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Duralex bientôt placé en redressement judiciaire ? François Lenglet pointe du doigt l'effondrement du marché des arts de la table

Duralex, symbole du patrimoine industriel français et des verres de cantine de plusieurs générations, s’apprête à demander son placement en redressement judiciaire. Malgré un fort capital de sympathie et une reprise en coopérative par ses salariés, la verrerie du Loiret se heurte à une réalité économique.

Des verres fabriqués par l'entreprise française Duralex.

Crédit : Thomas SAMSON / AFP

Pourquoi Duralex ne s'en sort pas malgré l'élan de sympathie des Français

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Pourquoi Duralex ne s'en sort pas malgré l'élan de sympathie des Français

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François Lenglet - édité par Alexian Giron

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En 2025, l'entreprise française Duralex, verrerie mythique, avait lancé un appel de fonds participatif, et obtenu plusieurs millions d'euros de la part de clients souhaitant sauver la société. Notamment, grâce au souvenir des verres de cantine, incassables, avec un numéro de série au fond sur lequel les écoliers avaient inventé mille légendes. 

Mais désormais Duralex, fondée en 1945, s'apprête à demander à être placée en redressement judiciaire. C'est la cinquième fois en vingt ans que la verrerie du Loiret se trouve au bord de la faillite. En 2024, elle avait été reprise par une partie des salariés qui s'étaient constitués en coopérative. 

Pourquoi la rechute a-t-elle été si brutale ? Simplement à cause du principe de base du business : pour vivre et même survivre, il faut être rentable, cela signifie qu'il faut avoir des clients prêts à payer ce que l'entreprise fabrique, ou que des investisseurs soient prêts à risquer leur argent dans la société dans l'espoir d'en gagner davantage. Et il n'y a eu ni l'un, ni l'autre. Cette loi est dure, mais c'est la loi. Dura lex, sed lex

Les consommateurs changent d'habitude

Il y a eu manifestement des erreurs de gestion. Un audit a été commandité par Bercy. L'entreprise serait en perte de plusieurs millions d'euros. Elle n'a pas payé intégralement les salaires. Il faut également reconnaître que si Duralex a su monétiser sa notoriété et l'immense capital de sympathie chez les Français, la société a fait face à de puissants vents contraires. 

D'abord, la crise de l'énergie, qui a considérablement renchéri les coûts pour une entreprise industrielle qui utilise des fours. Parallèlement, il y a eu l'effondrement du marché des arts de la table, à cause des changements d'habitudes des consommateurs, qui mangent sur le pouce, parfois des plats de fast-food avec des emballages en carton. 

La crise de ce secteur représente la crise du repas de famille, qui est en voie de disparition, même si la tendance est moins prononcée en France qu'ailleurs. Chacun mange à son heure, avec l'éclatement des rythmes de vie. 

Seul le haut de gamme s'en sort

Il faut également ajouter à cela la concurrence chinoise, qui a littéralement ratissé le marché avec des produits à trois francs six sous, dans les hypermarchés, et sur les plateformes de vente en ligne. La cristallerie d'Arques a elle aussi été placée en redressement judiciaire en mars 2026, par exemple. Seul le haut de gamme s'en sort, comme Bernardaud à Limoges. 

Globalement, les marques qui sont dans le milieu de gamme ont disparu ou sont en souffrance face à une concurrence étrangère féroce. Seules surnagent les grandes marques, positionnées sur le luxe, grâce à une clientèle largement internationale. 

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