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Danone : pourquoi l'entreprise a-t-elle évincé son PDG Emmanuel Faber ?

ÉDITO - Danone a annoncé lundi 15 mars qu'elle remplaçait son PDG Emmanuel Faber par Gilles Schnepp. Quelles sont les raisons de cette éviction ?

Emmanuel Faber, le PSG de Danone
Emmanuel Faber, le PSG de Danone
Crédit : AFP
Danone : pourquoi l'entreprise a-t-elle évincé son PDG Emmanuel Faber ?
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François Lenglet - édité par Marie Zafimehy

Un patron de Danone viré en une soirée, incroyable ! C’est un événement très rare dans la vie des grandes entreprises du CAC-40. En réalité, le patron a aussi des patrons, ce sont les actionnaires, les propriétaires de l’entreprise. Et, les représentants de ces propriétaires, ce sont les membres du conseil d’administration. Ce sont eux qui ont cette nuit révoqué Emmanuel Faber, qui dirigeait l’entreprise depuis 2014.

Il a été remplacé par Gilles Schnepp, lequel a désormais la charge de trouver aussi un nouveau directeur général. C’est donc toute la tête de ce géant du yaourt et de l’eau minérale qui se trouve renouvelée, au terme d’un long conseil d’administration.
 
Pourquoi vire t-on un patron ? Plusieurs raisons se sont conjuguées. En surface, c’est la révolte de deux petits actionnaires, des fonds dits activistes, qui estiment que la performance de Danone n’est pas suffisante. Autrement dit que l’entreprise avait beaucoup plus souffert de la crise Covid, au plan de la rentabilité, que ses concurrents comme le suisse Nestlé, ou l’anglo-néerlandais Unilever. Ce qui a eu pour conséquence de faire chuter le cours de l’action Danone. Or, pour un actionnaire, comme son nom l’indique, la valeur de l’action est essentielle. Surtout pour ces fonds, qui investissent de l’argent et veulent en avoir le retour.

Une bataille secrète et dangereuse

Il y avait une autre bataille, moins publique, plus secrète et plus dangereuse pour Emmanuel Faber, qui l’opposait à une partie de son Conseil et des cadres. À cause d’un management jugé brutal et assez solitaire. Un conflit qui atteignait des proportions inquiétantes depuis l’automne. À deux reprises, le patron contesté a réussi à retourner le conseil d’administration en changeant l’organisation, la dernière fois il y a seulement 15 jours, où il semblait avoir emporté la partie, en donnant des gages sans réellement partager le pouvoir. Cette dernière victoire a déchainé ses opposants. Le rôle de Franck Riboud, ancien dirigeant de Danone et président d’honneur du Conseil, a ici été déterminant.
 
Emmanuel Faber est réputé pour son engagement environnemental et social, mais je ne pense pas que c'est ce qu’il a payé face à des actionnaires "avides". La plupart des investisseurs aujourd’hui sont pour le respect de ces nouvelles normes dites sociétales. Et ce n’est pas par philanthropie, ils y ont intérêt pour la valeur de leur investissement sur le long terme. Défendre la valeur d’une marque comme Evian, qui appartient à Danone, cela impose d’être irréprochable sur le plan de la protection de la nature. De ce point de vue, respect de l’environnement et rentabilité ne sont pas contradictoires, ils vont de pair.
 
Dans les grandes entreprises, il y a des contre-pouvoirs. Il y a les administrateurs, l’ancien patron, qui jouit souvent d’un statut spécial - c’est le parrain - les gros actionnaires, la famille des fondateurs, les salariés, les clients, les fournisseurs, l’état major opérationnel… Et chaque entreprise possède son propre échiquier. Un patron va toujours chercher à placer ses alliés ou ses fidèles sur le damier, pour se protéger. Mais il n’y parvient pas toujours. 

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