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"Il n'y en aura pas pour tout le monde" : pourquoi les constructeurs automobiles trainent les pieds sur le leasing social

Le leasing social 2026, destiné à faciliter l'achat d'une voiture électrique à loyer modéré, rencontre un succès immédiat avec déjà 34.000 dossiers acceptés. Dans son analyse, Christophe Jakubyszyn montre pourquoi cette aide séduit une large partie des Français, mais aussi comment les constructeurs automobiles freinent son déploiement, entre pénuries, batteries non éligibles et arbitrages commerciaux.

Une voiture électrique rechargée à une borne.

Crédit : CHARLY TRIBALLEAU / AFP

Les constructeurs auto trainent les pieds sur le leasing social

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Les constructeurs auto trainent les pieds sur le leasing social

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Christophe Jakubyszyn

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Le leasing social 2026 est officiellement ouvert depuis cet été. Il y a déjà eu 34 000 dossiers acceptés. Le dispositif permet à environ la moitié des Français d'acquérir une voiture électrique en cumulant de nombreuses aides françaises, européennes et un emprunt à taux réduit. Cela permet par exemple d'acquérir une Citroën C3 pour 94 euros par mois, une Renault R5 pour 139 euros ou encore une Peugeot 2008 pour 179 euros.

Pour en bénéficier, il faut remplir plusieurs critères : habiter à plus de 10 kilomètres de son lieu de travail, rouler plus de 8.000 kilomètres par an et avoir un revenu imposable inférieur à 17.000 euros par part. Avec la flambée du prix des carburants, le dispositif devient particulièrement attractif, ce qui explique l'afflux de Français dans les concessions.

Des constructeurs qui freinent

Mais il n'y en aura pas pour tout le monde. Les constructeurs traînent les pieds. Chez Renault, certains modèles sont déjà en rupture de stock, car les concessionnaires préfèrent vendre des voitures dans des conditions normales, sans avoir à gérer la paperasse nécessaire au montage des dossiers de leasing social.

Il faut dire que la demande pour les voitures électriques est désormais très forte. Le mois dernier, 53% des Renault vendues étaient des voitures électriques. À tel point que l'usine de Douai a dû passer au "3.8". Mais pour obtenir toutes les aides, encore faut-il disposer d'une batterie made in Europe. Or il n'y en a pas assez. Renault installe donc aussi des batteries made in China, qui ne sont pas éligibles au leasing social.

Batteries, gamme et stratégie commerciale

Chez Stellantis, le problème relève davantage d'un choix de gamme. Le constructeur a bien vendu 24.000 voitures dans le cadre du leasing social, mais surtout des Citroën C3 ou des Opel Frontera. Il est plus difficile de trouver des Peugeot, notamment la 208, que le groupe préfère réserver à une clientèle jugée plus "premium".

À écouter aussi

Le gouvernement ne cache donc pas son agacement face à des constructeurs automobiles qui traînent les pieds et rechignent à s'engager pour 2027. Alors que, si l'on en croit le chef de l'État, le prix de l'essence risque de rester élevé encore un long moment, il n'est pas simple pour un gouvernement qui ne sera plus au volant dans quelques mois d'appuyer davantage sur l'accélérateur.

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