2 min de lecture Crise économique

Michelin : supprimer des postes pour gagner plus, au risque d'écorner son image

ÉDITO - Michelin, le fleuron français du pneu, veut supprimer jusqu’à 2.300 postes en France. L'entreprise est-elle une nouvelle victime de la crise ?

Anais Bouissou
Anaïs Bouissou édité par Camille Guesdon

Michelin veut supprimer jusqu'à 2.300 postes en France. La société de pneu française est-elle une nouvelle victime de la crise ? Le problème n’est pas la crise. Le groupe a limité la casse malgré l’arrêt des productions au printemps. Avec cette opération, le groupe veut plutôt soigner sa compétitivité : gagner plus et produire plus à moindre coût.    

C'est une annonce surprenante pour commencer l'année car elle intervient au moment où le taux de chômage commence à augmenter, où la situation économique et sanitaire donne des sueurs froides. Sur RTL, Laurent Berger, le numéro 1 de la CFDT a déclaré que "non, ce n’est vraiment pas le bon moment".   

Pourtant, l’annonce était déjà prévue, mais la crise l’a en réalité retardée. Les dirigeants ont attendu. Au printemps dernier ils annonçaient plutôt qu’ils baissaient leur salaire en soutien aux salariés. Et que Michelin ne prendrait pas d’aides de l’état. 

Un groupe rentable qui supprime des emplois

Cela pose une question au-delà de l’économie pure. Est-ce acceptable de vouloir faire plus de profits dans la période ? Est-ce que Michelin peut se permettre d’écorner son image ? Quitte à être catalogué du côté des profiteurs de la crise, c'est un risque que prend le groupe.   

À lire aussi
aéroports de Paris
Coronavirus : ADP propose de baisser les salaires pour éviter les licenciements

Il y a quelques semaines, c'est ce même risque qu'a pris un autre géant français, le patron du groupe Danone en supprimant plusieurs centaines de postes en France. Dans les deux cas, cela a suscité "surprise" et "colère" chez les salariés.   

Michelin profite-t-il vraiment de la crise ?

La société française ne profite pas de la crise, au-delà du moment très mal choisi. Il faut dire quand même que le groupe fait face à la concurrence depuis des années. Des pneus du monde entier, produits en masse et à coûts réduits. Donc il aurait fallu de toute façon se restructurer. Cela reste une question de survie à l’échelle de 10 ans.   

Par ailleurs, les dirigeants donnent des gages sur l’emploi. Il n'y a pas de licenciement sec prévu, pas de départs volontaires, et aucune fermeture de site dans l’immédiat. A terme, Michelin s’engage même à recréer autant de postes qu’il en aura supprimés.   

Cela rend l’annonce un peu moins abrupte, mais ça pose quand même une question ce matin : les grands groupes ne doivent-ils pas être responsables dans la crise ? Au-delà de leur propre business ? Si, car à Bercy, comme au ministère du travail, les rendez-vous sont quotidiens pour trouver des plans B aux licenciements. Gouvernement, représentants du patronat au Medef et syndicats, tous le disent à leur manière : l’économie et le social doivent fonctionner ensemble, et l’exemplarité est un devoir.    

Le plus

Les professionnels de l’hôtel-restauration espèrent des aides supplémentaires pour tenir. Un fond de solidarité jusqu’à 3 millions d’euros par an. Aujourd’hui c’est 200.000 euros maximum. Le gouvernement est attendu sur ce sujet.  

La note

Zéro pointé aux organisateurs d’une vente aux enchères d’objets Nazis à Soissons.  
Oui la bêtise est parfois sans limite. Vendre des croix gammées et des bustes d’Hitler aux enchères, c’est indécent. La vente vient d’être annulée. 

La rédaction vous recommande
Lire la suite
Crise économique France Michelin
Commentaires

Afin d'assurer la sécurité et la qualité de ce site, nous vous demandons de vous identifier pour laisser vos commentaires. Cette inscription sera valable sur le site RTL.fr.

Connectez-vous Inscrivez-vous

500 caractères restants

fermer
Signaler un abus
Signaler le commentaire suivant comme abusif
500 caractères restants