2 min de lecture Coronavirus France

Lits de réanimation : des petites économies qui finissent par coûter très cher

ÉDITO - Grâce à la Cour des comptes, on peut s'intéresser aux lits de réanimation en France, goulot d’étranglement du système hospitalier pendant cette crise sanitaire.

Francois Lenglet ok Lenglet-Co François Lenglet iTunes RSS
>
Lits de réanimation : des petites économies qui finissent par coûter très cher Crédit Image : Remko DE WAAL / ANP / AFP | Crédit Média : RTL | Date :
La page de l'émission
LENGLET 245300
François Lenglet édité par Sarah Belien

Il y avait, avant la crise, 19.580 lits dits de soins critiques, dont 5.433 dédiés à la réanimation, nous dit la Cour des Comptes. Ces lits comptent pour 20% des journées d’hospitalisation complètes et nécessitent 54.000 professionnels médicaux et paramédicaux pour fonctionner. Tout cela pour un montant d'un peu plus de 7 milliards d’euros, dont la moitié pour la réanimation.
 
Est-on moins bien équipé que nos voisins outre-Rhin ? D'après les comparaisons internationales, l’OCDE pointe un écart de un à trois. Mais elle contient plusieurs biais. Car l’Allemagne prend en compte tous ses lits critiques, y compris ceux qui sont destinés aux enfants, alors que nous ne prenons en compte que ceux des adultes et seulement la réanimation. Corrigé de tout cela, il y a quand même une différence : 124 lits pour 100.000 habitants de plus de 60 ans en Allemagne, contre 116 chez nous. Le système était donc mal préparé à affronter la crise.

Le paradoxe, c’est qu’au contraire du nombre de lits d’hospitalisation classique, qui a baissé entre 2013 et 2019, le nombre de lits de réanimation a progressé sur cette période de 7%. Mais le problème, c'est que cette progression a été très inférieure à celle du nombre de personnes âgées, qui constituent les deux tiers des malades qui utilisent ces équipements. Un constat assorti d’un avertissement : dans les vingt ans qui viennent, le nombre de plus de 60 ans va progresser de 5 millions.

Un lit de réa génère un déficit de 115.000 euros par an

Pour ne pas manquer de lits à l'avenir, il faudrait commencer par réduire les disparités régionales, qui sont très importantes, et apaiser les tensions sur les ressources humaines, qui constituent à elles seules un obstacle à la capacité de soigner. Les postes affectés à la réa connaissent un turn-over très important, parce qu’ils sont très exigeants et stressants, un patient sur cinq décède en réanimation.

Ajouté à cela, le mode de financement de l’hôpital, ce qu’on appelle la tarification à l’acte, a indirectement poussé les établissements à limiter ces équipements, très coûteux. L’ouverture d’un lit de réa génère en effet un déficit estimé par la Cour à 115.000 euros par an… Faute de tout cela, la France risque de retrouver dans une situation de pénurie structurelle, même après l’épidémie.

Les chirurgies majeures ont chuté de 50%

À lire aussi
patient
Calvados : le CHU de Caen condamné à verser 575.526 euros à un patient

Ces coûts voudraient dire que dans quelques années, nous pourrions être contraints de faire des choix, comme pendant l’épidémie. En avril 2020, lorsque le système de soins était surchargé par la première vague, et cela malgré le doublement du nombre de lits, les chirurgies majeures hors Covid ont chuté de 50%, tout comme les passages aux urgences.

Et ce qui est singulier, c’est qu’il n’y a eu aucun effet de rattrapage après. Soit que ces actes manquants n’étaient finalement pas si nécessaires, soit qu’ils correspondent à de vraies pathologies dont les conséquences, potentiellement considérables, nous dit la Cour, se révèleront au fil des ans. 

La rédaction vous recommande
Lire la suite
Coronavirus France Cour des comptes Économie
Commentaires

Afin d'assurer la sécurité et la qualité de ce site, nous vous demandons de vous identifier pour laisser vos commentaires. Cette inscription sera valable sur le site RTL.fr.

Connectez-vous Inscrivez-vous

500 caractères restants

fermer
Signaler un abus
Signaler le commentaire suivant comme abusif
500 caractères restants