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"La rigueur, c'est maintenant" : le projet de Lecornu est-il à la hauteur de la situation du pays ?

Après l'annonce budgétaire du Premier ministre promettant 54 milliards d'euros d'économies, Christophe Jakubyszyn décortique la faisabilité des promesses du gouvernement.

L'Assemblée nationale lors du vote du budget de la Sécu le 9 décembre 2025

Crédit : AFP

Budget 2027 : Sébastien Lecornu lève le voile, ce qui attend les Français

00:02:50

Budget 2027 : Sébastien Lecornu lève le voile, ce qui attend les Français

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Christophe Jakubyszyn - édité par La rédaction numérique de RTL

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Christophe Jakubyszyn, directeur de la rédaction des Échos, a décortiqué les premières annonces budgétaires faites par le Premier ministre Sébastien Lecornu dans le Figaro hier soir.

Sur le papier, 54 milliards d'économies, c'est beaucoup. Le Premier ministre parle d'un coup de rabot sur l'abattement de 10% dont profitent les retraités pour le calcul de l'impôt sur le revenu, ou encore d'un gel des pensions, en tout cas pour les plus élevées. Il évoque aussi d'ailleurs le gel du point d'indices des fonctionnaires.

Si ce sont des mauvaises nouvelles pour de nombreux Français, elles ne sont pas à la hauteur de la situation de notre pays. D'ailleurs, on ne voit pas vraiment comment Sébastien Lecornu va trouver les 54 milliards d'euros dont il parle. Ce n'est pas la réduction des indemnités des ministres ou le coup de rabot sur le CPF, le compte professionnel de formation, qui vont véritablement changer la donne.

La France dans une impasse

Pourtant, le pays va mal, très mal même. Et pour connaître la santé d'un pays, il y a un thermomètre, ce sont les taux d'intérêt. C'est le taux auquel les créanciers sont prêts à financer la cigale que nous sommes, qui s'est envolé à 4,5%. Cela concerne les emprunts d'État, mais évidemment tout le reste en découle, comme les taux de l'immobilier ou les investissements des entreprises.

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Tout cela donne l'impression qu'on est en train de reculer pour mieux sauter après la présidentielle dans une rigueur inévitable. Sébastien Lecornu n'a pas de marge de manœuvre politique, il n'a pas de majorité et demeure à la merci d'une censure comme François Bayrou. Il doit donc donner des gages.

L'an dernier, il l'avait fait avec les socialistes en suspendant la réforme des retraites. Cette fois-ci il le fait avec le Rassemblement national à travers plusieurs mesures annoncées, comme l'instauration d'un délai de carence pour les prestations sociales versées aux immigrés, la volonté de faire baisser la contribution de la France au budget de l'Europe ou encore de raboter la rente des fournisseurs d'énergie renouvelable dans l'éolien et le solaire, qui sont des exigences de Marine Le Pen. 

Et après la présidentielle ?

À voir si ces gestes suffiront à éviter la censure. Ce qui est sûr, c'est que le réveil après la présidentielle sera douloureux. Il y aura beaucoup d'efforts à faire et de réformes à engager, quel que soit le ou la futur.e président.e. 

En 2012, le slogan de François Hollande était "Le changement, c'est maintenant". En 2027, tous les candidats devraient nous promettre "La rigueur, c'est maintenant". Évidemment, ça ne donnerait pas envie aux Français de voter pour eux, ils préfèreront sans doute raconter des histoires tout au long de la campagne présidentielle.

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