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Jeunesse : la "génération sacrifiée" en 3 chiffres

INFOGRAPHIES - Ils défilaient sous la banderole "Génération sacrifiée" le 9 mars dernier contre la loi El Khomri mais les jeunes d'aujourd'hui sont-ils vraiment condamnés à la précarité ?

La jeunesse étudiante et lycéenne a défilé en nombre le 9 mars 2016, ici à Nantes
La jeunesse étudiante et lycéenne a défilé en nombre le 9 mars 2016, ici à Nantes
Crédit : LOIC VENANCE / AFP
Cécile De Sèze
Cécile De Sèze

Ils font partie des nombreux détracteurs du projet de réforme du code du Travail. La loi dite "El Khomri" n'a pas encore été présentée en Conseil des ministres qu'elle remue déjà syndicats salariés et étudiants. Le 9 mars dernier, une mobilisation générale a vu entre 224.000 et 500.000 manifestants défiler dans les rues de nombreuses villes en France. 

Une mobilisation impressionnante qui a déjà porté ses fruits. François Hollande et Manuel Valls se sont personnellement penchés sur le problème ce week-end pour remodeler le projet de loi sur le Code du travail. Les Échos parlent d'une "réforme profondément réécrite" lundi 14 mars dans l'après-midi, avec de nombreux changements apportés avant d'être présentée aux partenaires sociaux. La mobilisation que la première version a engendrée a remis une expression au centre du débat, sous laquelle certains jeunes ont défilé mercredi dernier et qui évoque une "génération sacrifiée". Mais cette génération, à laquelle RTL a consacré une journée spéciale lundi, est-elle réellement condamnée à la précarité ?

1 - Un jeune sur quatre au chômage

Les difficultés en terme d'emploi pour la génération qui entre sur le marché du travail sont particulièrement prononcées. Le taux de chômage chez les jeunes a baissé en janvier, selon les derniers chiffres publiés par l'INSEE. Mais il est toujours élevé. La situation est préoccupante avec, environ, 24,3% de chômeurs chez les 15-24 ans au troisième trimestre 2015, soit un peu plus d'un jeune sur quatre au chômage. 

Un chiffre qu'il faut relativiser car, parmi ces jeunes, tous ne sont pas en recherche d'emploi. Entre 15 et 24 ans, beaucoup sont encore scolarisés. Comme le fait remarquer le site Ça m'intéresse dès 2012, ce chiffre concerne donc uniquement "ceux qui veulent travailler ou qui occupent un travail". En 2012, alors que le taux de chômage était de 24,2%, la part des jeunes au chômage était de 9,1%, soit un jeune sur onze. 

2 - Un taux de pauvreté de 22,5% chez les 18-24 ans

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Le taux de pauvreté a lui aussi augmenté. En 2012, l'Institut national de la jeunesse et de l’éducation populaire (Injep) publie un rapport alarmant sur la situation des jeunes. Le taux de pauvreté des 18-24 ans s'élève à 22,5%, soit 5 points de plus qu'en 2004, et 8 points de plus en quarante ans, selon Jean-Paul Chapel, journaliste spécialisé en économie à France 2. Selon le site Observation société, entre 2002 et 2012, le nombre de pauvres de moins de 30 ans a connu une hausse de plus de 50% passant de 1,7 à 2,7 millions. 

Même s'ils sont les plus touchés, les jeunes ne sont toutefois pas les seuls à souffrir de la situation. Comme le souligne L'Observatoire des inégalités, la pauvreté a aussi augmenté chez les seniors. En dix ans, le nombre de pauvres de plus de 60 ans a augmenté de 433.000 à 583.000, le taux de pauvreté est lui passé de 3,7% à 4,2% entre 2000 et 2010.

3 - Un premier CDI à 28 ans

"Dans les années 1980, 77% des jeunes étaient en CDI, contre 45% en 2013. Pour le reste de la population, ces chiffres sont restés stables", note le journaliste sur France 2. Le contrat à durée indéterminée est devenu, pour la nouvelle génération de travailleurs, une denrée rare. Et si le nombre de jeunes en CDI a baissé, celui de l'âge moyen auquel ils atteignent la précieuse signature recule aussi. Alors qu'en 1992, l'âge moyen d'obtention d'un CDI était de 22 ans, il est passé à 28 ans aujourd'hui, remarque La Croix.

Mais pour le sociologue et directeur de recherche au CNRS, Olivier Galland, cité sur le site du quotidien, le véritable clivage n'est pas générationnel, comme le suggère l'expression de "génération sacrifiée" mais il est davantage intergénérationnel "avec un creusement des inégalités entre jeunes". 

Pour l'INSEE non plus, on ne peut parler de "génération sacrifiée". Si les difficultés existent, "les jeunes semblent avoir été capables de surmonter les effets d'une entrée au mauvais moment sur le marché du travail. Et le temps nécessaire au rattrapage apparaît plus court en France que dans beaucoup d'autres pays", répond l'Institut national de la statistique et des études économiques dans son enquête. D'autant que si les difficultés concernant l'emploi des jeunes ont été particulièrement rudes pour ceux qui sont entrés sur le marché du travail pendant la crise économique (2007-2011), des différences s'estompent au-delà de cette période, remarque l'INSEE.

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