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Willy Bardon comparaît libre pour le meurtre et le viol d'Élodie Kulik en 2002
Crédit : DENIS CHARLET / AFP
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Le parquet d'Amiens a décidé de lancer de nouvelles expertises ADN et vocales dans l'affaire Élodie Kulik, cette employée de banque de 24 ans violée, tuée puis brûlée dans la Somme en janvier 2002. Ces investigations ont été demandées par Willy Bardon, condamné à 30 ans de réclusion criminelle mais qui continue de clamer son innocence.
Au cœur du dossier, un enregistrement capital : l'appel passé aux secours par Élodie Kulik le soir de son enlèvement. On y entend ses hurlements, mais aussi deux voix masculines. C'est sur cette bande-son que la défense fonde une partie de ses espoirs, en s'appuyant sur les progrès de l'intelligence artificielle.
Au micro de RTL, l'avocat de Willy Bardon, Me Stéphane Daquo, explique : "On a obtenu la possibilité de retravailler sur la bande, c'est-à-dire de tenter avec les moyens actuels de la nettoyer, de la rendre un peu plus audible qu'elle ne l'est, de travailler sur la signature vocale, l'intonation de voix, c'est-à-dire le débit de parole, etc".
Il ajoute que cela permet aussi "d'éviter l'écueil d'utiliser une oreille humaine" qui peut avoir "un biais cognitif", afin de voir si l'intelligence artificielle est "en capacité d'identifier ou non la voix de Willy Bardon".
Le procureur d'Amiens estime, de son côté, que "l'évolution des techniques d'analyse en matière de voix et de génétique" justifie ces nouvelles investigations. Des analyses ADN doivent aussi être menées sur des traces et éléments pileux retrouvés sur les scènes de crime.
À l'issue de ces expertises, Willy Bardon pourra, s'il le souhaite, engager une demande de révision de son procès. Ses avocats voient dans cette décision "une nouvelle étape décisive dans la preuve de son innocence". En face, Me Didier Seban, avocat du père d'Élodie Kulik, estime que cela "n'enlèvera rien à la conviction que M. Bardon est coauteur" du meurtre.
Élodie Kulik avait été enlevée dans sa voiture dans la nuit du 10 au 11 janvier 2002, après un accident resté inexpliqué sur une route départementale de la Somme. La jeune femme avait ensuite été violée, tuée puis brûlée.
L'enquête était restée au point mort pendant près de dix ans, avant l'identification d'un suspect, Grégory Wiart, grâce à une nouvelle méthode d"analyse ADN. Mais celui-ci était mort entre-temps. En remontant dans son entourage, les enquêteurs avaient alors mis en cause Willy Bardon, dont la voix avait été reconnue par plusieurs témoins sur l'enregistrement de l'appel aux secours.
Reste un point central dans la défense de l'accusé : ni son ADN, ni aucune autre "preuve scientifique" formelle de sa présence n'ont été retrouvés sur la scène de crime.
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