2 min de lecture

"Donald Trump lui-même allume la mèche" : François Lenglet explique pourquoi les États-Unis veulent s'attaquer à la répartition des superprofits

Le partage des superprofits des entreprises fait aussi débat aux États-Unis. Le gouvernement Trump milite pour une meilleure répartition de ces richesses, une mobilisation inédite pour l'économie libérale américaine.

Vue aérienne de la Silicon Valley

Crédit : HELENE LABRIET-GROSS / AFP

Le débat monte sur la répartition des super profits

00:03:05

Le débat monte sur la répartition des super profits

00:03:05

François Lenglet - édité par Ennio Aparicio-Szkudlarek

Je m'abonne à la newsletter « Économie »

Au début du mois de juin, les salariés de Décathlon se sont mis en grève pour demander un meilleur partage des profits, après une année où la rentabilité du distributeur s’était améliorée. Une situation similaire chez TotalEnergies : les profits en forte hausse de l'entreprise d'hydrocarbures avaient également nourri une polémique sur la répartition des bénéfices, au profit des consommateurs. 


Ce débat prend une nouvelle vigueur - aux États-Unis comme en Asie - devant les chiffres fous de certaines entreprises. On a rarement vu l’Amérique s’enflammer pour la justice sociale ou salariale. Cette fois-ci, Donald Trump allume lui-même la mèche. 

Il y a trois jours, le président américain a déclaré que les monstres de l’intelligence artificielle - qui se préparent à faire des fortunes considérables - devraient trouver le moyen de "redonner quelque chose au public". Il a d'ailleurs prévu de convoquer les patrons concernés.

De nouveaux impôts pour les géants de la tech américains ?

Dans l’espoir de désamorcer les critiques, l’un de ces géants du secteur, Open AI, a déjà annoncé la création d’un fonds de participation alimenté par les bénéfices de l’entreprise, pour reverser des dividendes aux citoyens, y compris aux non actionnaires.

À lire aussi

La situation est aussi bouillante chez les économistes américains. Des propositions de nouveaux impôts sur le capital, qu’on croirait tout droit venues de France, ont été déposées sur la table des titans de la tech, afin de provoquer le fameux ruissellement de la richesse au-delà de la Silicon Valley.

Côté asiatique, les deux fabricants de mémoire informatique Samsung et son homologue SK Hynix connaissent des années éblouissantes grâce à la demande pour construire les datacenters et à la forte hausse des prix sur ces composants. Samsung a ainsi réalisé près de 30 milliards d’euros de profits au seul 1er trimestre 2026, après plus de 150 milliards d'euros de gains en 2025.

Un difficile partage de la croissance chez Samsung

Seulement 10% des profits de la firme ont pu être redistribués aux salariés, malgré la demande des très puissants syndicats de Samsung. Un accord analogue a même été conclu pour les 10 prochaines années chez SK Hynix. 

Chez Samsung, les ouvriers touchent en moyenne 300.000 euros de prime. L’afflux d’argent dans la région des usines, à Hwaseong (Corée du Sud), a été tel que les ventes des grands magasins ont augmenté de 25%, les prix de l’immobilier ont explosé et les importations de voitures de luxe ont doublé. Les communes de la région - qui touchent un impôt sur le revenu comme toutes les autres villes coréennes - ont profité d’une manne supplémentaire de 50% de leur budget. 

Cet ensemble d'initiatives signifie que dans certains secteurs, le rapport de force et le partage de la croissance se sont tellement déformés en faveur du capital et au détriment du travail, que le capital lui-même est prêt à jeter quelques miettes du festin par-dessus le navire. 

La rédaction vous recommande
À écouter aussi

L’actualité par la rédaction de RTL dans votre boîte mail.

Grâce à votre compte RTL abonnez-vous à la newsletter RTL info pour suivre toute l'actualité au quotidien

S’abonner à la Newsletter RTL Info

Ne laissez pas Google décider de vos sources.

Ajouter RTL comme source préférée