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"Que le pétrole coule à flot ! " : les prix des carburants vont-ils baisser rapidement après l'accord entre les États-Unis et l'Iran ?

L'annonce d'un accord entre Washington et Téhéran a fait chuter les cours du pétrole. Une détente qui pourrait se répercuter sur les prix à la pompe en France, mais pas avant plusieurs jours, voire plusieurs semaines.

Le prix des carburants (illustration)

Crédit : BENJAMIN CREMEL / AFP

Jérémy Descours

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Les automobilistes français vont-ils enfin souffler ? Après plusieurs semaines de flambée des prix à la pompe, l'annonce d'un accord entre les États-Unis et l'Iran a immédiatement provoqué une chute des cours du pétrole. Une bonne nouvelle pour les consommateurs, alors que les carburants avaient atteint début avril leurs niveaux les plus élevés depuis le début de la guerre au Moyen-Orient.

Avant même l'annonce de l'accord entre les États-Unis et l'Iran, les prix des carburants commençaient à montrer quelques signes d'accalmie. Le gazole, carburant le plus consommé par les Français, est ainsi repassé vendredi sous la barre symbolique des deux euros le litre, selon les chiffres de la Direction générale de l'énergie et du climat (DGEC). Son prix moyen a reculé à 1,995 euro le litre, contre 2,014 euros une semaine plus tôt, une première depuis début mars.

Selon les dernières données de Roole Data publiées ce lundi 15 juin, le SP98 s'affiche quant à lui à 2,056 euros le litre en moyenne en France, tandis que le SP95-E10 est vendu 1,960 euro. Des niveaux qui restent élevés au regard des tarifs observés avant le déclenchement du conflit.

L'espoir d'une nouvelle baisse est né dans la nuit de dimanche à lundi avec l'annonce d'un accord de paix entre Washington et Téhéran. "Que le pétrole coule à flots !", s'est réjoui Donald Trump sur son réseau Truth Social

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Dans la foulée, les marchés ont salué la nouvelle : le Brent de la mer du Nord a chuté de plus de 5% pour retomber autour de 83 dollars le baril, après avoir culminé à 119 dollars au plus fort des tensions.

Une baisse à la pompe, mais pas dès demain

Pour autant, les automobilistes ne doivent pas s'attendre à voir les prix s'effondrer dès cette semaine. Sur RTL, le spécialiste économie Martial You estime que les premiers effets pourraient être visibles "sous 15 jours", même s'il juge que cela pourrait aller "un peu plus vite" car "tout le monde se souvient que la hausse avait été quasiment immédiate".

Le journaliste rappelle toutefois qu'à 83 dollars le baril, le pétrole reste encore loin de ses niveaux d'avant-crise, lorsqu'il évoluait "entre 65 et 70 dollars le baril". Selon lui, si l'accord est effectivement signé ce vendredi 19 juin à Genève (Suisse) et que la situation se stabilise, l'inflation pourrait rapidement refluer.

Même prudence du côté de l'exécutif. Interrogé sur TF1, Emmanuel Macron a prévenu que l'impact sur les prix ne serait pas instantané. "C'est dans les semaines qui viennent qu'on aura un impact sur les cours", a expliqué le chef de l'État. Si la baisse est immédiate sur les marchés, "pour que les chaînes logistiques repartent, ça va prendre quelques semaines".

Le gouvernement met la pression sur les distributeurs

Malgré la prudence requise, la porte-parole du gouvernement, Maud Bregeon, a déjà adressé un message aux distributeurs et aux pétroliers.

"Les prix à la pompe devront refléter les baisses des cours du Brent", a-t-elle affirmé sur RTL ce lundi 15 juin. Et d'ajouter : "Les baisses devront être aussi rapides que les hausses l'ont été". 

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Le gouvernement conditionne toutefois cet optimisme à la mise en œuvre effective de l'accord et à la réouverture du détroit d'Ormuz, passage stratégique par lequel transite près d'un cinquième du commerce mondial d'hydrocarbures.

L'accord encore loin d'être totalement sécurisé

Malgré l'euphorie des marchés, plusieurs zones d'ombre subsistent encore. L'accord annoncé par Donald Trump n'est pour l'heure qu'un cadre général. Sa signature n'est prévue que vendredi et doit ouvrir une période de 60 jours de négociations sur les sujets les plus sensibles, notamment le programme nucléaire iranien et la levée des sanctions américaines.

La question du détroit d'Ormuz reste également floue. Washington assure vouloir une réouverture "sans péage", tandis que Téhéran évoque déjà des "frais de service maritime" pour les navires empruntant cette voie stratégique.

Surtout, le trafic maritime ne retrouvera pas immédiatement son niveau normal. Le déminage de la zone doit encore être organisé et plusieurs centaines de navires sont toujours bloqués ou en attente de passage.

En clair, la bonne nouvelle est réelle mais avant de retrouver des prix nettement plus bas à la pompe (1,595 euros le litre de gazole, 1,751 pour le SP98 et 1,595 pour le SP95-E10 en janvier 2026), les automobilistes devront encore patienter quelques semaines et espérer que la fragile paix annoncée entre Washington et Téhéran résiste à l'épreuve des négociations.

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