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Une pompe à essence (illustration)
Crédit : AFP / Philippe Huguen
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Face à la flambée des prix des carburants, Sébastien Lecornu, a annoncé envisager de nouvelles aides ciblées à destination "des Français qui ne peuvent pas faire autrement que de rouler". Le Premier ministre attend les propositions de ses ministres en début de semaine prochaine. Les prix exorbitants enregistrés à la pompe ces dernières semaines ont des conséquences directes alors que le week-end de Pâques approche.
Alain a confié sur RTL qu'il doit renoncer aux fêtes de Pâques en famille. Ce sexagénaire des Landes a appelé notre antenne le cœur brisé : lui et sa femme, Marie, ont décidé d'annuler leur week-end en Bourgogne. Cette année, ils ne verront pas leurs cinq enfants, neuf petits-enfants et deux arrière-petits-enfants chasser les œufs en chocolat dans le jardin.
"On a renoncé à y aller parce que pour nous financièrement ce n'est pas tenable", concède-t-il. Les deux sexagénaires, tous les deux rémunérés au SMIC, vivent dans les Landes, à plus de 700 kilomètres de leurs enfants et petits-enfants en Bourgogne. Et entre le prix du carburant et du péage, impossible pour Alain et sa femme de prendre la voiture.
Alain explique qu'il "faut compter entre 500 et 600 euros". "On fait même très attention au reste, pour faire quelques économies, mais malheureusement, ça ne suffira pas pour nous permettre d'aller voir nos petits-enfants et nos enfants cette année... "On est fatigué, on est fatigué. Les petits plaisirs de la vie quotidienne, on ne peut même plus se les offrir".
Le cas d'Alain et Marie est loin d'être isolé : alors que commencent les vacances de printemps dans certaines zones, on observe une tendance concrète à la réduction des trajets face à la flambée des prix du carburant. Corinne Jolly, présidente de Particulier à Particulier (PAP) qui a mené l'enquête, observe pour RTL ce vendredi 3 avril "une baisse des réservations de 2%, alors que sur toutes les dernières vacances, on était sur une tendance en hausse".
Vacances de printemps : Corinne Jolly, présidente de PAP, est l'invitée de Jérôme Florin
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"On voit que les destinations sont impactées, car les destinations les plus proches, notamment de la partie nord de la France (la Normandie et la Bretagne), sont en progression de 10 à 15%. Et à l'inverse, le littoral méditerranéen est en baisse, parce que quand on est au nord de la France, c'est plus difficile d'accès".
Si les Français "ne sacrifient pas leurs vacances", ils cherchent à "optimiser" la plupart des postes de dépenses : le transport, l'hébergement, les activités sur place. Les petites astuces se multiplient pour pouvoir partir, mais dans un budget plus modéré.
Certains Français ont choisi le laisser leur voiture au garage et partir en bus. Une solution plus économe même si elle peut s'avérer contraignante. "De base, je devais partir en voiture, confie un vacancier lyonnais en partance pour Marseille sur RTL. On a quand même une flexibilité beaucoup plus intéressante quand on est avec notre propre voiture. Mais là, assez récemment, depuis que le gasoil a encore atteint les sommets, on a laissé tomber la voiture, on va plutôt prendre le bus."
Son billet pour Marseille lui coûte 40 euros, deux fois moins que s'il avait utilisé sa voiture. Comme lui beaucoup cherchent des alternatives face à la hausse du prix des carburants.
Elina, elle, a choisi le covoiturage. Pour un trajet Bordeaux-Rennes, la conductrice a décidé de partager sa voiture pour limiter les frais.
"Un plein me coûte 51 euros avec les nouveaux tarifs, explique-t-elle sur RTL. Donc cela me coûte 51 euros à l'aller, 51 euros au retour, plus les péages. Ça fait des coûts assez élevés pour un aller-retour, pour aller voir les parents juste pour le week-end."
Grâce au covoiturage, les frais d'essence d'Elina sont couverts. Elle n'aura que les péages à payer. Une option de partage du trajet très plébiscitée ces dernières semaines.
Depuis début mars et la fermeture du détroit d'Ormuz, BlaBlaCar constate un pic d'utilisateurs. "On a eu, dès la semaine du 9 mars, plus de 50% d'inscriptions, révèle la porte-parole de la plateforme de covoiturage à RTL. La semaine du 23 mars, c'était deux fois plus d'inscrits que d'habitude. Donc en fait, depuis le début de la crise, c'est 50.000 nouveaux membres qui nous ont rejoints, dont 30.000 de conducteurs sur la vacances."
Selon BlaBlaCar, ces chiffres devraient encore augmenter avec les vacances, une période où près de 8 Français sur 10 choisissent la voiture pour se déplacer.
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