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Des panaches de fumées à Téhéran en Iran, le 28 février 2026, alors que Israël a mené des "frappes préventives".
Crédit : GETTY IMAGES / GETTY IMAGES EUROPE / Getty Images via AFP
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Les conséquences économiques de l'embrasement au Moyen-Orient sont déjà multiples. À commencer par le détroit d’Ormuz, situé au sud de l’Iran, qui constitue un corridor maritime essentiel. Environ 20% du pétrole mondial et 1/4 du gaz naturel liquéfié y transitent chaque jour. Véritable prolongement du Canal de Suez, il relie les pays du Golfe à l’Europe, aux États-Unis et surtout à l’Asie.
Si les Gardiens de la Révolution n’ont pas officiellement bloqué le passage, et ne disposent pas réellement des capacités militaires pour le faire, leur marine ayant été en partie détruite ces dernières heures, le trafic est pourtant quasiment suspendu. La crainte d’attaques suffit à paralyser la zone.
Plus de 150 navires, dont des tankers saoudiens et irakiens ou encore des méthaniers qataris, sont actuellement bloqués dans le Golfe. Trois navires ont été attaqués dimanche 1er mars, renforçant la perception d’un risque élevé, que les menaces viennent directement de l’Iran, de ses alliés houthis au Yémen ou de tirs perdus dans un contexte d’intense activité militaire.
Face à ces dangers, les grands armateurs mondiaux ont décidé de dérouter leurs navires. Le français CMA CGM, le danois Maersk ou encore l’allemand Hapag-Lloyd évitent désormais ce "coupe-gorge maritime".
Les assureurs, eux, ont suspendu les polices couvrant les traversées du Golfe persique, dans l’attente d’une forte hausse des primes. En temps normal, assurer un navire représente environ 0,25% de sa valeur de remplacement. Pour un bâtiment estimé à 100 millions de dollars, cela correspond à 250.000 dollars de prime. Celle-ci pourrait grimper d’au moins 50% dans les prochaines heures.
Pour contourner le détroit d’Ormuz, les armateurs privilégient désormais la route du cap de Bonne-Espérance, au sud de l’Afrique. Un détour de 5.000 kilomètres, soit environ six jours de navigation supplémentaires et près d’un demi-million de dollars de surcoût par voyage.
L’Arabie saoudite et les Émirats arabes unis disposent bien d’oléoducs permettant d’acheminer le pétrole sans passer par Ormuz. Mais leurs capacités -environ 2,6 millions de barils par jour - restent très inférieures aux quelque 20 millions de barils quotidiens qui transitent habituellement par le détroit. Une substitution totale est donc impossible.
Les marchés ont immédiatement réagi. Le baril de Brent a bondi à l’ouverture pour atteindre 77,50 dollars, contre 62 dollars début janvier. En Asie, il a même frôlé les 80 dollars.
Et cette flambée pourrait se répercuter en Europe et aux États-Unis. Pourtant, le marché mondial ne souffre pas d’un manque d’offre structurel : la production dépasse légèrement la demande, estimée à environ 100 millions de barils par jour. La hausse actuelle relève davantage d’un "prix de la peur", amplifié par les mécanismes psychologiques des marchés financiers.
Pétrole, gaz, marchandises : le golfe d'Ormuz, l'arme économique des Mollahs
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Les pays de l’OPEP - organisation des pays exportateurs de pétrole - envisagent d’augmenter leurs quotas de production pour tenter de stabiliser le marché. Autrement dit, de produire davantage de pétrole permettrait de compenser partiellement la baisse des flux transitant par Ormuz et de contenir la spéculation.
En France, aucune pénurie n’est à craindre, assure Francis Pousse, président national Stations-service et Énergies nouvelles du syndicat Mobilians sur RTL : le pays dispose de 90 jours de stocks stratégiques, conformément à ses obligations légales. D'autant plus que d'autres exportateurs de pétrole habituels non concernés par le blocage du détroit continuent d'approvisionner le pays. Mais si le conflit s’installe dans la durée, la facture énergétique pourrait s’alourdir, même si cela n'arrivera pas du jour au lendemain.
Le gaz européen aussi est en très forte hausse : un cinquième du commerce mondial de gaz naturel liquéfié transite aussi par Ormuz, principalement en provenance du Qatar.
Le contrat à terme du TTF néerlandais, considéré comme la référence européenne, s'affichait en hausse de plus de 25%, à 40,375 euros, après être monté jusqu'à plus de 28%, un cours néanmoins plus bas que ce qui avait été atteint en janvier après une vague de froid.
Malgré cette hausse spectaculaire des prix, "il est peu probable qu'une perturbation grave et durable se produise" tant que le conflit ne dure pas trop longtemps, temporisent les experts d'Oxford Economics.
"Cela obligerait l'Iran à maintenir un blocus naval sans précédent et à se défendre contre la riposte militaire", pendant une période prolongée, expliquent-ils, prévoyant plutôt un "impact de courte durée" sur les marchés.
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