3 min de lecture

"Aucune intention de fermer CNews" : sur RTL, le président de l’Arcom précise sa position après la mise en demeure de la chaîne d'info du groupe Bolloré

Au lendemain de la mise en demeure visant CNews pour un reportage et un débat jugés trop favorables à Rachida Dati pendant les municipales, le président de l'Arcom, Martin Ajdari, assure sur RTL que le régulateur ne veut pas "fermer" la chaîne, mais faire respecter les règles du pluralisme.

Martin Ajdari, président de l'Arcom, dans RTL Matin, le 10 juillet 2026.

Crédit : RTL

"Aucune intention de fermer CNews" : sur RTL, le président de l'Arcom précise sa position après la mise en demeure de la chaîne d'info du groupe Bolloré

00:10:18

"Aucune intention de fermer CNews" : sur RTL, le président de l'Arcom précise sa position après la mise en demeure de la chaîne d'info du groupe Bolloré

00:10:18

Olivier Bost & Jérémy Descours

L'Autorité de régulation de la communication audiovisuelle et numérique (Arcom) "n'a aucune intention de fermer CNews". Invité de RTL ce vendredi 10 juillet, son président Martin Ajdari a répondu aux critiques visant le régulateur, au lendemain d'une nouvelle mise en demeure adressée à la chaîne d'information du groupe Canal+.

"Contrairement à ce que j'entends dire, on n'a aucune intention de fermer CNews", a-t-il assuré au micro d'Olivier Bost, rappelant qu'"au contraire, l'Arcom a autorisé CNews en 2024 pour une nouvelle période de 10 ans".

Cette décision de l'Arcom concerne un reportage grand format, "Rachida Dati à la conquête de Paris", diffusé le 20 mars au soir, ainsi que le débat qui a suivi dans l'émission 100% politique, à deux jours du second tour des municipales.

Selon l'autorité, ces séquences ont donné lieu à des points de vue "largement convergents", avec des appréciations "positives voire laudatives" sur la candidate de droite et du centre, et de "vives critiques" envers ses adversaires. Le régulateur y voit un manque de "mesure” et "d'honnêteté" dans la présentation de la campagne.

"La liberté d'expression n'est pas du tout menacée"

Sur RTL, Martin Ajdari a confirmé que ce type de traitement éditorial constituait "un manquement". "Ce que l'on dit, notamment avant une élection présidentielle puis législative très importante, c'est qu'il ne faut pas que ce type de choix éditorial se reproduise parce qu'il n'est pas compatible avec les engagements de la chaîne", a-t-il expliqué.

Il a aussi défendu la nécessité d'un traitement “particulièrement mesuré et prudent" des campagnes électorales. Concrètement, a-t-il précisé, l'Arcom a considéré qu'"un reportage suivi d'un débat particulièrement orienté diffusé deux ou trois heures avant la fin de la campagne électorale" dépassait "les obligations de mesure et de traitement".

Le président de l'Arcom a également rejeté les accusations d'atteinte à la liberté d’expression. "La liberté d'expression, elle n'est pas du tout menacée. On est là pour la protéger", a-t-il affirmé. "Nous sommes saisis des dizaines de milliers de fois par an de la part de Français qui voudraient qu'on sanctionne ou qu'on fasse taire telle chaîne ou telle chaîne. Notre rôle, c'est de protéger les chaînes contre ces pressions, y compris politiques". Mais, a-t-il ajouté, "il y a des règles. Et la loi fixe des règles. Et les médias doivent les respecter".

"Ce que l'on veut, c'est qu'ils respectent les règles"

Répondant aux accusations de décision politique formulées par le patron de Canal+, Maxime Saada, Martin Ajdari a dénoncé une lecture "totalement fausse". "La chaîne s'exprime comme toutes ses collègues du matin au soir et est disponible pour les Français. Nous, ce qu'on lui demande, c'est de respecter la loi et les engagements qu'elle a elle-même souscrits lorsque son autorisation a été reconduite", a-t-il insisté.

Interrogé sur la stratégie éditoriale de CNews, le président de l'Arcom s'est refusé à commenter plus avant. "L'arbitre n'est pas là pour commenter le match", a-t-il résumé. "S'il y a un manquement, une erreur, il est là pour la sanctionner". Avant d'ajouter : "Il y a quatre chaînes d'information. C'est très bien qu'il y ait diversité. Ce que l'on veut, nous, c'est qu'ils respectent les règles".

Martin Ajdari a enfin défendu le sens même de cette régulation, à l'heure où les réseaux sociaux et les plateformes vidéo occupent une place croissante dans le débat public. Il dit croire à "la préservation d'un espace civilisé, de dialogue entre les différentes opinions qui s'expriment de manière mesurée", afin que les Français ne soient pas confrontés "uniquement à la polarisation, à la radicalité".

La rédaction vous recommande
À écouter aussi

L’actualité par la rédaction de RTL dans votre boîte mail.

Grâce à votre compte RTL abonnez-vous à la newsletter RTL info pour suivre toute l'actualité au quotidien

S’abonner à la Newsletter RTL Info

Ne laissez pas Google décider de vos sources.

Ajouter RTL comme source préférée