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Les hausses de salaire générales, c'est terminé : pourquoi les employeurs vont désormais privilégier les augmentations au cas par cas

Hausse des salaires, retour de l’inflation, prudence des entreprises : selon une étude publiée ce mardi 4 août, les employeurs français maintiennent des augmentations autour de 3% en 2026, mais privilégient désormais les hausses ciblées plutôt que les revalorisations collectives.

Une fiche de paie

Crédit : BAZIZ CHIBANE/SIPA

Les hausses de salaire générales, c'est terminé : pourquoi les employeurs vont privilégier les augmentations au cas par cas cette année

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Pierre Herbulot - édité par Alexian Giron

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Le cabinet spécialisé en ressources humaines WTW a publié son étude sur les hausses salariales à prévoir pour l'année à venir ce mardi 4 août. Un sondage réalisé auprès de 800 entreprises françaises. Quel est le bilan ? 

Votre salaire devrait augmenter de 3% d'ici à la fin de l'année. C'est ce que les entreprises interrogées sont prêtes à consentir. Une enveloppe stable et quasiment homogène, tout secteur confondu. La hausse était d'ailleurs la même en 2025, selon les calculs du cabinet WTW. 

Mais ce geste de votre employeur n'aura sûrement pas la même saveur que l'an dernier, car la situation économique a changé. En effet, la guerre au Moyen-Orient a signé le retour de l'inflation. Les prix à la pompe dépassent régulièrement les deux euros le litre et la hausse des prix devrait atteindre 2,5% sur l'ensemble de l'année 2026.

Les patrons sont plus frileux

Cette conjoncture incertaine change la politique salariale des entreprises. Les employeurs ont changé de logiciel. Ils sont passés d'une augmentation collective à des gestes individualisés. 

Il y a quelques années encore, les entreprises accordaient des hausses de salaire aux employés et tout le monde y avait droit. L'enjeu était de permettre aux salariés de faire face à l'inflation, qui avait dépassé les 5% en 2022 après le début de la guerre en Ukraine. La majorité des branches professionnelles avait alors anticipé les augmentations salariales dès le premier trimestre. 

Mais désormais, les patrons sont bien plus frileux. La conjoncture les a grandement refroidis. La crise au Moyen-Orient ou encore les tensions commerciales avec les États-Unis ne permettront pas au gouvernement français d'aller plus loin sur les allègements de charges, une demande de longue date du patronat. Il y a également le contexte électoral avec l'élection présidentielle qui ajoute de l'incertitude. 

Tout cela rend les résultats financiers des grands groupes plus fragiles. L'heure est à la prudence, puisqu'on veut maîtriser les budgets. 97% des entreprises se limitent désormais à des augmentations salariales ciblées pour les employés promus ou les plus performants.

Une exception : une enveloppe pour corriger les écarts salariaux non justifiés

Les syndicats montent au créneau. Ils ont déjà demandé de rouvrir des négociations salariales anticipées au printemps face à la flambée des prix à la pompe. Leur message aux patrons : à moins d'être au bord de la faillite, vous devez augmenter les salaires, immédiatement. Mais dans les faits, rien n'oblige les employeurs à des augmentations collectives à hauteur de l'inflation.

Cette logique d'augmentation individuelle comporte toutefois une exception. Un quart des entreprises prévoit un budget spécifique pour corriger les écarts de rémunération non justifiés entre les hommes et les femmes. La raison ? Une directive européenne sur la transparence salariale. Les employés pourront par exemple avoir accès à la moyenne des rémunérations dans leur catégorie de poste. L'enjeu est de rentrer dans les clous pour les entreprises, car le texte doit être appliqué en France à la fin de l'année.

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