2 min de lecture

"Tout ça pour en arriver là ?" : la présidente de France Télévisions attaque un rapport Alloncle "à charge", truffé de "contre-vérités"

Delphine Ernotte Cunci s'en prend vivement au rapport du député Charles Alloncle sur l'audiovisuel public, publié ce mardi 5 mai. Elle y voit un texte biaisé, porteur d'économies massives et de suppressions de chaînes, qui menaceraient selon elle l'offre culturelle, sportive et démocratique du service public.

Delphine Ernotte et Charles Alloncle.

Crédit : AFP

Jérémy Descours & AFP

Je m'abonne à la newsletter « Politique »

La présidente de France Télévisions, Delphine Ernotte Cunci, a vivement critiqué, ce mardi 5 mai, le rapport parlementaire consacré à l'audiovisuel public, publié le même jour. Sur le réseau social X, elle dénonce un document "à charge", fondé selon elle sur "des insinuations, des approximations et des contre-vérités", et qui viserait en réalité un "affaiblissement historique" du service public.

Rédigé par le député Charles Alloncle dans le cadre d'une commission d'enquête, le rapport dresse un constat sévère du secteur, jugé en "crise" et déconnecté des "attentes des Français". Il préconise plus d'un milliard d'euros d'économies, notamment via une réduction drastique du périmètre de l'audiovisuel public.

Parmi les mesures avancées figurent la fusion de France 2 et France 5, celle de France Info et France 24, ou encore une baisse significative des budgets, notamment dans les jeux et le sport. Le rapport évoque également la suppression de certaines chaînes comme France 4.

"Supprimer des chaînes, ce n'est pas simplement réorganiser une grille"

Des propositions qui suscitent une vive opposition de la direction de France Télévisions. Delphine Ernotte Cunci fustige une démarche biaisée et politisée : "Pendant six mois, France Télévisions a répondu aux demandes et joué le jeu du contrôle parlementaire avec sérieux, transparence et respect des institutions. Nous avons accepté le débat et la contradiction. Mais tout ça pour en arriver là ? Pour en arriver à un rapport à charge, construit sur des insinuations, des approximations et des contre-vérités ? Pour en arriver à un texte qui prétend renforcer l'audiovisuel public en proposant son affaiblissement historique ?"

À lire aussi

La dirigeante alerte également sur les conséquences concrètes des mesures proposées. "Supprimer des chaînes, ce n'est pas simplement réorganiser une grille. C'est retirer du paysage audiovisuel français des milliers d'heures de programmes. La suppression de France 5 serait une perte immense pour le savoir, le décryptage, le documentaire, la connaissance et le débat. La suppression de France 4, une perte pour la jeunesse et l'accès à la culture pour tous", ajoute-t-elle.

Delphine Ernotte Cunci critique également une vision "élitiste", estimant que la réduction du divertissement éloignerait l'audiovisuel public des publics populaires. Elle met aussi en garde contre une diminution de l'offre sportive gratuite, qui "rendra payant l'accès au sport pour ceux qui n'ont pas les moyens".

"En réduisant le divertissement, il porte une vision élitiste, éloignée des familles, des publics les plus populaires et en coupant d'un tiers les compétitions sportives emblématiques de France Télévisions, il rendra payant l'accès au sport pour ceux qui n'ont pas les moyens de payer", poursuit la patronne de France TV. 

Le service public, "un pilier" de la démocratie

Plus largement, elle accuse le rapport de passer à côté des enjeux essentiels : "La désinformation, la concurrence des grandes plateformes internationales, la pérennité de la création française et européenne". Et tranche : "Ce que propose ce rapport, c'est le plus grand plan social de l'histoire culturelle française".

En réponse à Charles Alloncle, Delphine Ernotte Cunci assure que des évolutions restent possibles au sein du groupe public : "Cela ne signifie pas que rien ne doit changer". Mais elle rejette fermement toute logique de "démantèlement maquillé en rationalisation", plaidant pour un débat "avec des faits, du respect et une vision d'avenir".

"Un service public fort n'est pas un problème pour la démocratie française. Il en est l'un des piliers", conclut-elle.

La rédaction vous recommande

L’actualité par la rédaction de RTL dans votre boîte mail.

Grâce à votre compte RTL abonnez-vous à la newsletter RTL info pour suivre toute l'actualité au quotidien

S’abonner à la Newsletter RTL Info