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Pleins plus réguliers, bidons remplis "pour anticiper"... Les stratégies des Français à la pompe pour économiser

Alors que la guerre au Moyen-Orient se poursuit, et malgré la chute des cours du pétrole dans la nuit du lundi 9 mars et mardi 10 mars après des propos apaisants de Donald Trump, les automobilistes français n’en voient toujours pas les effets à la pompe. Face à des carburants toujours très chers, particuliers comme professionnels rivalisent d’astuces pour limiter la facture.

Une pompe à essence dans une station (image d'illustration)

Crédit : AFP

Flambée du pétrole : "Je mets 30 ou 40 euros", la grande débrouille des Français à la pompe

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Pierre Coplo

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Près de Dreux, certains conducteurs n’hésitent plus à faire des réserves. Ludovic vient de patienter près d’une demi-heure avant d’atteindre la pompe à essence. Mais son objectif n’est pas seulement de faire le plein : il veut surtout constituer un stock.

Dans le coffre de sa voiture, plusieurs jerrycans rouges de cinq litres attendent d’être remplis. "Ça va faire quatre bidons faciles, quatre ou cinq jours pour aller travailler sur Paris tous les jours", explique-t-il. Pour lui, c’est une question d’anticipation. "Il faut se protéger et puis anticiper. La vie de tous les jours augmente, le gasoil augmente. À un moment, il faut prendre nos dispositions."

Il remplit alors ses bidons jusqu’au bord, parfois même jusqu’à en faire déborder quelques gouttes. Le stockage d’essence reste pourtant très encadré : seuls des bidons homologués peuvent être utilisés et la quantité transportée dans un véhicule ne doit pas dépasser 60 litres.

Fixer un budget plutôt que faire le plein

D’autres automobilistes adoptent une stratégie différente. Laurette, elle, préfère limiter le montant dépensé à chaque passage à la station-service

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"Je mets 30 ou 40 euros et je reviens plus souvent à la pompe", explique-t-elle. Une manière de garder la maîtrise de son budget, même si cela signifie renoncer au plein. "Ah non [je ne fais plus le plein], parce que là ça commence à devenir très, très cher."

Certains conducteurs choisissent également de modifier leur manière de conduire : rouler plus doucement, accélérer moins fort ou privilégier les trajets les plus courts afin de consommer moins de carburant.

Les routiers contraints de lever le pied

Pour les professionnels de la route, l’équation est encore plus compliquée. Antoine, chauffeur routier, vient de se garer sur l’aire de station-service. Dans son camion, un plein peut atteindre les 1.000 euros.

"Je n’ai pas roulé ce week-end, j’ai fait le plein vendredi. Là je suis à un peu plus de la moitié", explique-t-il. Face à la hausse des prix, sa direction lui a demandé d’adapter sa conduite. "Faire attention à la consommation, lever le pied sur l’accélérateur et essayer de conduire en mode éco."

Mais pour lui, ces consignes ne suffisent plus. Il attend surtout un soutien financier de son entreprise, notamment pour avancer les frais de carburant. Sans cela, il envisage de quitter son poste. "Si mon patron ne trouve pas de solution, je vais démissionner. J’ai déjà trois collègues qui l’ont fait."

La hausse du carburant a déjà des conséquences concrètes sur son quotidien. Pour réduire ses dépenses, Antoine a décidé de vendre ses véhicules personnels. Désormais, il se rendra au travail en transports en commun, quitte à allonger son temps de trajet. En attendant une éventuelle baisse des prix à la pompe, chacun improvise donc sa propre stratégie. 

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