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Des barquettes de fraises. (Illustration)
Crédit : Pixabay
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La fraise française n'a pas à rougir. Nous en mangeons 120.000 tonnes par an. Et pendant des années, l'essentiel venait de l'étranger, d'Espagne en particulier. Pendant ce temps, les producteurs français peinaient à suivre, en particulier dans le Lot-et-Garonne, la principale région productrice.
Et il y a eu un sursaut. Les producteurs se sont dits : puisqu'on ne peut pas gagner sur les coûts, on va gagner sur les goûts. D'où le développement de variétés comme la Gariguette, mais également la Charlotte, ou encore la Mara des Bois, que les concurrents étrangers ne savent pas produire. Avec le développement d'un label rouge, assorti de 40 critères de qualité. L'un prévoit que le fruit doit arriver sur l'étal 36 heures après la cueillette.
Les résultats sont là. La part de marché de la fraise française ne cesse de progresser, avec une production en hausse de 2 à 3% par an, qui a atteint 60.000 tonnes. Et des importations qui ont chuté de 40% en dix ans, selon FranceAgriMer. Le Lot-et-Garonne à lui seul génère 75 millions d'euros de chiffre d'affaires, et la fraisiculture y fait vivre 3.500 personnes.
Des résultats qui ont été amplifiés cette année par une production record, grâce à une bonne météo. Les prix ont baissé. Il est possible de trouver des barquettes de 500 grammes à moins de six euros. Il y a deux ans, la Gariguette pouvait atteindre 20 euros le kilo.
Cette reconquête de la fraise française est-elle une exception ? Oui, le tableau global des fruits et légumes ne cesse de se détériorer. Concernant les fruits tempérés (pomme, poire, pêche, abricot...), les importations ont progressé de 25% en 20 ans, principalement d'Espagne et du Maroc, tandis que les exportations ont diminué de 47% sur la même période.
Les importations des fruits rouges, des myrtilles, des groseilles ou encore des framboises, ont littéralement explosé. Idem pour les fruits tropicaux. La France est le premier consommateur européen d'avocats, quatrième importateur mondial.
Quant aux légumes, c'est légèrement mieux, mais le solde reste négatif. À la racine de ces déséquilibres, un coût du travail en France, plus élevé qu’en Europe du Sud et même qu’en Allemagne, la difficulté croissante à trouver de la main d’œuvre, et le niveau de fiscalité plus élevé qu’ailleurs. D’où l’intérêt du virage qualitatif comme celui réussi par la fraise, là où d’autres filières sont en train de décrocher.
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