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Taxe d’habitation : "Une politique qui frappe les petits riches mais pas les gros", dit Lenglet

Le gouvernement pourrait supprimer la taxe d’habitation pour 80% des contribuables seulement, et la maintenir pour les 20% gagnant le plus.

Un avis d'impôt de la taxe d'habitation (illustration)
Un avis d'impôt de la taxe d'habitation (illustration)
Crédit : PHILIPPE HUGUEN / AFP
Le recul sur la taxe d'habitation, une décision risquée, selon François Lenglet
03:24
Le recul sur la taxe d'habitation, une décision risquée, selon François Lenglet
03:25
François Lenglet

Cela a donc été confirmé lundi 7 janvier, le gouvernement envisage de ne pas supprimer la taxe d’habitation pour les contribuables aisés. C’est un nouveau tête à queue fiscal du gouvernement, il y en a maintenant un par semaine, on retrouve les niveaux de confusion qu’on a déjà connus lors des précédents quinquennats. 

En un mois, il y a eu le recul sur la taxe carbone, recul sur la CSG pour les retraités, recul sur la baisse de l’impôt sur les sociétés, recul aujourd'hui sur la baisse de la taxe d’habitation. Sur ce dernier point, Emmanuel Macron avait indiqué, le 23 novembre 2017, quand il s’exprimait devant les maires, qu’il allait supprimer la taxe d’habitation pour tous les contribuables. Cela avait été confirmé à plusieurs reprises depuis. 

Et voilà qu’on se rabat sur la version initiale du projet, supprimer la taxe d’habitation pour 80% des contribuables seulement, et la maintenir pour les 20% gagnant le plus, ainsi que pour les résidences secondaires. Tous ceux qui gagnent plus de 2.500 euros par mois, s’ils sont célibataires, et 4.000 euros à deux, devraient continuer à payer la taxe d’habitation.

Faire d’une pierre deux coups

On peut imaginer que le gouvernement change de pied pour faire d’une pierre deux coups. Régler un problème budgétaire, tout d’abord, puisque l’exonération totale n’était pas  budgétée, et il y en a pour 6 à 7 milliards d’euros supplémentaires. Et surtout régler un problème politique de court terme, faire payer les prétendus riches, pour corriger l’image de président des fortunés qu’a acquise Emmanuel Macron. Il souhaite également donner une sorte de scalp qui pourrait être exhibé lors de la grande consultation nationale comme une concession faite à la fureur antiriches.

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Mais c’est une idée saugrenue. D’abord parce qu’à 2.500 euros de revenus nets par mois ou 4.000 pour un couple, on n’est pas riche du tout. Il n’y a donc aucune chance que cela éteigne le besoin de faire couler le sang fiscal des privilégiés. Ensuite parce que c’est très contestable du point de vue politique. Ça revient à frapper le noyau dur des électeurs de Macron, alors qu’il n’y en a pas tant que cela pour se permettre de les effrayer. 

C’est frapper la partie supérieure des classes moyennes, qui est précisément celle qui paye déjà l’essentiel de l’impôt sur le revenu, qui est précisément celle qui a été matraquée par Hollande dans les années récentes. Alors que dans le même temps, les contribuables de l’ancien ISF restent largement avantagés. C’est le côté saugrenu de cette politique fiscale : les petits riches sont frappés, mais pas les gros.

Est-ce possible de supprimer un impôt pour certains Français et pas pour les autres ? En principe, il y aurait rupture d’égalité devant l’impôt, et le Conseil constitutionnel pourrait s’en alarmer. C’est désormais le seul espoir pour des vilains profiteurs qui "se goinfrent" à 2.500 euros par mois et affament le peuple, être sauvés par les sages du Palais-Royal.

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