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Danone va supprimer 2.000 postes administratifs, dont "400 à 500" en France

Fragilisée par la crise sanitaire, Danone a annoncé la suppression de 2.000 postes administratifs, dont "400 à 500" en France.

Thomas Sotto RTL Soir Thomas Sotto iTunes RSS
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Danone va supprimer 2.000 postes administratifs, dont "400 à 500" en France Crédit Image : DENIS CHARLET / AFP | Crédit Média : Arnaud Tousch | Durée : | Date : La page de l'émission
Florise Vaubien
Florise Vaubien et AFP

1 milliard d’économies d’ici 2023 : Danone entend bien réduire considérablement ses dépenses et repartir sur "le chemin de la croissance", a indiqué son PDG. Frappée par la crise liée à l'épidémie de coronavirus, la firme a décidé de supprimer jusqu’à 2.000 postes dans ses sièges en France et à l'étranger. Objectif : "simplifier" l’organisation de l’entreprise, renouer avec la croissance et améliorer la rentabilité. Le syndicat FGTA-FO dénonce de son côté une stratégie de relance qui aurait pu être évitée.

Emmanuel Faber, a indiqué, lundi 23 novembre, que ces suppressions concerneront entre "400 à 500 personnes" en France, "essentiellement des directeurs et des managers". Le géant agroalimentaire français qui compte 100.000 salariés appliquera ces baisses d'effectifs pour "toutes les structures d'équipes communes qui sont au-dessus des pays", comme les "sièges à Amsterdam, à Singapour et à Paris", a-t-il ajouté. 

"Redonner du pouvoir à l'échelon local"

La direction a par ailleurs dit envisager un "rapprochement" du siège mondial, situé à Paris, de celui dédié aux activités françaises, à Rueil-Malmaison, en région parisienne. Ce plan, nommé "Local First", vise à "redonner du pouvoir à l'échelon local" dans la cinquantaine de pays dans lesquels la société agroalimentaire opère.

"Nous avons hérité comme toutes les grandes entreprises de pyramides qui ont été construites au XXe siècle et qui ne peuvent pas aujourd'hui, à mon avis, gérer la complexité et l'agilité requises par le monde tel que nous le vivons", a souligné M. Faber, estimant que Danone "produit local" mais que l’entreprise "gère encore trop global"

Placer Danone "sur le chemin de la croissance"

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L’objectif est de réduire les "frais généraux et d'administration" de "700 millions d'euros", ce qui représente "environ 20% des coûts de structure de l'entreprise", explique-t-on dans un communiqué. La firme mise également sur de "nouvelles sources de productivité industrielle", une stratégie pour baisser les frais de "300 millions d'euros".

Emmanuel Faber a par ailleurs précisé que Danone souhaite "accélérer la digitalisation" et la robotisation des usines, en passant d'une "demi-douzaine d'usines fortement digitalisées" aujourd'hui, à 40 en 2023. De plus, il est prévu de mettre en place un plan de mobilité et de formation pour les salariés dont les tâches seront automatisées. Ce plan entend "remettre Danone sur le chemin de la croissance rentable qui était celui qu'elle a toujours connu", a fait valoir le PDG.

Des suppressions qui auraient pu être évitées ?

De vaines tentatives, estime de son côté Denis Enfert, coordonnateur CGT pour le groupe. Danone "s'est lancé dans une course à la rentabilité avec Coca et Nestlé, qu'il n'arrivera jamais à suivre", expique-t-il, déplorant une "fuite en avant". 

D’après la fédération spécialisée dans l'agroalimentaire Fnaf-CGT, la stratégie de Danone est axée "sur les produits à haute valeur ajoutée" - "produire moins et plus cher". Une stratégie "au détriment des volumes, des emplois, du potentiel industriel et des populations", dénonce l’institution. 

L’entreprise s'est fait également critiquée pour avoir versé 1,5 milliard d'euros de dividendes en avril. "Si les actionnaires avaient renoncé à une partie de leurs dividendes, ce plan n'existerait pas et aucun poste ne serait supprimé", juge le syndicat FGTA-FO.

Une baisse de 5,4% du chiffre d’affaires

La direction de Danone justifie son plan drastique pour réduire ses coûts notamment par la crise du Covid-19, après les chiffres décevants de l’année 2020. Sur les neuf premiers mois, le chiffre d'affaires a baissé de 5,4%, à 18 milliards d'euros. 

Les fermetures successives des bars et restaurants en raison des mesures sanitaires ont provoqué une chute des ventes d'eaux en bouteille (-20,5%) du groupe, à la tête des marques Evian, Volvic et Salvetat. 

Quant à l'action de Danone, autour de 75 euros il y a un an, elle a plongé depuis le début de l’épidémie de coronavirus : celle-ci a chuté jusqu'à 46 euros fin octobre, avant de se redresser. 

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