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Les défenseurs de l'Espagne Pau Cubarsi et Aymeric Laporte, autour de leur gardien Unai Simon, à la Coupe du monde 2026.
Crédit : AFP
Si la France épate avec son jeu offensif, l'Espagne, que Didier Deschamps n'a de cesse de citer comme le favori ultime de la Coupe du monde, impressionne plus par sa solidité que par les performances de son crack Lamine Yamal, dont la montée en puissance après son retour de blessure va piano. Pas toujours brillante dans le dernier tiers du terrain, la Roja est la seule équipe à ne pas encore avoir encaissé de but, avant de défier la Belgique en quarts de finale, vendredi 10 juillet à Los Angeles (21h, diffusé en direct sur M6 et M6+).
Une invincibilité, qui ne tombe pas du ciel au vu de son parcours en qualifications (cinq clean sheet en six rencontres), et qu'elle espère bien prolonger pour poursuivre tranquillement sa route.
En cinq rencontres en Amérique, le gardien de Bilbao Unai Simon n'a subi que six tirs cadrés. Un chiffre impressionnant, qui témoigne à la fois de la faible qualité globale des oppositions auxquelles a eu droit la sélection ibère (Cap-Vert, Arabie saoudite, Uruguay, Autriche, Portugal) mais également de sa capacité à bâillonner les attaques adverses.
"Défensivement, nous sommes très bien structurés, nous savons tous ce qu'il faut faire", a expliqué mercredi à l'AFP Joan Garcia (FC Barcelone), qui complète l'extraordinaire guilde des portiers espagnols avec David Raya (Arsenal).
"Je pense que l'important pour un gardien, c'est d'éviter des frappes plutôt que d'arrêter, éviter qu'on arrive jusqu'à toi, que ce soit avec une couverture défensive, en sortant sur un ballon aérien, en interceptant un centre à ras de terre… Ce sont des choses qui ne figurent peut-être pas dans les statistiques, mais qui, pour un gardien et pour une équipe, sont importantes. Cela montre que le plan que nous suivons pendant les matchs est bon", a-t-il ajouté.
"Dans notre équipe, tout le monde attaque et tout le monde défend. On est heureux pour Unai Simon. S'il réussit un clean sheet, ça nous rapproche de la victoire", a de son côté noté le milieu offensif Dani Olmo. "L'entraîneur dit que le premier défenseur, c'est le numéro 9 et que les autres doivent suivre. Notre ligne défensive a été incroyable, c'est historique".
Depuis l'Euro 2024 remporté par ses hommes où Robin Le Normand, Nacho Fernandez et Dani Vivian alternaient aux côtés d'Aymeric Laporte en charnière, le sélectionneur Luis de la Fuente a installé le jeune Pau Cubarsi (19 ans). Avec le Basque, le champion olympique barcelonais forme un "bon duo", selon ses mots à DAZN après le premier tour.
"Aymeric a un peu plus d'expérience que moi. Il sait comment aborder ce genre de matchs. Je pense que j'ai besoin de son aide pour grandir en tant que joueur. Peut-être que sur le plan statistique, je suis bien placé, mais Laporte a aussi réalisé des matchs spectaculaires, et Unai a lui aussi été énorme dans les buts", jugeait-il modestement.
De la Fuente ne tarit pas non plus d'éloges sur le binôme : "Ce sont des défenseurs exceptionnels, capables de rivaliser avec n'importe quel attaquant. Cubarsi fait partie des joueurs qui maîtrisent leurs émotions et les situations de jeu. Ils interprètent les matchs de façon remarquable. À 19 ans, il donne l’impression d’avoir toujours joué à ce niveau", louait-il avant le huitième de finale tendu face au Portugal (1-0).
Peu mise en danger, l'Espagne a fait preuve de prudence, monopolisant le ballon comme à son habitude, pour empêcher la Seleçao de piquer sur attaque placée, avant de s'imposer dans le temps additionnel via l'entrant providentiel Mikel Merino. Et ce, tandis que le double pivot Rodri-Pedri assurait l'équilibre défensif pour permettre les projections des latéraux Marc Cucurella et Pedro Porro.
"L'Espagne aime avoir le ballon, endormir l'adversaire, attaquer par vagues, on va travailler ce qu'il faut à l'entraînement pour les stopper, on doit être prêts à contre-presser, à se montrer agressifs, leur montrer qu'on a aussi de la qualité", a estimé le latéral belge Diego Moreira mercredi, avant leur duel en Californie.
Le gardien du Real Madrid, Thibaut Courtois, qui connaît très bien les attaquants de Liga, a jugé que la situation des Diables rouges, qualifiés après leurs victoires contre le Sénégal (3-2 a.p.) et les États-Unis (4-1), était "un peu similaire au quart de finale en 2018 face au Brésil". À l'époque, ils avaient signé un exploit fracassant : "Ils étaient favoris, ils avaient plus de qualités individuelles, mais on était une grande équipe tous ensemble, comme maintenant".
Rééditer une telle performance s'annonce néanmoins très ardu pour Kevin De Bruyne, Romelu Lukaku, Jérémy Doku et consorts. En face, l'Espagne s'avance avec confiance, en se souvenant que sa solidité défensive l'avait menée jusqu'au titre en 2010 en Afrique du Sud, après quatre matchs couperets gagnés 1-0. C'est sans doute cette même recette qui la guidera jusqu'à une deuxième étoile dans neuf jours à New York.
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