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Énergie : pourquoi le nucléaire, source d'électricité principale, est menacé

ÉDITO - Le nucléaire et l'énergie française sont au cœur des débats au sein des pays européens. Malgré les efforts de Paris, le nucléaire semble sérieusement menacé.

Centrale nucléaire à Fessenheim, France.
Centrale nucléaire à Fessenheim, France.
Crédit : SEBASTIEN BOZON / AFP
Énergie : le nucléaire menacé en France
03:54
Énergie : le nucléaire menacé en France
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François Lenglet - édité par Charlotte Diry

La source d’électricité française principale, le nucléaire, est sérieusement menacée. Cette source d’énergie produit les deux tiers de notre électricité et elle est intégralement décarbonée. C’est-à-dire qu’elle n’émet pas de CO2 responsable du réchauffement climatique, contrairement aux hydrocarbures, gaz compris. 

Cette technologie est désormais proscrite par la Commission Européenne, qui l’a exclue du bénéfice du plan de relance qu’elle va financer par emprunt, comme nous l'apprenait Le Figaro. Plus grave encore, cet été, Bruxelles a établi une liste des investissements désormais recommandables sur le plan environnemental. Et le nucléaire n’y figure pas, malgré les efforts de Paris.

Ce qui défrise Bruxelles, ce sont les risques de type Fukushima. Mais aussi la gestion des déchets nucléaires, dont certains restent dangereux des dizaines de milliers d’années. C’est plus qu’un vrai sujet, mais il faut arbitrer entre un risque de court terme, avéré, le réchauffement, et un autre de long terme, hypothétique. 

Choisir le climat, n’est-ce pas préserver le nucléaire, au moins pour une période de transition ? Mais Bruxelles ne l’entend pas de cette oreille. Et les allemands ont appuyé, eux, qui ont pris la décision de sortir du nucléaire.

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Le problème, c’est qu’il va falloir les remplacer. Donc financer des dizaines de milliards d’investissements dans les années qui viennent. Or, si l’atome est stigmatisé ainsi, les banques, françaises et étrangères, ne pourront pas prêter pour ces chantiers. 

Elles-mêmes sont donc sous la pression de leurs actionnaires, qui leur interdisent désormais de financer des projets jugés hostiles à l’environnement. C’est ce qui s’est passé, à juste titre, sur le charbon. Cela veut dire que le nucléaire serait de facto exclu des financements bancaires. Ce qui le condamne à moyen terme.

Comment le gouvernement peut-il réagir ?

Tout récemment un haut dirigeant politique français s'est exprimé devant des responsables européens, allemands notamment, dans des termes très vifs. 

"Le nucléaire n’est pas négociable", disait-il. Il s’agit de l’identité française, avec 400.000 emplois. Un secteur qui est de plus lié à la dissuasion nucléaire française, évidement stratégique. Le problème, c’est que les difficultés pourraient s’envenimer dans les semaines qui viennent, si une nouvelle coalition arrive au pouvoir à Berlin, ou figureraient le pari des Verts, bien placé dans les sondages, et très hostiles aux centrales. L’élection aura lieu le 26 septembre prochain. Dans ce cas-là, l’affaire tournerait à un sérieux conflit franco-allemand.

Que faire de ces investissements ?

EDF piétine d’impatience depuis longtemps. Il y a en fait deux raisons au retard. Un, le réacteur de Flamanville, de nouvelle génération EPR, n’est toujours pas en service, après des années de retard, qu’EDF attribue au renforcement des normes de sécurité. Cela a donné à l’exécutif une raison commode pour différer la décision sur le renouvellement. 

Alors qu’une autre considération, politique, joue aussi. On est en campagne présidentielle, et l’exécutif ne veut pas prendre le risque de fâcher les électeurs de sensibilité écologiste. Le temps presse pourtant. 

Ce jeudi 9 septembre, à 4 heures,  la France, grâce aux centrales, est à 41 grammes de carbone par kwh d’électricité. L’Allemagne, au même moment, à 448 grammes, elle pollue onze fois plus. Et la Pologne elle affichait 700 grammes, 17 fois plus que la France, l’une et l’autre à cause du charbon.

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