2 min de lecture

"Difficultés économiques structurelles" : BlaBlaCar veut cesser son service d'autocars, BlaBlaCar Bus

Le marché français des "cars Macron", libéralisé depuis 2015, risque de subir une profonde restructuration, Flixbus pouvant se retrouver sans concurrence en France en cas d'arrêt du service BlaBlaCar Bus.

Un autocar de la société BlablaCar Bus à Rennes, le 6 janvier 2019.

Crédit : Damien MEYER / AFP

AFP

Je m'abonne à la newsletter « Économie »

Route barrée ? BlaBlaCar a annoncé mardi 21 avril vouloir arrêter son service de transports en autocar BlaBlaCar Bus, qui accumule les pertes, ce qui laisserait sans concurrence son rival en France, Flixbus. "BlaBlaCar a annoncé aujourd'hui un projet de cessation de son activité d'opérateur de bus en France exploité sous la marque BlaBlaCar Bus. Ce projet répond aux difficultés économiques structurelles que connait BlaBlaCar sur cette activité", a indiqué la plateforme de covoiturage dans un communiqué.

"Le projet entraînerait la suppression de 40 postes" directement, mais doit mettre fin à "des pertes d'exploitation récurrentes et importantes", a ajouté l'entreprise. Ces lignes sont exploitées par des sous-traitants qui se retrouvent dans l'incertitude.

"BlaBlaCar entend renforcer son rôle de marketplace [plateforme de vente] en France en accompagnant les partenaires autocaristes indépendants qui souhaiteraient opérer ces lignes", a expliqué le groupe. Il a précisé que la vente de billets et les liaisons se poursuivaient.

Cette plateforme de covoiturage, lancée dans les années 2000, s'était diversifiée dans les autocars en rachetant Ouibus à la SNCF en 2019. En août 2025, BlaBlaCar Bus indiquait desservir 350 destinations en France et dans d'autres pays européens, et vantait le "succès grandissant des liaisons", avec 18 millions de passagers en 2024 pour lui et son concurrent, Flixbus.

Un modèle économique précaire basé sur une clientèle jeune et peu fortunée

Mais les prix bas nécessaires pour rendre attractif ce moyen de transport, plébiscité d'abord par une clientèle jeune et peu fortunée, rendent le modèle économique précaire. BlaBlaCar Bus a ainsi deux tiers de clients âgés de moins de 35 ans. Sa ligne la plus fréquentée est Paris-Lille, où la concurrence est forte avec le TGV, plus cher mais beaucoup plus rapide.

L'organisation professionnelle du secteur, l'Organisation des transporteurs routiers européens (OTRE) a fait part dans un communiqué de "sa vive inquiétude". "Cette décision, à la fois soudaine et inattendue, pourrait, si elle se confirmait, entraîner des conséquences majeures, notamment pour environ la soixantaine de transporteurs qui exploitent des lignes pour le compte de BlaBlaCar Bus", a ajouté l'OTRE.

Cette organisation souhaite "une transparence totale sur le calendrier et les modalités de ce projet" et "un accompagnement renforcé des transporteurs partenaires, afin de sécuriser leur activité et l'emploi".

Le marché des liaisons par autocar a été entièrement libéralisé en France en 2015 grâce à la loi pour la croissance, l'activité et l'égalité des chances économiques, avec les "cars Macron", du nom du président de la République, à l'époque ministre de l'Économie.

La rédaction vous recommande

L’actualité par la rédaction de RTL dans votre boîte mail.

Grâce à votre compte RTL abonnez-vous à la newsletter RTL info pour suivre toute l'actualité au quotidien

S’abonner à la Newsletter RTL Info