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Le groupe Danone va-t-il continuer à produire de l'eau minérale ?

ÉDITO - Alors que le nouveau patron de Danone, Antoine de Saint-Affrique, vient d'arriver, la question de l'eau minérale est au centre des préoccupations stratégiques du groupe.

L'entreprise Danone (illustration).
L'entreprise Danone (illustration).
Crédit : DENIS CHARLET / AFP
Le groupe Danone va-t-il continuer à produire de l'eau minérale ?
03:20
Le groupe Danone va-t-il continuer à produire de l'eau minérale ?
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François Lenglet - édité par Mélanie Costa

Faut-il se débarrasser de la division eau minérale ? C'est l'une des questions stratégiques que va devoir se poser le nouveau patron, arrivé mercredi 15 septembre chez Danone, Antoine de Saint-Affrique, après la révocation de son prédécesseur au printemps dernier. Danone, qui possède notamment Evian et Volvic, a besoin d'être remis sur pied.

L'eau minérale pèse, en effet, 18% des quelque 25 milliards de chiffre d’affaires de l'entreprise, aux côtés des produits laitiers et de la nourriture pour enfants. Et une conviction monte chez les investisseurs internationaux : le secteur de l’eau en bouteille, c’est l’industrie du tabac de demain.

Si l’industrie du tabac est très nocive pour la santé, ce qui n’est pas le cas de l’eau minérale, les bouteilles transparentes inspirent de plus en plus de méfiance, à cause des dommages environnementaux qu’elles causent. Or, la plupart des grands financiers, les fonds de pension par exemple, les gestionnaires d’épargne, cherchent désormais à respecter les critères de l’ ISR, l'"investissement socialement responsable". Ils veillent donc à mettre l’argent qu’on leur confie dans des entreprises qui respectent l’environnement, et qui ne sont pas susceptibles d’être mises en cause par les mouvements écologistes. Du coup, ils se méfient de l’eau claire. C’est mauvais pour le cours de l’action des entreprises concernées, donc pour leurs possibilités de financement et pour leur développement.

Des dégâts environnementaux

Les bouteilles elles-mêmes, faites de plastique, engendrent par ailleurs des dégâts environnementaux. L’université américaine de Harvard a ainsi calculé que pour fabriquer les bouteilles destinées au seul marché américain, toutes marques confondues, dix-sept millions de barils de pétrole étaient nécessaires, et que 86% de ces emballages finissaient en déchets, car non trié. Un chiffre encore plus mauvais en Île-de-France.

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C’est également sans compter la dépense carbone du transport de l’eau en bouteilles, car l’eau d'une source en particulier n’est évidemment pas délocalisable. Autrement dit, une bouteille d’Evian achetée à Singapour a forcément parcouru 10.000 kilomètres en avion ou en bateau. Est-ce bien raisonnable, alors qu’une eau locale est probablement accessible, quand ça n’est pas tout simplement celle du robinet, qui peut être d’excellente qualité ? Ajoutons enfin le reproche de ponctionner les nappes phréatiques, notamment dans les périodes de sécheresse, qui déclenchent la colère des écologistes, à Volvic par exemple.

Les ventes n'évoluent pas dans le bon sens

Nestlé, concurrent de Danone, vient ainsi de vendre ses eaux américaines – c’était un business à la rentabilité faible, et Nestlé se concentre sur ses marques internationales comme Perrier et San Pellegrino. Mais la vente n’est pas la seule solution. Chez Danone, des efforts considérables ont été faits pour la préservation de la source d’Evian et son renouvellement. Et l’on travaille aujourd’hui à de nouveaux conditionnements, qui permettraient de vendre l’eau minérale en vrac, de façon à limiter les déchets. Ou à intégrer une part croissante de plastique recyclé. 
 
Mais les ventes n'évoluent pas dans le bon sens. Pour les bouteilles vendues en café-restaurant, inutile de dire que 2020 a été un massacre, à cause de l’épidémie. Les ventes dans la distribution étaient, elles, en chute de plus de 3% l’année dernière, selon le magazine LSA, et jusqu’à – 18% pour les eaux aromatisées. A l’inverse, les gourdes, bien sûr réutilisables, connaissent un vrai boom.

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