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"C'est dangereux" : François Lenglet explique pourquoi supprimer l'âge légal de départ à la retraite est une fausse bonne idée

Pour tenter de mettre fin aux longs débats autour de la réforme des retraites, plusieurs politiciens sont favorables à une suppression de l'âge légal de départ. Cette liberté accordée aux salariés présente des limites.

Un couple de retraités en plein calcul. (Illustration)

Crédit : iStock

Retraites : la fausse bonne idée du nombre de trimestres de cotisation

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Retraites : la fausse bonne idée du nombre de trimestres de cotisation

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François Lenglet - édité par Ennio Aparicio-Szkudlarek

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Avec la réforme des retraites finalement abandonnée en cours de route l’année dernière, le report de l'âge légal de départ suscite d'interminables crispations. Face à cela, une nouvelle idée est avancée par plusieurs politiciens : la suppression de l'âge légal. 

C’est ce que préconise Gabriel Attal dans un projet de réforme des retraites qu’il mettrait en œuvre s’il accédait à l’Élysée. Le président du Rassemblement national Jordan Bardella suggère également cette option, en insistant davantage sur la durée des cotisations.

L’idée est toute simple : on abandonnerait toute référence à l’âge, en se focalisant sur le nombre d’annuités où l’aspirant à la retraite a cotisé. On calculerait ensuite la retraite en conséquence. En clair, cette solution offre la possibilité de partir tôt à ceux qui ont commencé à travailler tôt. Et à l’inverse, les salariés ayant fait des études à rallonge seraient contraints de travailler plus longtemps pour obtenir une pension équivalente. 

Une option potentiellement dangereuse

Si l'on pousse ce système à l'extrême, chacun aurait la liberté de partir à n’importe quel âge, quitte à avoir une pension faible. C'est dangereux. La Suède a laissé cette liberté à ses salariés dans les années 1990 en compensant la perte de revenus avec leur épargne, car un nombre important d'entre eux étaient partis très tôt. 

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Le problème est que cette épargne finissait par disparaître, et les retraités concernés se sont retrouvés en situation de pauvreté extrême. L’option raisonnable serait de conserver un âge minimal, autour de 60 ou 62 ans par exemple, et de laisser la liberté aux salariés ensuite. Sauf que cela crée une nouvelle inégalité. 


Dans le système à âge fixe actuel, les carrières à trous - qui ont connu des interruptions - profitent d’un filet de sécurité. C'est à cet âge fixe que vous obtenez le taux plein, quelle que soit votre carrière. Celui-ci varie selon les cas, mais ne peut être situé après 67 ans. Dans le système de la durée de cotisations, vous payez directement vos interruptions, sous la forme de décote et de minorations. 

Moins de cotisants à l'avenir

Pour penser une réforme, il faut avoir en tête deux éléments importants. Tout d'abord, il n’y a pas de solution idéale permettant de donner une bonne pension quelle que soit votre carrière. Tout système de retraite doit prévoir des incitations puissantes à travailler, sous la forme de bonifications, mais aussi de pénalités. 

Ensuite, le fait d’abandonner l’âge légal ne nous protègera pas des changements démographiques. Il y a de moins en moins de cotisants actifs pour de plus en plus de pensionnés. Cette situation est amenée à durer et à se détériorer. Tout système sera donc contraint de durcir sensiblement les règles de la répartition dans les prochaines années, à la fois pour les futurs retraités et les actuels. 

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