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"Pourquoi la question ne se pose pas pour les autres entreprises profitables ?" : François Lenglet explique que les bénéfices records de TotalEnergies n'ont "rien de choquant"

Le bénéfice net trimestriel du groupe pétrogazier français s'élève à presque 5 milliards d'euros. Ce résultat très élevé et contesté était pourtant attendu, avec la position de choix de l'entreprise vis-à-vis de la crise en Iran.

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Crédit : Lou BENOIST / AFP

Les "superprofits" de TotalEnergies n'ont rien de choquant

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Les "superprofits" de TotalEnergies n'ont rien de choquant

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François Lenglet - édité par Ennio Aparicio-Szkudlarek

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Le bénéfice net trimestriel de TotalEnergies s'est affiché à 5,8 milliards de dollars (4,96 milliards d'euros). Ce chiffre, en hausse de 51% sur un an, a fait grincer des dents de nombreux politiciens. Certains accusent le géant pétrogazier français de profiter de la guerre au Moyen-Orient et de la hausse des prix du baril de pétrole. 

Ces résultats n’ont pourtant rien de choquant. Nous les avions anticipés le 1er avril dernier. Ils s’expliquent pour une raison simple : Total est présent sur toute la chaîne de production d'or noir, des puits de pétrole jusqu’à la station-service qui distribue des produits raffinés aptes à remplir nos réservoirs.

Pourtant, lorsque le cours du baril monte, les coûts de production n’augmentent pas pour autant. L’extraction n’est pas plus difficile. Il s'agit simplement d'un emballement du marché pétrolier, qui fait monter les prix par crainte de difficultés d’approvisionnement à venir. 

LVMH ou Hermès touchent beaucoup plus de bénéfices que Total

Avec des cours qui ne fluctuent pas et un prix de vente du baril qui augmente, les marges de l'entreprise sont plus importantes. Pour Total, qui produit 2,5 millions de barils par jour, le bénéfice atteint des sommets. 

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Ce profit record ne tombe certainement pas du ciel. Mais comme pour toutes les entreprises, il y a des moments où la conjoncture est favorable et d'autres beaucoup moins. Revenons aux statistiques : 5 milliards de profits pour 50 milliards de chiffre d’affaires signifie 10% de résultat pour Total. LVMH ou Hermès, en période de "vache grasse", touchent bien davantage. Leurs marges sont plus élevées, même si les activités ne sont pas les mêmes.

Ce qui choque est le sentiment que les Français alimentent ces bénéfices en achetant de l’essence, mais qu’ils n’en profitent pas. Dans ce cas, pourquoi la question se pose-t-elle seulement pour Total, et non les autres grandes entreprises françaises profitables ?

Les Français peuvent aussi investir au capital de Total pour faire baisser la part des concurrents étrangers et ainsi toucher des dividendes

François Lenglet

Il est vrai que notre pétrolier traite bien ses actionnaires, majoritairement américains, grâce à ces profits. Mais ces dividendes sont taxés en France et reviennent donc dans le budget de l'État. Ensuite, les Français peuvent aussi investir au capital de l’entreprise pour faire baisser la part des concurrents étrangers et ainsi toucher des dividendes. 

Il faut noter que le plafonnement du prix des carburants est une forme de redistribution pour le marché français. Cela justifie pourquoi Sébastien Lecornu a récemment appelé le groupe à prolonger cette mesure. La décision doit se prendre ce jeudi, et on voit mal notre pétrolier ne pas le faire.

Sur le plan fiscal, Total paye des impôts là où il fait des bénéfices, principalement dans les pays producteurs de pétrole. Ses activités sont déficitaires en France. L'entreprise ne paye donc pas d’impôt sur les bénéfices. Il n'y a pas de moyen de contourner cela. Ce sont des règles internationales, n'en déplaisent aux démagogues.

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