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Jusqu'à 90% de pertes : y aura-t-il assez de sapins du Morvan pour Noël ? Les producteurs redoutent les effets durables de la sécheresse

Dans l'un des principaux bassins français de production de sapins de Noël, la sécheresse a provoqué des dégâts considérables sur les jeunes plantations. Les professionnels assurent qu'il y aura des arbres à vendre cet hiver, mais s'inquiètent pour la suite.

Une plantation de sapins de Noël à Brassy, ​​dans le Morvan. (Illustration)

Crédit : PHILIPPE DESMAZES / AFP

Jérémy Descours

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Aurons-nous des sapins pour Noël ? Après cinq vagues de chaleur au cours de l'été 2026, la question se pose forcément. Dans le Morvan (Bourgogne), l'un des principaux bassins de production français, la sécheresse a durement touché les jeunes plantations.

Les pertes sur les plants mis en terre cette année atteignent "80 à 90%" dans certaines exploitations, selon Jean-Christophe Bonoron, président de l'Association française du sapin de Noël naturel, basé à Brassy. "C'est le plant complet qui est mort", explique-t-il à RTL.fr. Les arbres plantés en 2025 et 2026, encore trop fragiles, n'ont "pas résisté aux fortes chaleurs".

Bonne nouvelle malgré tout, cela ne signifie pas qu'il manquera des sapins dans les rayons en décembre. Les arbres vendus pour Noël ont plusieurs années de culture derrière eux. Pour les formats les plus courants, entre un et deux mètres par exemple, il faut compter cinq à six ans après la plantation. Et concernant les très grands spécimens, eux, peuvent demander plus de vingt ans de culture.

Les finances des exploitations menacées

Le Morvan reste un poids lourd de la filière, avec environ un million de sapins commercialisés chaque année, sur un marché français de 4,9 millions d'arbres. Certains finissent dans des lieux prestigieux. Pour les plus grands formats, "ça peut être des hôtels, des inaugurations d'événements (...) vous avez le sapin de l'Élysée aussi. Celui-là, il fait douze mètres exactement".

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Le vrai impact de la sécheresse se joue donc surtout sur l'avenir de la production et sur les finances des exploitations. Les jeunes plants perdus représentent des "achats, de la fertilisation, de la main-d'œuvre et du temps de travail" déjà engagés. "Tout ça, c'est de l'argent dépensé qui n'aura pas abouti", explique Jean-Christophe Bonoron à RTL.fr. Et il faudra replanter. "Dans le pire des cas, vous avez trois années à récupérer".

Et d'ajouter : "Le plus compliqué, c'est pour les gens qui se sont installés il y a deux ans, trois ans. Eux comptaient sur leurs sapins.... Ils ont fait des programmes d'installation avec des investissements, des emprunts, ils ont planté. Pour eux, c'est vraiment compliqué". 

"Un effort solidaire"

Cette légère hausse n'est d'ailleurs pas uniquement liée à la sécheresse et aux canicules. Le président de l'association évoque aussi l'inflation, la hausse du carburant, des engrais, de la main-d'œuvre, ainsi que le coût de l'IGP (indication géographique protégée), mise en place pour garantir la traçabilité et valoriser l'origine des sapins du Morvan. 

"Aujourd'hui, on remplit les cuves de fioul pour travailler. On n'a pas le choix ou alors on arrête de travailler. On ne va pas rendre de l'argent en travaillant 10 heures par jour", insiste-t-il. 

Un dossier de calamité agricole a également été déposé par l'Association française du sapin de Noël naturel afin d'obtenir des indemnités de la part de l'État. La filière espère désormais "un effort solidaire" des consommateurs pour aider les producteurs à passer ce cap.

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