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La France va devoir importer du maïs OGM : pourquoi 2026 est une année noire pour la filière française

La production de maïs en France chute de 50% en 2026, sous l'effet de la sécheresse et de la baisse des surfaces cultivées. Le pays, habituellement premier producteur européen et exportateur, va devoir importer un million de tonnes, tandis que les prix grimpent déjà et que la colère agricole menace de repartir.

Un champ de maïs. (Illustration)

Crédit : JEAN-PIERRE MULLER / AFP

2026 : maïs Horribilis

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2026 : maïs Horribilis

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Martial You

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La filière maïs traverse une année noire en France. En 2026, la production chute de 50%, plombée par la sécheresse et par la baisse des surfaces cultivées. Le recul est historique : il faut remonter à 1976 pour retrouver une aussi mauvaise campagne. Cette année, la récolte devrait atteindre 7 millions de tonnes, contre 14 millions habituellement.

Le contraste est d'autant plus fort que le maïs est implanté de longue date dans l'agriculture française. Découvert par Christophe Colomb en Amérique en 1492, il est cultivé dans le sud-ouest de la France dès 1523. Depuis, une telle dégradation de la production n'avait quasiment jamais été observée, hors l'épisode de 1976.

Des importations inédites pour la France

La conséquence est immédiate : la France va devoir importer du maïs. La situation est inédite pour un pays qui est, en temps normal, le premier producteur d'Europe et un exportateur net. Cette fois, un million de tonnes devraient être achetées au Brésil et aux Etats-Unis.

Ces importations incluront du maïs OGM, ce qui constitue un revers symbolique pour la souveraineté alimentaire française. Pour une filière habituée à approvisionner les marchés, le basculement est brutal.

Des prix déjà en hausse

La tension se voit aussi sur les cours. La tonne de maïs vaut désormais 250 euros, soit 50 euros de plus qu'auparavant. Cela représente une hausse de 25%. Cette augmentation commence déjà à se répercuter sur l'ensemble de la chaîne agroalimentaire.

Les éleveurs de volailles, dont les trésoreries sont souvent déjà fragiles, figurent parmi les premiers exposés. A terme, cette hausse du coût de l'alimentation animale pourrait se retrouver dans les prix en rayon dans les prochains mois.

Une colère agricole qui peut repartir

Dans ce contexte, la colère du monde agricole est déjà présente. Les producteurs sont sous pression au moment même où s'ouvrent les discussions sur le budget de la Politique agricole commune. Il est question d'une baisse de 13% des aides aux agriculteurs français.

Après une telle année, les céréaliers réclament au contraire un soutien financier. Le risque est donc de voir ressurgir des blocages si les arbitrages budgétaires sont jugés insuffisants.

Le débat sur l'eau relancé

Face à la sécheresse, les marges de manoeuvre restent limitées, mais plusieurs pistes sont avancées. La première consiste à déplacer davantage la production de maïs vers des zones comme le bassin parisien. La seconde repose sur le stockage de l'eau, ce qui relance directement le débat sur les bassines.

L'inquiétude est renforcée par un autre constat : selon les modèles météo utilisés par les producteurs, les conditions vécues l'été dernier n'auraient pas dû survenir avant 2100. Autrement dit, l'agriculture française ferait face à un scénario climatique avec 75 ans d'avance.

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