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Elle devait décourager les achats sur les plateformes chinoises : la taxe sur les petits colis affiche déjà ses limites

Le 1er mars 2026, une nouvelle taxe de deux euros par article est entrée en vigueur sur les petits colis importés hors Union européenne. Face à cette mesure, les géants du e-commerce adaptent déjà leur logistique.

La taxe vise à freiner le déferlement de petits colis liés aux plateformes étrangères.

Crédit : Romain Doucelin / Hans Lucas / Hans Lucas via AFP

La taxe petits colis est un coup d'épée dans l'eau (comme prévu)

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La taxe petits colis est un coup d'épée dans l'eau (comme prévu)

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Olivier Dauvers - édité par Alexian Giron

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Depuis le 1er mars 2026, une taxe de deux euros par article s'applique aux colis importés depuis un pays hors de l'Union européenne. Une taxe qui devait décourager les achats trop nombreux notamment sur les plateformes chinoises. 

Ces petits colis sont préparés dans des entrepôts en Chine, embarqués dans des avions cargo en direction de l'Europe. Les deux euros s'appliquent, non pas par colis, mais par catégorie de produits à l'intérieur de celui-ci. Cela signifie que deux produits dans un même carton représentent quatre euros de taxe. 

Le problème étant que cette taxe sur les petits colis n'est qu'une simple gesticulation politique, parce que les avions cargo chinois vont désormais se poser ailleurs qu'à l'aéroport de Paris-Charles de Gaulle. Le Groupe ADP (Aéroports de Paris), qui gère notamment Roissy, a reconnu avoir déjà perdu un tiers de son trafic total de fret depuis quelques jours. Selon plusieurs employés de la zone cargo, contactés par RTL, il n'y a quasiment plus d'avions chinois qui se posent à Roissy. 

Des employés de l'aéroport de Roissy ont perdu leur travail

Désormais, ils préfèrent atterrir aux Pays-Bas ou en Belgique et arrivent en France par camion. Il y a donc moins d'avions chinois dans le ciel français, mais plus de camions qui franchissent la frontière. Au passage, des employés de l'aéroport de Roissy ont perdu leur travail. 

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À partir du 1er juillet 2026, cette taxe doit s'étendre à toute l'Union européenne. Mais sur le fond, ça ne changera pas grand chose. En réalité, les plateformes chinoises sont en train d'installer des entrepôts en EuropeShein, par exemple, vient d'ouvrir un entrepôt de 740.000 m² en Pologne, équivalent à 100 terrains de football. 

L'objectif étant d'approvisionner ces lieux avec des containers qui prendront le bateau depuis la Chine et non plus via des petits colis par avion. Cela permet de préparer les commandes pour les consommateurs européens en Europe et donc de s'émanciper de la taxe. Ainsi, ces deux euros par article ne servent à rien, si ce n'est à faire croire au peuple que les ministres agissent. 

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