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"Les Français hésitent..." : comment le conflit au Moyen-Orient perturbe les congés d'été

Le conflit au Moyen-Orient et la hausse des coûts pèsent sur les vacances d’été. Face à l’incertitude et au budget serré, les Français privilégient des destinations proches, comme en Europe du Sud.

Un avion de la compagnie Qatar Airways (Illustration).

Crédit : PASCAL PAVANI / AFP

Juliette Vignaud & AFP

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Trop cher et trop incertain, les déplacements à l'autre bout du monde vont être moins prisés cet été pour les Français, qui vont privilégier la proximité. Un changement de plan qui s'explique par l'inflation et l'incertitude liées à la guerre au Moyen-Orient.

 "On a constaté depuis le début du conflit, le 28 février, une modification des destinations priorisées par les Français qui vont partir à l'étranger. Il semblerait qu'ils vont voyager moins loin", note Patrice Caradec, président du Seto, syndicat des entreprises du tour operating, interrogé par RTL.fr.

Selon le professionnel, l'Europe du Sud - Espagne, Italie et Maroc - tirent leur épingle du jeu pour les congés estivaux, au détriment des destinations plus lointaines. "Les Français hésitent à aller dans l'océan Indien et en Asie du Sud Est, pourtant très prisée." 

"Les longs courriers asiatiques auront des difficultés à tirer leur épingle du jeu. La Tunisie, elle, retrouve des couleurs, car elle est très accessible au niveau des capacités aériennes, hôtelières et des prix", souligne-t-il. 

"Net ralentissement des départs"

Selon une étude de l'Alliance France Tourisme, révélée ce mardi 28 avril, les congés estivaux s'annoncent en effet sous le signe de la sobriété et de la proximité. "L'été 2026 confirme un net ralentissement des départs", estime ce groupe de réflexion qui réunit des grandes entreprises du secteur du tourisme comme Accor, Air France ou encore la Compagnie des Alpes. 

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Un sondage Ifop réalisé en mars 2026 révèle que 68% des personnes interrogées prévoient de partir au moins une semaine, soit une baisse de neuf points par rapport à 2025. Et seuls 37% se déclarent certains de partir, contre 50% l'an dernier, "traduisant une montée de l'incertitude".

Pour l'Alliance France Tourisme, l'incertitude est nourrie par les tensions internationales qui "influencent les choix de destination et renforcent les comportements de prudence" et "la hausse des coûts, en particulier ceux des transports, sous l'effet du renchérissement des carburants". 

Réduction du budget

Si le contexte géopolitique influence désormais le choix de destination des Français, le budget reste en effet le premier arbitre des départs. L’inflation influence l’envie de voyager de 78% des Français, en hausse de quatre points, note Ipsos, à l'occasion du baromètre des vacances d'Europ Assistance révélé aussi ce mardi 28 avril. Parmi ceux qui ne partiront pas cet été, 43% citent le budget comme principal frein.

"Les Français vont partir moins loin et sans doute moins longtemps pour des raisons budgétaires, avec environ une nuit en moins dans une volonté de maîtriser son budget vacances", souligne Patrice Caradec. "La contrainte budgétaire se renforce nettement en 2026", confirme Alliance France Tourisme, avec un budget moyen qui s'établit à 1.530 euros, en baisse d'environ 150 euros en un an. 

Plus de la moitié des Français prévoient ainsi de réduire leur budget vacances, en agissant d'abord sur la durée ou la fréquence des séjours (61%), les dépenses sur place (60%) et la recherche d'offres moins coûteuses (47%). Quelque 86% des Français déclarent puiser dans leur épargne pour financer leurs vacances. 

Une tendance déjà observée à Pâques, où les Français se sont serrés la ceinture pour maintenir leurs vacances face à l'envolée des prix du carburant due à la guerre. Le conflit a entraîné une hausse de l'inflation dans la zone euro où elle a été révisée en hausse en mars, à 2,6% sur un an contre 2,5% initialement annoncé, atteignant ainsi son plus haut niveau depuis juillet 2024.  

L'Espagne, destination étrangère préférée des Français

Dans ce contexte, les Français vont choisir des destinations accessibles et perçues comme sûres : 71% vont rester dans l'Hexagone (+3 points par rapport à 2025), contre 23% l'Europe et seulement 9% des destinations lointaines, note l'Ifop. 

D'après Ipsos, parmi les Français ayant déjà choisi leur destination, 68% d’entre eux passeront au moins une partie de leurs vacances dans l’Hexagone (+1 point), dont 51% exclusivement en France, une progression spectaculaire de +15 points. À l’inverse, les séjours à l’étranger reculent nettement. Cet été, près d’un Français sur deux (49%) passera une partie de ses vacances hors de France, soit une baisse de 15 points, tandis que 32% seulement voyageront exclusivement à l’étranger (-1 point). 

"Il n'y a pas de report sur la destination France" au sein du Seto, nuance Patrice Caradec. Selon Linda Lainé, rédactrice en cheffe de l'Écho touristique, les réservations en agence de voyage en France métropolitaine sont en chute de 9%. "La France pâtit de l'attentisme général qui rattrape le marché du tourisme et du voyage", assure la journaliste, invitée de RTL Matin le 23 avril dernier.

L'Espagne, première destination étrangère des Français avec environ 12 millions de voyageurs chaque année, représente, selon elle, la "destination-refuge" de l'été 2026, avec une progression de 6% selon les réservations arrêtées le 21 avril en agence de voyage. "En numéro 2, toujours des ventes des agences de voyage, c'est la Grèce, qui décroche de 6%. C'est une victime collatérale du conflit", souligne Linda Lainé. Et de résumer : "La guerre bouscule la carte des vacances des Français."

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