

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Et comme Andrée s'ennuie ferme dans son job, elle se présente au casting. Grande, mince, joli minois, la jeune trentenaire au cheveux courts colle parfaitement au cahier des charges, elle racontait ça à l'Express en 2012. Elle est prise, et très vite la potiche devient patronne, deux chefs et une vingtaine de dactylos sous ses ordres pour rédiger les recettes et répondre au courrier, 50.000 lettres par an tout de même.

L'égérie publicitaire gagne ses galons de cuisinière. Elle intervient sur Radio Luxembourg, lancée par Jacques Martin. Puis, de 1955 à 1960, elle présente l'une des premières émissions de cuisine de la télé, en direct. Ce qui est assez cocasse car Françoise Bernard connaît de bonnes recettes, mais Andrée Jonquoy n'est pas précisément un cordon bleu.

Pas vraiment un cordon bleu

"Pour préparer mes émissions", dira-t-elle plus tard, "je répétais quinze fois les plats avec mes chefs, j’apprenais tous les bons gestes. Réussir en vingt minutes, en direct, un soufflé au fromage pouvait donner des sueurs froides. C’est comme petit remontant que j’ai commencé à apprécier le whisky".

Mission accomplie: elle permet aux femmes de cuisiner vite et bien... « Il fallait qu’elles n’aient pas honte devant leur mère, disait-elle, tout en ayant le temps de profiter de leur vie familiale et professionnelle". En fait, Françoise Bernard décomplexe... 

Le succès va se décliner en livres. D'abord, à nouveau, via un partenariat publicitaire. Françoise Bernard va rédiger le livre de recettes qui accompagne les cocottes-minute Seb : 10 millions d'exemplaires distribués.

Un succès d'édition

Elle n'a jamais touché de droits d'auteur pour ça, mais ça l'a rendue encore plus célèbre. À tel point qu'elle a fini par racheter le nom Françoise Bernard, à la fin des années 60. L'aventure Unilever s'achève.

Le triomphe arrive avec l'éditeur Hachette : Cuisine 1.000 recettes, La Cuisine à l’électricité, La Cuisine avec les autocuiseurs, La Cuisine avec les robots. Et bien sûr, Les Recettes faciles, vendu, depuis 1965, à plus d’1 million d’exemplaires. On y trouve tous les classiques, la blanquette de veau, le boeuf bourguignon, mais aussi des plats à faire tomber un végan en syncope, comme le cœur de veau aux carottes.

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