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Prix du carburant : l'État et les groupes pétroliers profitent-ils de la crise ?

Le coup de pouce sur le litre d'essence va se poursuivre et même s'amplifier cet été entre la ristourne du gouvernement et le geste du groupe TotalEnergies. Qui en tire profit ?

Une station-service TotalEnergies à Toulouse (image d'illustration).
Une station-service TotalEnergies à Toulouse (image d'illustration).
Crédit : Matthieu Rondel / Hans Lucas / Hans Lucas via AFP
L'éco and You du 30 juin 2022
00:04:21
L'éco and You du 30 juin 2022
00:04:21
Martial You - édité par Marine Derquenne

30 centimes de moins à la pompe. Mais seulement si vous allez dans les stations-service TotalEnergies sur les autoroutes. Les 30 centimes regroupent les 18 centimes de ristourne de l'État qui sont appliqués dans toutes les stations et les 12 centimes en moins pour le groupe pétrolier. 

Sur les aires d'autoroutes, le carburant est 10 à 15 centimes plus cher par litre. Autrement dit, le coup de pouce de TotalEnergies permet de ramener les prix sur autoroute au même niveau que sur les bords des nationales. C'est plutôt une bonne nouvelle puisque cela évite de sortir de l'autoroute et de faire des kilomètres en plus pour trouver une pompe. 

Le ministre de l'Économie Bruno Le Maire est favorable à ce que le geste du gouvernement de 18 centimes se poursuive jusqu'à la fin de l'année. Il le proposera vraisemblablement dans le cadre de la loi pouvoir d'achat. C'est ce qu'on appelle "le syndrome horizon" : on ne peut que repousser l'échéance de la fin de cette aide à mesure qu'elle approche. Ce serait très difficile dans le contexte actuel de remonter le prix de carburant de 18 centimes d'un coup pour une catégorie des Français. Ça ferait 9 euros en plus à chaque pompe pour chacun, un sentiment d'injustice qui créerait la colère des Français. On a donc finalement réinventé en quelque sorte la taxe flottante des carburants : tant que le pétrole est cher, les taxes sont basses. 

Un effort qui coûte cher

Bruno Le Maire alertait à la fin du mois de juin que la "cote d'alerte" des finances publiques est atteinte. Il vient d'annoncer qu'il était favorable à un geste de 6 milliards. Chaque centime de moins sur le litre, c'est 500 millions de moins dans les caisses de l'État sur un an. On en sera à 8 mois de mesures, ce qui fait 6 milliards. 

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Il faut maintenir ce bouclier aujourd'hui, surtout quand les prix continuent de progresser : le tarif à la pompe est à peu près celui qu'on a connu quelques semaines après l'invasion russe en Ukraine sans la ristourne.

L'État et les pétroliers profitent-ils de ces hausses ?

A priori, l'État ne profite pas de ces hausses pour engranger des recettes astronomiques. Simplement parce que sur un litre de gazole à 1 euro 44 centimes comme avant, il y avait 24 centimes de TVA. À 2 euros, on est sur 35 centimes. Quand on fait la différence, on est sous la barre des 18 centimes de ristourne du gouvernement puisque ça fait 11 centimes. Donc il n'y a pas de cagnotte cachée dans le réservoir pour l'État.

Mais pour les pétroliers, c'est un peu différent. Évidemment, les prix actuels gonflent les résultats : et on l'a vu avec TotalEnergies qui affiche près de 5 milliards de dollars de profits sur le premier trimestre de cette année. À ce rythme-là, le groupe va gagner un trimestre de plus de bénéfices cette année. En 2021, il a fait 15 milliards de profits. Cette année, il peut espérer 20 milliards.

D'où l'idée de taxer les superprofits actuels de ces groupes. Il y a aussi, dans le gaz, le groupe Engie qui vient de dégager 4,6 milliards d'euros de bénéfices au premier trimestre. Surtout l'armateur CMA CGM a fait plus de 7 milliards de profits ça veut dire chaque jour 75 millions de bénéfices. Même si ce n'est pas dans les gènes, le gouvernement réfléchit à les taxer. Mais Bruno Le Maire semble avoir une stratégie plus maligne et assez payante : celle de tordre le bras en faisant connaît ces profits et demander des efforts individuels à chacune de ces entreprises. Le message, c'est : jouez collectif en faisant des efforts et des bénéfices, ou on va jouer l'économie collectiviste et taper aux impôts. 

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