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La France, championne mondiale de la dépense sociale

ÉDITO - Selon une étude publiée par l'OCDE lundi 30 novembre, l'Hexagone a consacré un tiers de sa richesse nationale à la dépense sociale.

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La France, championne mondiale de la dépense sociale Crédit Image : ERIC PIERMONT / AFP | Crédit Média : RTL | Durée : | Date :
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François Lenglet édité par Florine Boukhelifa

L’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) a décerné un nouveau titre mondial à la France lundi 30 novembre. En effet, selon une étude faite et publiée par cet organisme international : la France est la championne mondiale de la dépense sociale.

Un tiers de la richesse nationale y était consacrée l'année dernière, précisément 32% du PIB. La pandémie et les systèmes d’aide massive vont faire progresser ce chiffre en 2020. Viennent ensuite dans le classement les pays d’Europe du Nord, Finlande, Danemark, Belgique. L’Allemagne est beaucoup plus bas, à 25,4%. Le Royaume-Uni se trouve à la moyenne des pays de l’OCDE, à 20,5%.
 
Ce chiffre indique que la France est l'État-providence le plus important du monde. Dans le détail, une bonne partie de ces dépenses provient des retraites, 13,6% du PIB. Il s'agit du chiffre le plus élevé de l’OCDE après toutefois celui de l’Italie, qui est à 15,5%. L’Italie est un pays où la proportion des séniors dans la population est très élevée.

L’autre gros morceau, ce sont les services de santé. La France détient aussi le record, à 8,5% du PIB, quasiment à égalité avec les États-Unis. Une différence entre les deux pays : dans l'Hexagone, la sécurité sociale est gérée par l’État. Aux États-Unis, il s’agit pour beaucoup de dépenses privées.

Baisser les dépenses par la réforme des retraites

Ce record français est une bonne chose si le rapport qualité-prix de la dépense est bon. La France est le pays qui dépense le plus dans les services de santé. Pourtant, les soignants peinent autant qu’ailleurs, voire plus, faute de moyens. Il y a donc quand même un problème, des fuites, une sur-administration peut-être.

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Par ailleurs, l’autre face de la médaille d’or, ce sont les impôts et prélèvements qui servent à financer l’État-providence. La France détient aussi le record du taux de prélèvements obligatoires. Cela peut être un choix de société, mais se paye quand même par une économie moins dynamique.

L’importance des dépenses sociales, c’est-à-dire en grande partie de la redistribution, sous forme d’allocations et de pensions, se paye aussi par un appauvrissement des services publics. La redistribution aux ménages dévore les moyens d’action de la puissance publique, l'éducation nationale, la police, la justice.
 
De son côté, la réforme des retraites présente l'objectif de faire baisser les dépenses sociales françaises, selon le ministre qui parle. Deux d'entre eux se sont exprimés avec des propos parfaitement contradictoires. Pour Bruno Le Maire, ministre de l’économie, il s’agit de travailler plus longtemps : augmenter la quantité de travail, c'est-à-dire la création de richesse, pour faire baisser le poids des retraites dans le PIB et diminuer un peu le nombre de retraités.

Mais pour la ministre du Travail, Élisabeth Borne, c’est d’abord une réforme de justice sociale, avec la création du régime universel. Pour résumer, la réforme des retraites, qui souffrait déjà de ne pas avoir été comprise par les Français, en 2019, lors de la première tentative, n'est pas près de s'éclaircir.

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