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Déclenchement forcé, aller-retour express ou absence assumée : comment les footballeurs anticipent la naissance d’un enfant en pleine Coupe du monde comme Jérémy Doku ?

L’annonce de l’ailier belge de vouloir quitter temporairement le rassemblement de la Belgique pour assister à la naissance de son premier enfant au pays a suscité de nombreux débats ces derniers jours. Retour sur les précédents cas, qui prouvent que la paternité est avant tout une question intime, qu’il convient de respecter.

L'ailier belge Jérémy Doku face à l'Égypte à la Coupe du monde, le 15 juin 2026 à Seattle.

Crédit : Fran Santiago / GETTY IMAGES NORTH AMERICA / Getty Images via AFP

Gabriel Joly

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C’est de notre côté de la frontière que le "babygate" de Jérémy Doku a fait le plus parler. En début de semaine, l’ailier star de la Belgique expliquait au détour d’une interview au média wallon DH qu'il souhaitait assister à la naissance de son premier enfant, prévue d'ici début juillet, en pleine Coupe du monde, possiblement quelque part entre un éventuel seizième et un quart de finale.

"Si vous me demandez ce que je souhaite, ma réponse est claire : aucun papa ne voudrait manquer ça. Mais il y a le foot et toute la planète regarde. Je sais que la fédération est attentive à ça et on verra ce qu'on peut faire", expliquait-il alors, sachant que son coéquipier en défense, Brandon Mechele, était dans le même cas de figure.

De quoi déclencher un débat en France, après que la présentatrice de l’émission L’Équipe de choc, France Pierron, a fustigé ce choix pourtant assez légitime. "Quand tu as la chance de participer à une Coupe du monde... Il y a des centaines de footballeurs qui tueraient pour être à ta place et tu vas quitter tout ça pour assister à la naissance de ton enfant, qui est un moment dégueulasse - excusez-moi - où le papa ne sert à rien, il a un rôle de figurant", s'est-elle indignée, créant un véritable tollé.

Le champion olympique de boxe Brahim Asloum, présent sur le plateau, a ainsi répliqué : "Comment cela, on ne sert à rien ? Qui encourage ? Un bébé, c’est toute ta vie. Une Coupe du monde, tu peux la gagner ou la louper mais dès qu’elle est passée, elle est passée", a-t-il estimé de son côté. Depuis, la séquence a été largement commentée en ligne, la plupart des internautes estimant que Doku avait bien le droit de faire ce qu'il voulait. De fait, il n'existe pas de règle absolue, la paternité relevant de la vie privée. Pour preuve ? Les précédents papas-footballeurs ont opté pour diverses solutions.

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Une discussion avec le sélectionneur

À l'instar de l'Anglais Phil Foden, parvenu à faire un saut outre-Manche entre deux rencontres jouées comme titulaire sur la dernière édition, Kingsley Coman avait ainsi été autorisé à quitter l'équipe de France quelques jours pour se rendre en Suède, où sa compagne donnait naissance à leurs enfants, lors des deux derniers championnats d'Europe en 2021 et 2024. Malgré un protocole Covid à respecter pour le premier, ces aller-retours n'avaient pas posé de problème chez les Bleus. La différence avec le cas de la famille Doku ?

La distance évidemment, puisque pour le Belge, Seattle - le lieu du camp de base des Diables rouges - est à neuf heures de vol du Vieux continent en jet privé, l'option envisagée par la Fédération. De plus, le joueur de Manchester City est un élément beaucoup plus important dans le collectif de Rudi Garcia, que ne l'était Coman à l'époque pour Didier Deschamps. Le sélectionneur tricolore est toutefois du genre à se montrer permissif dans ce genre de situation comme se souvient l'ex-latéral Christophe Jallet auprès de RTL, dans le podcast Mon Deschamps à moi. 

Un soir, après minuit, lors d'un rassemblement à Clairefontaine, l'ancien du PSG et de Lyon reçoit un coup de téléphone de sa femme qui partait à l'hôpital sur le littoral méditerranéen, après les premières contractions. "Je me suis dit : 'Bon, ok, je vais demander au coach si je peux y aller'. Je l'ai appelé dans sa chambre, je suis allé le voir et je lui ai posé la question. On n'était pas à la veille d'un match. Il me répond : 'Là, tu vas avoir du mal à trouver un avion, mais prends le premier demain matin, organise-toi avec Momo Sanhadji [responsable de la sécurité des Bleus], et ne t'inquiète pas, dès que tu peux, tu reviens, il n'y a pas de souci'", raconte-t-il.

"Quand je suis revenu il a eu l'intelligence de me ménager parce que je n'avais pas beaucoup dormi, il ne voulait pas qu'il y ait de problème donc je me suis entraîné mollo. Le lendemain ? 'On est reparti et on en parle plus quoi'", ajoute Jallet.

Si ce n'était pas dans une grande compétition, cela montre combien ce sujet est une donnée prise en compte par les staffs, désireux de pouvoir compter sur leurs internationaux mais aussi compréhensifs, au vu de l'importance que ce moment peut représenter dans la vie d'un homme. D'ailleurs, refuser l'aller-retour à un futur père pourrait le braquer et semer la zizanie dans la vie de groupe.

Zidane avait acté son choix avant le Mondial 2002

C'est plus rare mais il arrive également qu'un joueur décide simplement de manquer l'arrivée de son bébé. Le gardien de la Corée du Sud, Kim Seung-gyu, a justement pris cette décision, privilégiant le Mondial dans lequel il s'est illustré contre la Tchéquie (2-1), avant de relâcher un ballon dans les pieds d'un Mexicain pour le seul but de la rencontre face aux hôtes (0-1).

"Je suis vraiment désolé de ne pas avoir pu être avec ma femme pour la naissance, et je veux ramener de bons résultats d’ici comme cadeaux. J’ai disputé chaque Coupe du monde en me disant que ce serait peut-être la dernière. Vu mon âge actuel, celle-ci y ressemble vraiment", se justifiait-il du haut de ses 35 ans dans des propos relayés par Reutersen marge d’un entraînement près de Guadalajara.

Enfin, certains couples concernés décident parfois de déclencher médicalement l'accouchement. Selon le tabloïd anglais The Sun, le double buteur du Brésil face à Haïti (3-0), Matheus Cunha, avait connu pareille situation. À l'été 2025, sa femme a accepté d'avancer l'échéance pour que le joueur fraîchement arrivé à Manchester United puisse prendre part à la pré-saison de son nouveau club aux États-Unis.

Et ce, comme un certain Zinédine Zidane, 23 ans plus tôt. La presse de l'époque rapportait que la légende des Bleus avait décidé de la date de la naissance de son troisième enfant, Théo, avec sa femme Véronique, pour coïncider avec son planning très serré en mai 2002. Engagé en finale de la Ligue des champions avec le Real Madrid le 15 (victoire 2-1 face au Bayer Leverkusen, avec sa volée mythique), il avait visé le 18 pour l'heureux événement, avant de s'envoler pour la Coupe du monde au Japon et en Corée du Sud le lendemain. Cela ne lui avait finalement pas souri, puisque "Zizou" s'était ensuite blessé et n'avait pas pu empêcher le naufrage des champions du monde en titre.

Pour Jérémy Doku en tout cas, la presse belge précise que si l'accouchement intervenait à proximité d’une rencontre, il pourrait se contenter d’un appel vidéo avec son épouse Shireen, dont le gynécologue est en contact avec les médecins de la sélection. En attendant de trancher, "Dokss" ne pourra pas aider les siens à se rapprocher des seizièmes de finale face à l'Iran ce dimanche 15 juin au SoFi Stadium de Los Angeles, car il a déclaré forfait, malade, après avoir été déjà été diminué par des problèmes respiratoires lors du match nul inaugural contre l'Égypte (1-1).

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