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Les constructeurs routiers manquent de bitume et alertent l'État (illustration)
Crédit : GEORGES GOBET / AFP
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À l’approche de la saison des pluies, la situation inquiète en Inde. Les précipitations diluviennes, attendues dans les prochaines semaines, risquent d’aggraver l’état des routes. Nids-de-poule, fissures : autant de failles dans lesquelles l’eau s’infiltre. Résultat, des affaissements de terrain parfois spectaculaires. Sur les réseaux sociaux, les images de véhicules engloutis par des portions de route qui cèdent brutalement se multiplient. Un phénomène qui pourrait s’intensifier si les infrastructures ne sont pas rapidement entretenues.
Au cœur du problème : le bitume, indispensable à la construction des routes. Une chaussée est composée à 90% de granulats - sable, graviers, pierres - et à 10% de ce liant noir et visqueux qui assure la cohésion de l’ensemble.
Ce matériau est un dérivé du pétrole brut, obtenu en raffinerie, au même titre que l’essence ou le kérosène. Sans approvisionnement suffisant en pétrole, la production de bitume ralentit alors mécaniquement.
L’Inde dépend fortement des importations de pétrole en provenance du Moyen-Orient. Près de 40% de son brut transite habituellement par le détroit d’Ormuz, un passage stratégique aujourd’hui perturbé. Depuis deux mois, ces flux sont largement réduits.
Conséquence directe : les raffineries indiennes tournent au ralenti, faute de matières premières. New Delhi paie ainsi son manque de diversification énergétique, dans un schéma qui rappelle la dépendance européenne au gaz russe ces dernières années.
Le pays importe aussi du bitume déjà raffiné. Mais là encore, la dépendance est massive : 95% des importations proviennent du Moyen-Orient. En mars, l’Inde n’a reçu que 7.000 tonnes de bitume, soit cinq fois moins qu’à la même période l’an dernier. Un volume largement insuffisant pour entretenir son immense réseau routier.
Un scénario similaire est-il possible en France ? À court terme, le risque reste limité. L’Hexagone produit l’intégralité de son bitume en Europe, dont environ la moitié sur son propre territoire. Les sources de pétrole sont également plus diversifiées, notamment avec des importations en provenance des États-Unis et d’Europe du Nord.
Mais si la crise venait à durer, des tensions pourraient apparaître, comme cela a déjà été le cas pour d’autres produits pétroliers.
Car la question se pose déjà sur le plan économique. Comme pour les carburants, la hausse du prix du pétrole entraîne mécaniquement celle du bitume, et donc du coût des infrastructures routières.
Le secteur des travaux publics surveille de près cette évolution. La période estivale et le début de l’automne - juin, juillet, septembre et octobre - représentent à eux seuls la moitié des constructions de routes sur l’année.
Si les prix continuent d’augmenter et que les contrats ne sont pas renégociés, certains chantiers pourraient être suspendus, faute de rentabilité.
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