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Face à la sécheresse, la France peut-elle encore éviter une tarification saisonnière du prix de l'eau ?

Les canicules à répétition et la sécheresse poussent déjà certains pays à revoir le prix de l’eau. En France, où des tarifs saisonniers ou progressifs existent déjà localement, la question d’une facturation plus variable pourrait s’imposer face aux pénuries.

De l'eau du robinet. (illustration)

Crédit : ANNE-CHRISTINE POUJOULAT / AFP

Après cet été fou, échapperons-nous à une hausse du prix de l'eau ?

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Après cet été fou, échapperons-nous à une hausse du prix de l'eau ?

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François Lenglet - édité par Alexian Giron

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Les canicules à répétition ont mis l'Europe à sec. Une sécheresse qui aura également des conséquences économiques. Certains pays réfléchissent déjà à augmenter les prix de l'eau. La France pourra-t-elle échapper à cela ? Et si le prix d'un mètre cube variait tout autant que celui d'un billet de train ou d'avion, en fonction de la demande ou de la saison.

Les Britanniques l'envisagent. Ils ont eu un été marqué par une forte sécheresse sur tout le territoire. Cette idée risque de traverser la Manche pour faire face aux inévitables pénuries d'eau potable qui se profilent en Europe. Le régulateur anglais propose d'expérimenter deux systèmes : soit l'augmentation progressive du tarif en fonction de la consommation, soit le tarif saisonnier, plus cher de juin à octobre, comme les heures pleines et creuses d'EDF.

En France, le prix de l'eau varie déjà selon la localisation. De deux euros à huit euros le mètre cube, en fonction des difficultés pour la recueillir, l'acheminer, l'assainir... Est-ce scandaleux de faire payer plus cher celui qui remplit sa piscine ou celui qui met en route son arrosage automatique pour avoir un gazon vert criard ? Pas sûr. D'ailleurs, certaines villes françaises ont adopté des tarifications de ce type. 

Des tarifications spécifiques déjà mises en place dans certaines villes françaises

À Toulouse, depuis le mois de juin 2024, le tarif est plus élevé de juin à octobre. Dans le Jura, ces prix augmentent de 40% pendant la saison estivale et diminuent de 30% en hiver. Une option préconisée par le Conseil environnemental et Social (CESE), pour toutes les zones touristiques et littorales qui font face à un afflux de touristes pendant l'été. 

La ville de Lyon a choisi un autre système. Les 12 premiers mètres cubes sont gratuits pour un foyer. Le tarif est doublé au-delà de 180 mètres cubes. L'objectif est de diminuer les prélèvements, en responsabilisant le consommateur avec comme argument : le porte-monnaie. Ces systèmes vont probablement se généraliser, même si cela ne constitue qu'une partie de la solution. 

Si cela ne suffit pas, il faudra être rigoureux avec les autres utilisateurs tels que les industriels ou encore les agriculteurs. Ils sont les plus gros consommateurs nets. Il va falloir également investir pour réduire les fuites du réseau. Actuellement, sur cinq litres distribués, un litre se perd dans la nature.

Il y a également la récupération de l'eau de pluie et le recyclage de l'eau usée. Avec 1% de réutilisation d'eau usée, la France est l'un des pays européens les plus en retard. L'Espagne est à plus de 10%. 

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