2 min de lecture Crise économique

"Les générations de crise trainent ce boulet toute leur vie", dit François Lenglet

ÉDITO - Le fait de ne pas être occupé et socialisé fait des dégâts, en particulier pour les jeunes qui ne sont pas entrés sur le marché du travail.

Francois Lenglet ok Lenglet-Co François Lenglet iTunes RSS
>
Crise économique : l'inactivité, principal problème chez les jeunes Crédit Média : RTL | Durée : | Date :
La page de l'émission
LENGLET 245300
François Lenglet édité par Louis Chahuneau

L’inactivité serait le mal principal de la crise covid et du confinement, plus encore que le chômage. C’est ce que nous dit en effet le syndicaliste Guy Ryder, actuel patron de l’organisation internationale du travail, l’OIT, dans une interview au Figaro

Bien sûr, chômage et inactivité sont liés, mais c’est le fait de ne pas être occupé et socialisé qui fait des dégâts, en particulier pour les jeunes qui ne sont pas entrés sur le marché du travail, parce que cela les marginalise. Au plan statistique, l’inactivité, c’est se retirer du marché du travail, au risque de décrocher, de perdre la capacité, et même le désir de travailler. Même pour ceux qui parviendront à s’intégrer cela ne sera pas simple. 

Toutes les études sociologiques montrent qu’un salarié paye toute sa vie une entrée difficile ou retardée sur le marché du travail. Et qu’il la paye encore pendant sa retraite, qui est un décalqué de la carrière, au plan financier. Les générations de crise trainent donc ce boulet tout au long de leur vie.

Étendre le RSA ?

C’est pour cela que bon nombre de politiques demandent d’augmenter les aides pour les jeunes. Mais tout dépend quelle aide. C’est justement parce que l’inactivité fait des ravages psychologiques sur les jeunes qu’on peut avoir des doutes sur les effets de long terme d’un éventuel RSA jeune. 

À lire aussi
Chômage
Réforme de l’assurance chômage : ce qui va changer au 1er juillet

Aujourd’hui, cette allocation, au demeurant modeste, est réservée aux plus de 25 ans, sauf cas très spécifiques, les jeunes parents par exemple. Certains voudraient en étendre le bénéfice aux 18-25 ans, à l’occasion de la crise, pour en atténuer les effets économiques sur les jeunes, qui sont en effet plus victimes que les autres sur le marché de l’emploi. Jusqu’ici, le gouvernement refuse, à raison. Il a mis en place son plan "un jeune, une solution", qui ambitionne de proposer soit un emploi aidé, soit une formation. C’est beaucoup plus difficile que de donner une aide financière, mais beaucoup plus utile.

Perte de 8,3% de revenu en moyenne par ménage

L’OIT a également évalués les dégâts qu’a faits la crise sanitaire sur l’emploi mondial. Chiffres incroyables en effet que ceux donnés par l’organisation de Genève : en 2020, 8,8% des heures de travail dans le monde ont été perdues, par rapport à 2019. Cela représente 255 millions d’emplois à temps plein sur la planète, qui ont disparu. Mais avec une dynamique positive, puisqu’au quatrième trimestre de 2020, les chiffres étaient deux fois inférieurs. Tout cela s’est traduit par une forte baisse de la population active mondiale, sans précédent, de 2,2% points, pur s’établir à 58,7%.
 
Selon l’OIT, en moyenne, les pertes de revenu pour les ménages ont été de 8,3%, ce qui représente 3.300 milliards d’euros. Mais c’est dans les Amériques que ces pertes ont été les plus élevées, alors qu’en Asie, elles ont été moins marquées. Et, sur toute la planète, les pertes d’emplois et de revenu ont été plus fortes chez les femmes et les jeunes. En grande partie parce que ces deux catégories sont surreprésentées dans le secteur informel, non déclaré, qui n’a bénéficié évidemment d’aucunes aides. 

La rédaction vous recommande
Lire la suite
Crise économique Coronavirus Chômage
Commentaires

Afin d'assurer la sécurité et la qualité de ce site, nous vous demandons de vous identifier pour laisser vos commentaires. Cette inscription sera valable sur le site RTL.fr.

Connectez-vous Inscrivez-vous

500 caractères restants

fermer
Signaler un abus
Signaler le commentaire suivant comme abusif
500 caractères restants