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Donald Trump, en Floride le 1er mai 2026
Crédit : Jim WATSON / AFP
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Un peu plus de 100 jours après le début de l'opération israélo-américaine Epic Fury, Donald Trump a annoncé la signature prochaine d'un protocole d'accord avec l'Iran destiné à mettre fin à la guerre au Moyen-Orient.
"J'autorise pleinement la réouverture du détroit d'Ormuz sans droits de passage et, parallèlement, la levée immédiate du blocus naval américain" et "que le pétrole coule à flots!", a écrit dimanche le président américain sur son réseau Truth Social célébrant ce qu'il considère comme une victoire. Une lecture qui masque une réalité bien plus fragile.
Comme le résume sur RTL, Romuald Sciora, directeur de l'Observatoire politique et géostratégique des États-Unis de l'IRIS, il ne s’agit en réalité que d’un "bout de papier", un "préaccord" destiné à permettre à Trump de sortir d’un conflit dans lequel il s’était lui-même enlisé.
Au début du conflit, Donald Trump promettait "une capitulation sans condition" de l'Iran. Or l'accord annoncé ne consacre ni la chute du régime, ni l'abandon du programme nucléaire ni la neutralisation durable de la puissance iranienne. Pour Romuald Sciora, "les États-Unis ont connu un échec politique, géostratégique et géopolitique en Iran sans pareil".
Le régime iranien est toujours en place. Malgré les frappes américaines et israéliennes, malgré les dégâts infligés à ses infrastructures militaires et industrielles, la République islamique a survécu. Selon le directeur de l'Observatoire politique et géostratégique des États-Unis de l'IRIS, c'est pire qu'un retour à la case départ, l'Iran ressort de cette guerre "réaffirmé sur la scène régionale".
La principale raison de ce retournement tient au détroit d'Ormuz, cette voie stratégique par laquelle transite 20% des hydrocarbures mondiaux. Selon l’agence iranienne Fars, Téhéran a obtenu, dans les dernières heures des négociations, une modification de l’accord prévoyant l’instauration de frais de passage maritimes dans le détroit. "Trump clame victoire parce que le détroit est rouvert, détroit qui était parfaitement ouvert et qui fonctionnait très bien", rappelle Romuald Sciora.
Ce sont désormais les conséquences de la guerre qui sont au coeur des négociations. "On a mis au second plan aujourd’hui les raisons de la guerre, c’est-à-dire le nucléaire, et ce sont les résultantes de la guerre, le détroit d’Ormuz, qui vont être traités en tout premier lieu", résume le spécialiste.
Sur le nucléaire, l'accord qui doit être signé vendredi ne règle presque rien. Les négociations les plus sensibles sont renvoyées à plus tard, dans une période de 60 jours censée permettre de discuter du programme iranien. Un calendrier largement irréaliste selon Romuald Sciora.
"On sait très bien qu’il va falloir bien plus que cela pour traiter du nucléaire". Surtout, il prévient que "le programme nucléaire iranien ne va pas être abandonné". "Ce programme nucléaire a été en très grande partie détruit. Mais il n’est pas annihilé, il existe toujours", insiste Sciora.
Téhéran promet de ne ni acquérir ni développer d’armes nucléaires, une ligne qu’il défend de longue date sur le plan officiel, malgré un enrichissement d’uranium mené ces dernières années à des niveaux proches de ceux nécessaires à la fabrication d’une arme.
L’accord ne traite pas de la puissance militaire iranienne. Selon le Financial Times, "le protocole d'accord ne devrait pas aborder la question de l'arsenal de missiles et de drones de l'Iran, ni celle de son soutien aux groupes mandataires dans la région". Les frappes américaines et israéliennes ont affaibli les capacités militaires iraniennes, sans pour autant les anéantir, comme l’ont montré les récentes attaques menées par Téhéran.
Pourtant ces armes permettent à l’Iran de conserver son influence régionale et d’alimenter les inquiétudes d’Israël comme des pays arabes. En l’état, le texte met fin aux combats, sans s’attaquer aux facteurs de fond qui nourrissent l’instabilité dans la région. C'est la raison pour laquelle Israël considère cet accord comme une victoire de l'Iran.
"Nous avons aujourd'hui un Iran qui ne ressort, certes pas victorieux, mais quand même gagnant de cette partie", estime sur RTL le directeur de l'Observatoire politique et géostratégique des États-Unis de l'IRIS.
Washington était entré dans la guerre avec des objectifs maximalistes, il en sort avec un compromis limité, essentiellement destiné à rouvrir le détroit et à calmer les marchés de l’énergie. Donald Trump peut présenter l’accord comme un succès à sa base politique, notamment aux électeurs MAGA lassés par l’idée d’une nouvelle guerre au Moyen-Orient, mais sur le fond, les objectifs initiaux ne sont pas atteints. Le régime iranien demeure, le nucléaire n’est pas réglé, les capacités régionales de Téhéran subsistent. Cet accord fragile referme provisoirement une crise que Washington n’a pas su gagner.
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