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Des douaniers contrôlent des colis dans un centre de tri, en décembre 2022.
Crédit : Romain Longieras / Hans Lucas / Hans Lucas via AFP
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C'est l'une des nouveautés de ce dimanche 1er mars. À compter de cette date, une nouvelle taxe pourrait chambouler vos achats sur Internet. instaure une taxe de 2 euros par article sur toute commande extra-européenne de moins de 150 euros. Si elle incombe au vendeur comme le rappelle le site service-public.fr, les consommateurs peuvent craindre que cette taxe soit in fine intégrée au prix de vente.
D'autant que la facture risque de vite grimper car cette taxe s'applique sur chaque article, et non sur le colis. Prenons une commande Shein qui contient trois bricoles. Ce ne sont pas deux euros en plus dont il faudra s'acquitter, mais six (puisqu'il y a trois articles dans votre colis). Autant dire que votre commande, initialement d'une petite quinzaine d'euros, n'est plus forcément une affaire.
Cette mesure, qui vise à inciter fortement les consommateurs à réduire leurs achats impulsifs de produits bon marché, va-t-elle avoir l'effet escompté ? Quelques jours avant l'entrée en vigueur du texte, rien n'est moins sûr. Contactés par RTL.fr, les douanes françaises et le groupe ADP (Aéroports de Paris) redoutent que les plateformes de vente trouvent des solutions pour ne pas faire passer leurs clients à la caisse.
Contacté par RTL.fr, le groupe ADP a été en mesure de projeter les effets de cette taxe sur les flux aériens. "On prévoit que l’entrée en vigueur de la taxe petit colis amène le transfert d’environ 50 vols par semaine à Paris-Charles de Gaulle vers les hubs du Benelux (Belgique, Pays-Bas et Luxembourg). Et ce, "de manière irréversible", nous révèle-t-on.
Cela n'aurait rien d'étonnant. Un autre pays européen applique cette même taxe de deux euros depuis le 1er janvier 2026 : l'Italie. Et notre voisin essuie les plâtres. Comme le rapporte le Financial Times, la directrice générale des aéroports italiens indique qu'au moins 30 vols à destination de Milan, avaient été déroutés vers la Belgique, Amsterdam ou la Hongrie.
Du côté des douanes, les conséquences de cette nouvelle donne ne font aucun doute. "Certaines plateformes mettront en place temporairement des solutions de contournement de cette taxe, en déportant notamment leurs flux dans un autre État membre de l'Union européenne", nous explique-t-on.
C'est bien là le problème. En raison de la portée uniquement nationale de cette taxe dans un premier temps, il suffit qu'un avion avec vos commandes se pose dans un autre pays européen pour qu'il devienne lui-même un peu européen… et ainsi supprimer la taxe de deux euros par article.
Car si le projet concerne l'Union européenne à l'origine, la France a décidé de prendre les devants, en appliquant la mesure un peu plus tôt que ses voisins. C'est pour cela que cette taxe est "transitoire", comme le rappelle le site service-public.fr. En effet, elle doit disparaître dès qu'une taxe européenne équivalente prendra le relais.
C'est d'ailleurs ce qui est prévu. En décembre 2025, les ministres de l'Économie de l'UE ont acté le principe d'une taxe de trois euros sur les colis d'une valeur inférieure à 150 euros à partir du 1er juillet 2026, et jusqu’en 2028. Cette mesure, dont le règlement a été publié, a reçu le feu vert du Conseil de l'UE le 11 février 2026. D'ici là, la France va devoir se débrouiller seule. Ce qui inquiète les douanes françaises qui vont devoir, en attendant, composer avec l'incessant flux de colis qui toque à nos portes chaque jour.
La généralisation de la taxe à l'ensemble de l'Union européenne devrait, assez logiquement, poser une colle aux plateformes d'e-commerce, la plupart du temps d'origine chinoise. Mais certains géants de la fast-fashion ont déjà des alternatives : en décembre dernier, Shein a ouvert un entrepôt de 740.000 m² en Pologne. Un hub XXL destiné à sa "marketplace" européenne, donc à des vendeurs tiers, relate Les Echos. À ce titre, ce cheval de Troie en Europe va pouvoir inonder le continent, tout en évitant a priori les taxes liées aux colis.
Pour rappel, quelque 4,6 milliards d’envois d’une valeur inférieure à 150 euros sont entrés sur le marché européen en 2024, soit plus de 145 colis chaque seconde. Sur ce total, 91% provenaient de Chine.
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