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Canicule, sécheresse : pourquoi l’été 2026 pourrait faire basculer la France au bord de la récession

La canicule et la sécheresse vont coûter 0,1 point de croissance à l’économie française en 2026, selon Bercy, principalement à cause de la baisse de la production agricole. Après un premier trimestre à -0,2 % et un deuxième à 0 %, la question d’une récession se pose.

Le ministère de l'Économie et des Finances de Bercy à Paris le 6 septembre 2025.

Crédit : Mathilde Kaczkowski / Hans Lucas / Hans Lucas via AFP

Martial You

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Bercy a chiffré le coût économique de la canicule. Les vagues de chaleur et la sécheresse en France cette année coûteront 0,1 point de croissance à l'économie française en 2026, en raison de la baisse de la production agricole. Un impact qui devrait affecter la prévision de croissance de 0,7% du gouvernement sur l'année.

Or la dynamique est déjà très affaiblie. Au premier trimestre, la croissance a reculé de 0,2%. Au deuxième trimestre, elle est restée à 0%. Et la canicule n’avait alors commencé à produire ses effets qu’au mois de juin. La question est donc simple : la France peut-elle basculer en récession ?

La question se pose très concrètement. La règle pour déclarer un pays en récession est connue : il faut deux trimestres de suite dans le rouge. À ce stade, tout va se jouer sur un fil. Le pays n’y est pas encore, mais il avance avec une marge extrêmement réduite.

Le chiffre avancé par Bercy, 0,1 point de croissance perdu, peut paraître limité. Il est pourtant présenté comme crédible. Il reste même trois fois inférieur à l’impact observé en 2003, lors du précédent été de grande canicule. Cela permet au gouvernement d’éviter, au moins pour l’instant, d’aborder son prochain budget avec une économie officiellement en récession. En revanche, une chose est sûre : la France ne sera pas au niveau des 0,5% de croissance annoncés par la Banque de France.

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Une partie des pertes peut encore être compensée d'ici à la fin de l’année. Les retards accumulés sur les chantiers du bâtiment ou sur certaines chaînes de production peuvent, au moins en partie, être absorbés dans les prochains mois. Mais tout ne se rattrape pas. Les dépenses de consommation annulées pendant les pics de chaleur ne reviendront pas automatiquement, comme les apéros en terrasse. Surtout, la baisse de la production agricole est, elle, bien réelle et durable. Le maïs a chuté de 35% cet été.

Des conséquences pour les ménages

La première conséquence concrète pour les ménages, c’est l’inflation. Et donc une nouvelle pression sur le pouvoir d’achat. Le risque est d’autant plus important que la consommation reste l’un des principaux moteurs de la croissance française. Les légumes frais ont déjà augmenté de 14%. La canicule ne s’arrête donc pas avec la fin de l’été : elle s'invite aussi dans les courses des Français, avec des effets qui pourraient se prolonger pendant l’hiver.


À cela s'ajoutent des conséquences plus difficiles à chiffrer, mais potentiellement lourdes. Il y a d'abord le coût des incendies, qui finira par se retrouver dans les primes d’assurance. Il y a aussi les travaux à engager dans les maisons fissurées par la sécheresse.

Autre facteur de fragilité : la remontée des taux d’intérêt. Et la situation pourrait encore se tendre si la France tombait en récession. Des taux plus élevés pénalisent les crédits immobiliers, mais aussi les investissements des entreprises. Or, ce sont précisément ces investissements qui conditionnent les emplois et la croissance de demain.

En résumé, la France est comme un avion dont les deux moteurs viennent de s'arrêter. Il n'y a pas encore de crash. Mais la trajectoire s'est brutalement dégradée, et le pays avance désormais comme un planeur baladé par le vent.

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